OBSERVATION VII
J. D. Ward (Médical Times and Gaz. 1862, vol. I, p. 79. Cülée par Fischer, n° 323).
Jeune homme de 26 ans décharge un pistolet sur sa poitrine, meurt dans 10 minutes.
Là péau sous lé sein gauche montré une marque superficielle oc= casionnée par la poignée d'un tournevis servant à démonter le pistolet.
Entre la cinquième et la sixième côte, les muscles intercostaux sont perforés sur une circonférence admettant le bout du doigt. — Péricarde intact, très rempli de sang. — Sur le véñtricule gauche, en avant, une déchirure longitudinale de 25 millimètres de longueur.
OBservaTION VIII.
Fischer (Archio. von Langenbeck, obs. n° 346).
Suicide par un coup de pistolet.
Aucune plaie sur toute l'étendue du corps, seulément uñe contusion sur le milieu du sternum. — Au devant de la chemise une balle aplâtie par la pression. = À cette place, le sternum était fracassé, = Le cœur était éclaté. —- Péricarde plein de sang:
Les auteurs qui ont rapporté ces différentes observations ont, en général, cherché à nous en donner la cause. Élléaume suppose que la déchirure du cœur est le résultat d’une pression hydrostatique, d’une véritable appli
ER
cation du principe de Pascal. « Pour expliquer ces faits, « qu’on nous permette de comparer pour un moment le « cœur à une vessie gonflée par un liquide. Imprimez sur « un endroit quelconque un choc un peu violent, le li- « quide va être déplacé, refoulé vers les parties environ- « nantes qui, étant déjà fortement distendues, ne peuvent « contenir davantage de liquide et cèdent dans les en- « droits les plus faibles. D’après cette explication, nous « sommes disposés à admettre que la rupture n’a pas lieu « dans l’endroit où le choc a été produit, mais bien dans « un point éloigné » (1). !
Bien que cette opinion ait été reprise par Heydenreich et Fischer, un peu timidement, il est vrai, nous n’hésiterons pas à repousser une semblable hypothèse.
En effet, lorsque la paroi thoracique est perforée, il s’agit toujours d’un projectile arrivant au contact du péricarde, animé d’une trop faible vitesse pour lui permettre de perforer cet organe et de pénétrer dans la cavité cardiaque.
Il nous semble difficile d'admettre dans ces conditions qu'il puisse déterminer une pression hydraulique capable de rompre la paroi du cœur. En tous cas, cette rupture s’'accomplirait, comme le dit Elléaume, en un point derésistance moindre, c’est-à-dire, comme nous le verrons
plus loin, sur la paroi des oreillettes et à l’origine des
vaisseaux.
C’est ce que nous n'avons jamais constaté.
Toujours, au contraire, il paraît y avoirune coïncidence
À. Elléaume, thèse de Paris, 1857, p. 13.
tot thtsiater tit
entre le trajet de la paroi thoracique et la rupture du cœur.
Lorsque la paroi thoracique n'offre pas de solution de continuité, que voyons-nous ? Des muscles intercostaux très meurtris, perforés(obs. VID, ou bien une fracture du squelette; mais toujours la lésion du thorax est sensible ment au même niveau que la plaie du cœur.
Holmes et ensuite Huguet ont fait jouer à l’élasticité du péricarde un rôle qu'il est aussi difficile de démontrer que de contester, mais que nous n’accepterons pas, car, d’après les physiologistes, le péricarde est une membrane peu extensible et d’une élasticité très imparfaite.
Selon nous, la plaie du cœur est toujours causée par un traumatisme direct, soit par la balle, soit par une portion du squelette, et le péricarde ne doit sa conservation qu’à la cohésion de son tissu, qui est beaucoup plusgrande que celle du tissu musculaire qui constitue les parois du cœur,