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Des pneumonies secondaires

Lorsqu’une pneumonie est consécutive à un état morbide qui paraît avoir exercé sur son développement une influence, soit excitatrice, soit prédisposante, on dit que cette pneumonie est secondaire (1).

Cette définition comprend deux termes distincts : Les pneumonies secondaires, comme le mot l’indique d’ailleurs, doivent avoir été précédées par une affection qui pourra exister encore, ou avoir disparu récemment en laissant dans l’économie des traces plus ou moins profondes de son passage ; mais une autre condition est encore requise pour légitimer la désignation de ces affections consécutives sous le nom de secondaires : il faut qu’il y ait entre elles et l’état morbide primitif un rapport plus ou moins intime d’effet à cause.

Malgré cette restriction introduite dans la définition,

(1) Synonymie. Pneumonies consécutives; pneumonies symptomatiques.

le nombre des pneumonies secondaires est encore trèsconsidérable ; car, dans la majorité des cas, les phlegmasies pulmonaires qui se montrent à la suite d’un état morbide, peuvent être rattachées à cet état primitif par des liens de diverse nature : nous verrons que tantôt c’est une lésion locale des poumons qui pourra en avoir provoqué le développement ; tantôt c’est une altération générale de l’organisme qui a amené une susceptibilité plus grande des ‘organes respiratoires, ou qui agit sur eux d’une autre façon plus ou moins inconnue.

Les pneumonies secondaires sont assurément des maladies importantes à connaître : leur fréquence, leur influence sur la marche et la terminaison des maladies primitives, la difficulté de leur diagnostic, la gravité de leur pronostic et les modifications que leur apparition doit faire subir au traitement ; toutes ces circonstances montrent la nécessité de les étudier avec soin ; et la comparaison que l’on peut faire entre les diverses parties de leur histoire et les parties correspondantes de l’histoire des pneumonies primitives est loin d’être dénuée d’intérêt.

Les auteurs des siècles précédents connaissaient les pneumonies secondaires. Ainsi Sydenham, Morton, Huxham, Stoli et autres, font plusieurs fois mention de péripneumonies consécutives, et il serait assez facile de relever dans leurs écrits ce qui pourrait avoir trait au sujet de ce travail ; mais un pareil relevé ne nous fournirait que des matériaux peu solides; caria plupart des observations recueillies avant que les méthodes physiques d’exploration des organes thoraciques aient été connues ou employées , ne peuvent être acceptées pour exactes que sous toutes réserves. C’est à Laennec lui-même, que

commence la connaissance précise des pneumonies secon daires, et dans un chapitre du Traité de i auscultation médiale, il trace rapidement, et de main de maître, le tableau symptomatique de ces maladies (4e édit., t. I,p. 586 et suiv. , Des péripneumonies latentes et symptomatiques).

Depuis cette époque, un grand nombre d’auteurs se sont occupés de cette question. On trouve sur elle des renseignements importants dans les ouvrages de MM. Andral, Louis, Cruveilhier. Mais c’est surtout dans le Traité de la Pneumonie , que les différents faits relatifs à l’histoire des pneumonies secondaires, ont été rassemblés, groupés, étudiés et appréciés jusque dans les moindres détails.

C’est ce livre, devenu depuis longtemps classique, qui a été la principale source où j’ai dû puiser ; car depuis l’époque de sa publication (1841), l’histoire des pneumonies secondaires n’a pas fait de grands progrès. 11 faut cependant faire une exception en faveur de l’anatomie pathologique, qui a été l’objet de recherches approfondies et qui a été notablement perfectionnée. Des formes nouvelles ont pu être établies sur les résultats de ces recherches, et la symptomatologie elle-même a pu être un peu modifiée, au moins à certains points de vue ; mais ces dernières modifications n’ont pas changé le fond des choses, et la description si exacte que l’on trouve dans le Traité de la Pneumonie est encore aujourd’hui la seule qui puisse nous servir de guide. Nous avons suivi les divisions adoptées par M. le professeur Grisolle, parce qu’elles nous ont paru les plus propres à former un cadre satisfaisant.

Les travaux auxquels je faisais allusion, il n’y a qu’un instant, sont dus pour la plupart aux médecins qui se sont plus spécialement attachés à l’étude de la pathologie

infantile. MM. Rilliet et Barthez, Barrier, Legendre et Bailly, Trousseau, sont ceux auxquels la science est le plus redevable sous ce rapport. J’ai consulté la littérature étrangère, anglaise et allemande, espérant y découvrir quelques faits importants. Or la plupart des mémoires relatifs à notre sujet ne sont que des paraphrases plus ou moins déguisées des travaux des auteurs précités. Ce jugement ne doit pas toutefois s’appliquer aux recherches ingénieuses de M. Gairdner. Dans le cours de ce travail j’aurai occasion de citer d’autres auteurs qui ont ajouté quelques détails à l’ensemble des faits connus, ou qui ont confirmé, par des études personnelles, les observations de leurs prédécesseurs ; mais, je le répète, soit pour la partie anatomo-pathologique, soit pour les autres parties de l’histoire des pneumonies secondaires, c’est en France que se sont accomplis les plus grands progrès.

J’étudierai successivement dans cette thèse l’anatomie pathologique, l’étiologie, les symptômes, les formes, la marche, les complications, les terminaisons, le diagnostic, le pronostic et le traitement des pneumonies secondaires.

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