‹ Des polynévritesChapitre 34 sur 76 · GouGET · texte numérisé non relu

GouGET

Observation XXIV (IncMite. Clinique de M. le professeur Bernlieim).

Néphrile siibaigué et polynévrite.

J... A,... mécanicien au chemin de fer, 41 ans (Novembre 1897),habituellement bien porlant^ne paraissant pas avoir fait d'excès alcooliques, a eu il y adeuxans une paralysie faciale droite, surtout inférieure, dont lui est resté un léger effacement des traits à droite et de la difficulté d'arrondir la bouche.

Le 21 octobre 1897. — Ayant dormi dehors, douleurs très vives surtout dans le bras droit et la jambe gauche. Fièvre et insomnie le 22 et le 23. On n'a pas fait attention aux autres signes qu'il a pu présenter. Quelques jours après les jambes sont faibles, le malade tombe facilement ; les mains sont un peu maladroites surtout la droite qui écrit moins bien qu'auparavant. Un nouveau refroidissement (voyage nocturne) est suivi d'une gêne passagère de la parole et debrcdouillements, les lèvres étaient peu mobiles, les traits un peu tirés à droite. L'intelligence est restée nette, mais depuis quelques mois le malade est irascible, taciturne et a des cauchemars. La gêne des mouvements des extrémités s'accentue et se complique d'amyotrophie légère.

Etat actuel (27 novembre 1897). — Etat général mauvais, état cachectique, un peu d'œdème malléolaire. T : 37"8. P : 120, un peu irrégulier ; artériosclérose. Pointe du cœur au 6« espace sur ligne mamillaire ; choc fort, bruits normaux. Légère submatité avec E soufflée au sommet droit, ne tousse pas. Urines 1200 ce, teintées de rouge, contenant par litre : albumine 1 gr. 70, urée 20 gr., acide uriquc 0 gr. 48.

Ne donne aucun détail précis sur le début de ses troubles rénaux. Huit à 10 selles diarrhéïques, striées de sang, depuis 5 jours ; très légère céphalée.

Face très amaigrie surtout à droite : quand il veut rire les

traits se dévient à g-auche : il ari'onclit difficilement les lèvres. Tous leurs mouvements sont cependant possibles ainsi que ceux de la langue. Un peu de djsarthrie d'orig-ine labiale ayant débuté en même temps que la paralysie faciale. La dég"lutition des liquides provoque quelquefois un peu de toux.

Membres supérieurs. — La paralysie des extenseurs et des fléchisseurs de la main droite est complète et accompagnée d'une légère amyotropliie de l'avant-bras. Les muscles de l'éminence thénar ne sont pas atrophiés.

Tous les mouvements des avant-bras sont encore possibles sauf ceux de la main droite qui tombe ; à gauche seulement un peu de faiblesse. Anesthésie tactile de la main droite et analgésie. Abolition de l'excitabilité faradique des extenseurs des doigts à droite. Diminution dans le reste du bras.

Membres infêriews. — Tous les mouvements de la jambe droite et de la cuisse se font, aucun de ceux du pied qui est tombant, varus-équia ; à gauche il ne peut étendre la jambe sur la cuisse; les fléchisseurs de la jambe sont en partie respectés ; pied comme à droite. Mollets atrophiés surtout à gauche. Réflexes abolis, douleur légère à la pression des troncs nerveux : signe de Laségue bilatéral ; sensibilité tactile diminuée au pied gauche abolie à droite avec un peu d'analgésie à gauche l'anesthésie remonte aux 2/3 du mollet, à droite jusqu'au genou. Abolition de Pexcitabilité faradique de la jambe droite ; diminution à gauche.

Peut à peine rester debout avec appui ; s'il veut essayer de marcher, lève haut le genou droit. Rien de net au tronc ; rien aux sphincters,

P'' Décembre. — Le pouls s'est régularisé vers 120 à 140 ; les selles ont diminué de fréquence et ne contiennent plus de sang. La faiblesse de la main gauche a augmenté ; il ne peut étendre complètement les doigts, surtout les 2 derniers qui restenffléchis sans raideur. Dynamomètre : 9 à gauche ; à droite ne peut le saisir.

2 Décembre. — T : 37° 6. P : 120 à 150, irrégulier, petit.

Râles sous-crépitants aux 2 bases avec submatité. Bruits du cœur tumultueux ; mouvements de la main gauche difficiles ; œdème notable des membres inférieurs. Phlyctène comme 5 fr. à la partie antéro-interne de la plante du pied droit, en arrière une comme 0 fr. 50. Sueurs froides. Urines rares. Les jours suivants la dig'itoxine régularise un peu le pouls, la respiration redevient nette aux bases mais les urines restent rares, très albumineuses. Les symptômes névritiques sont les mêmes. Sa famille voulant le soigner à domicile, il quitte l'H, G. le 8 Décembre.

Des névrites peuvent accompagner les affections nerveuses comme le labes (1), l'aliénation mentale (2) la maladie de Thomsen (3) l'acromégalie (4), Sont-elles dues aux troubles de nutrition occasionnés par ces affections, ou bien à la cause qui les a produites, ou bien encore aune influence quelconque à laquelle la première atteinte du système nerveux aurait ouvert la voie ?

Quant aux névrites dites latentes des vieillards (5) l'athérome, la dyscrasie sénile, les autointoxications d'ori° ginc intestinale^ sont autant de causes qu'on peut invoquer pour les expliquer.

En somme, quoique mal connus, les poisons endogènes sont une cause certaine de polynévrites.

1. DÉJERiNE 1883, 1888 etc. — Pitres et Vaillard 1888. — De Massary 1896 ; — etc.

Page 1