‹ Des points d'ébullition chez les isomèresChapitre 24 sur 24 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

M. Berthelot établit que, toutes les fois qu’un composé à fédération avouée devient unitaire (changement de l’éther acétique en acide butyrique, de l’éther ordinaire en alcool butylique, éther nitreux en nitréthane, etc., etc.), il se produit un dégagement de chaleur souvent assez considérable, et « le nouveau composé devient plus dense, moins volatif, plus stable, plus difficile à dédoubler par l’action des réactifs ». Les différences que M. Berthelot signale entre les composés à fédération avouée et leurs isomères unitaires, n’existent pas moins entre les divers isomères à fédération latente. De plus, ces différences suivent une marche parfaitement déterminée et correspondant, selon le témoignage de la synthèse au fractionnement plus ou moins grand du carbone dans la molécule totale, dont les éléments n’ont dépensé qu’une partie de leur énergie disponible de combinaison et n’ont, par suite, qu’incomplètement perdu leur individualité, et leurs activités propres, dont le point d’ébullition est la somme.

Telle serait, selon nous, la cause des phénomènes que nous avons signalés et dont la constance nous a frappé. S’il en était ainsi, on pourrait, étant donnée la formule brute d’un composé encore inconnu, déterminer à l’avance les points d’ébullition des divers isomères indiqués par la théorie ; et, inversement, étant donné le point d’ébullition, reconnaître, ma-

thématiquement, en présence duquel des isomères possibles on se trouve.

Il va sans dire, que, de toute façon, il y aurait encore bien des inconnues à dégager dans un problème aussi complexe.

Tout ce que nous avons prétendu ici, c’est signaler à de plus habiles que nous une voie qu’il peut y avoir intérêt à reconnaître.

Quant à notre hypothèse en elle-même, est-il besoin de dire que nul n’en fait meilleur marché que nous? Vérité? ce serait bien chanceux. « Antichambre de vérité? » selon l’expression de Leibniz, nous osons à peine l’espérer. « Carré d’absurdité? » comme dit notre spirituel maître M. Deville, c’est fort possible.

Mais n’importe, une chose demeure certaine :

c’est que, comme disaient les péripatéticiens, « la nature ne fait rien en vain » et qu’à des phénomènes constants et conformes à eux-mêmes doit correspondre une loi qui les relie. Nos applaudissements seront les premiers à saluer celui qui, plus heureux que nous, la dégagera.

Vu ; JÜNGFLEISCH.

Vu :

Le Directeur de l’École supérieure de Pharmacie,

CHATIN.

Vu et permis d’imprimer :

Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris, GRÉARD.

Paris. — Typ. G. Chamorot, 19, rue des Saints-Pères. — 9882.

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