‹ Des phenomenes de synopsie (audition coloree)Chapitre 11 sur 46 · TABLEAU II · texte numérisé non relu

TABLEAU II

cuCI-EfJR Kl" CL.VRTK DES V^OVKI.LKS d'aPRKS L'EN(^ti;KTE C[.Al\VRÈDK

Ptiotismesdes voy'«»| a e i o a ! ou Total

Totnhies cas ^20^ i86 \W 178 474 m'- 1076

10 COULEUti

Incolore

lilaiic.

(iris . . .

Noir. , .

Actiromatiqucs

Brun .

Uon^uc .laiiiic .

Vcrl . .

Bleu..

Violet.

iC) 1

aO 14

52 soit 4,8 o/o

382 soit 35,5 % 694 » 64,5 ).

86 soit 8,0 »/o 181 >) 16,8 »

30 CL.ARTÉ

m-illaiil

Clair..

Moyeu Foiict'.

50 il

49 soit 4,6 «f

^ Ce talîleau est l'équivalent de celui déjà publié dans les Archives (U'S sciences physiques et naturelles, novembre 1892, p . 507. Seulement, au lieu des nombres absolus, ce dernier donnait le pourcentage (qui ^•urera plus loin dans le tableau III) ; de plus la rubrique wcoZore (clair,

1 libre, lumineux, etc.) était fondue dans le blanc et le gris au lieu <rétre laissée à part comme ici; enfin il n'indiquait pas le nombre des photismes brillants (qui se retrouvent noyés dans la catégorie clair), ni la récapitulation en photismes achromatiques (incolore, blanc, gris et noir réunis) et chromatiques (les autres couleurs).

Olle concordance des photisiniîs de voyelles devient sui lout frappante lorscpi'on laisse de côté la coiiloiir propromei dite pour ne considérer que rinlensité lumiiKMise, on réuni* sanl toutes les teintes en trois degrés de clarté, connue l'oi fait MM. Blenl< I • i Ij'hniann dans ini do lonrs tahloau: Pour éviter l'iulluence d'idées préconçues en une répartiti( où l'arbitraire joue forcément un rortain rôle, j'ai procé( de la façon suivante. J'ai d'abord lait un relevé de toute les expressions différentes dont les 247 sujets se sont servi |)our caractériser leurs photismes de voyelles ; il en e< résulté une liste d'environ 200 désignations, que j'ai classée en trois catégories. La première, claire^ réunissait le jaum le blanc, l'orange et leurs variétés diverses, ainsi que toute les autres couleurs affectées d'une épithéte impliquant ui grande clarté (telles que brillant, éclatant, clair, etc.); In seconde, moneime, comprend toutes les couleurs (sauf les précédentes et Je noir) sans qualifications de clair ni de foncé: la troisième enfin, foncée, renferme le noir et toutes les teintes déclarées sombres ou foncées. Puis j'ai réparti entre ces trois catégories les 1076 jugements de couleur. Il s*est naturellement rencontré quelques expressions dont le classement ne se fait pas sans hésitation ; mais elles sont peu nombreuses, et leur transfert de la classe moyenne, oùjles ai généralement laissées, à la classe extrême dont elh' se rapprochent, ou vice versa, ne ferait que modifier d'un manière peu sensible les chiffres du tableau ci-dessus san en entamer le résultat général. Ce résultat, que nous pouvons baptiser Loi de Clarté, est la division des voyelles en trois groupes fort distincts :

l'*. — I et e, voyelles claires dans la majorité de^^ cas.

-^ — » et o, voyelles moyennes, revêtant à peu prés indifféremment les trois degrés de clarté.

3". — u et ou, voyelles sombres, qui ne sont claires que dans le cinquième ou le quart des cas environ.

Or cette division coïncide parfaitement avec celle basée sur la nature îicoustique des voyelles, telle que nous Font révélée les recherches de Konig, de Helmholtz et de Hermann. On sait en effet que les sons caractéristiques qui les différencient font de e, et surtout de i, les voyelles de beaucoup les [)lus aiguës, tandis que a et o correspondent à des ! régions moins élevées de l'échelle musicale, très rapprochées j l'une de l'autre suivant Hermann, et que ou se trouve le ij plus bas. La position de a n'est ])as encore fixée sans am- I biguïté. 11 résulte de là que la clarté des voyelles, telle I qu'elle se manifeste d'une manière générale dans l'audition ;i colorée, augmente parallèlement à leur hauteur, ce qui coni| corde avec le fait bien connu qu'à presque tout le monde les sons bas paraissent sombres relativement aux sons élevés qui font l'effet clair et brillant. Ces rapprochements entre les impressions de la vue et de l'ouïe reposent évidemment sur leur analogie émotionnelle, c'est-à-dire sur l'identité de leurs effets physiologiques. Les sons élevés, comme les I teintes lumineuses, exercent sur l'organisme une action excitante, dynamogénique, bien différente de celles que produi- > sent les sons bas et l'obscurité.

Cette conclusion, que la luminosité des. voyelles marche de I pair avec leur acuité, est corroborée par les deux enquêtes l! de Fechner' et de MM. Bleuler et Lehmann'. Fechner n'a pas J! donné le tableau détaillé des photismes de voyelles envisat

[ * Fechner, Vorsokule der Aesthetik, Leipzig 187(j, II, p. 315. — Le r même fait ressort aussi de l'enquête ultérieure entreprise sous la direcf- tien de Fechner en 1879, mais interrompue par sa mort, et dont les résultats principaux ont été cités par M. Steinbrûgge dans un intéressant discours dont je regrette de n'avoir eu connaissance que tout dernièrement. Là aussi a e et i sont en moyenne plus clairs, o et u plus foncés. (Steinbrûgge, Uber secundare Sinnesempfindungen, Wiesbaden 1887, p. 16-17.)

- Loc. cit. p. 23.

I I liiit c)(3 vue <lo la clarté seule; mais il dit catégori- .juoiju'iil (jn'aii total a, e, i, l'on! un olTot plus cl.iir. o et « plus U)\u'(\ i)\u\ni aux chilTres de Blouler et Lohmanii. iU diffèrent notablement des nôtres par leur valeur absolue mais cela n'inilue pas sur If i.mg respectif des diverse voyelle^ .|.iii> rnhelle de la clarté (V. tableau 111, 2*^). Ces!

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