ROUE
rapport pathogénétique avec les pustules d’acné qui évoluaient parallèlement. Le malade n'avait aucun signe de cachexie, il ne pouvait être soupçonné de maladie d’Addison. Undeuxième malade présenta au bout d’un mois de traitement, à la dose de 8 gr. par jour de bromure une coloration jaune sale foncé de la peau et de la face.
Pigmentations secondaires. — Echeverria, dans son étude sur ie bromisme, dit qn’à la suite de lésions ulcéreuses, il se fit des cicatrices d’un aspect bleuâtre uni, présentant quelquefois une coloration brun foncé. Cette coloralion élait tantôt temporaire, tantôt persistait plusieurs mois, la pigmentation n’augmentait jamais d'intensité car es éruptions ne récidivaient pas 2% sélu.
Chaumont, dans sa thèse de 1891, décrit, comme accidents du bromisme, des papules géantes laissant des cicatrices pigmentées : Cette lésion est représentée au musée de l’hôpilal Saint-Louis par les pièces 1611 et 1645. La malade était une petite fille de 17 mois présentée par M. le docteur Feulard à la société de Dermathologie. « Elle eut une éruption occupant les fesses et la partie supérieure et postérieure des cuisses et consistant en grosses plaques végétantes condylomateuses de couleur rouge brun foncé, saillant de un centimètres et-demi au dessus de la peau saine ; l’éruption a respecté le périnée et l'anus. Elle s'accompagnait au début de démangeaisons assez vives troublant le sommeil et ayant amené l’amaigrissement. L'aspect de l’éruption est syphiloïde, et on aurait pu croire à des plaques muqueuses hypertrophiques, d'autant que le père de l’enfant est un ancien syphilitique. »
Cette éruption est apparue le 25 mars, l'enfant a pris, du
11 mars au 18 avril, une potion polybromurée. Ces papules * disparurent ; mais, un an après, ainsi que la seconde pièce du musée en fait foi, les cicatrices existaient encore, consistant en placards rougeâtres avec pointillé hémorrhagique. Leur forme est celle des papules. Elles sont absolument au même niveau que le tégument environnant. M. Voisin a, lui aussi, constaté la persistance de la pigmentation à la suite de lésions papuleuses, dont la surface était semée de pustules acaéiformes qui, en s’affaissant, laissaient suinter une sérosité puriforme, ces papulo-pustules siégeaient aux jambes. Dans aucune observation, il n’est fait mention de lésions ayant attaqué la face.
M. Jacquet a rapporté un cas très important par les conséquences qu'amena l'existence de pigmentations.
Son malade, à la suite de l'absorption d'une potion bromoioduriée, en 1886, eut une éruption papulo-pustuleuse qui laissa persister des macules rouge foncé à limites nettes. Cet homme était un syphilitique imaginaire; il avait eu une blénnorrhagie d'intensité moyenne et sans complications un an avant, mais jamais de chancre, jamais aucune éruption sur la peau. En 1895, c’est-à-dire neuf ans après, les macules existaient encore, il entra pour nne affeclion que nous ignorons dans un service de chirurgie et se déclara syphilitique, bien qu'il n’eut présenté aucun accident pendant ces neuf années. Les cicatrices pigmentées semblèrent confirmer son dire, «til fut soumis au traitement ioduré. De même que son tégument avail réagi sous l'influence du -bromure, de même il réagit sous l'influence de l'iodure, il eut des lésions ulcéro-gangréneuses, le traitement fut continué, et le malade mourut.
RER Re: