PURIFICATION CHIMIQUE DE L'EAU
De nombreux corps chimiques ont été proposés en vue de la purification de l’eau d’alimentation: les uns comme les bases fortes, les acides, et les oxydants énergiques agissent immédiatement par destruction brutale des corps microbiens; les autres les antiseptiques proprement dits agissent comme poison. Des uns et des autres il faut des doses déterminées telles qu’elles ne soient pas toxiques pour l’homme, et qu’elles n’apportent à l’eau ni goût, ni odeur, ni saveur désagréables.
Enfin, il reste une difficulté à vaincre; c’est d’assurer un mélange convenable et assez long avec toutes les parties de l’eau, car il est clair que si une certaine fraction échappait à l’action de l’antiseptique le résultat ne serait pas obtenu.
Pratiquement ce sont les oxydants qui ont le mieux réussi et pour de grands volumes d’eau, pour des installations municipales on emploie surtout le chlore.
Pas mal d'auteurs ont insisté sur les inconvénients du chlôre et sur les mauvais goûts qu’il apporte à l’eau. On a peut être exagéré en ce sens, mails il est certain que l’eau traitée par le chlore peut présenter sous certaines conditions un goût d’iodoforme plus ou moins prononcé.
Ce goût d’iodoforme est dû à une trace d’acide phénique dans l’eau qui produit de l’oxychlorophénol. Cet acide phénique peut provenir de l’eau elle-même, et surtout du goudron dont on enduit les tuyaux pour les préserver de la rouille, et de la corde goudronnée qui sert aux joints. Pour que ce goût d’iodoforme se produise, il suffit de traces d’acide phrénique, d’une dose infinitésimale, un millième de
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milligramme par litre. On conçoit que dans la pratique d'aussi faibles doses soient facilement réalisables. Les remèdes employés pour lutter contre ce mauvais goût seront simples. On évitera d'utiliser le goudron dans les canalisations en particulier, et dans la confection des joints on substituera la corde suiffée à la corde goudronnée. De cette façon on supprimera dans une certaine mesure toute odeur ou toute saveur désagréable.
L'eau traitée par le chlore peut également présenter un goût de chlore si la dose employée est quelque peu élevée, il faut alors procéder à la déchloration qui est inefficace quand l’eau est très chargée de matières organiques. On emploie pour atteindre ce but lhyposulfité de soude. C’est TRAUBE (1) qui en 1894 préconisa le premier Pemploi de chlorure de chaux à raison de 4 milligrammes par litre pour purifier l’eau (2 heures de contact), le chlorure de chaux contenant environ 35 % de chlore, on voit que cela donne 1 milligramme 4 de chlore actif par litre, ce qui laisse souvent un excès de chlore que TRAUBE conseillait de neutraliser par le sulfate de soude.
Plusieurs auteurs déclarèrent par la suite qu’il fallait des doses plus fortes pour supprimer les microbes pathogènes. On n’en réussit pas moins à éteindre des épidémies de fievre typhoïde à Pola (2) en 1894, à Maidstone (3) en 1894 où on employa 1 milligramme 5 d’'Hypochlorite par litre. En France, dès 1900, la ville de Lectoure, fut autorisée à recourir au procédé Bergé par le ferrochlore. Aux Etats-Unis en 1908 Johnson (4) fit adopter l’'Hypochlorite de chaux.
En 1910 le major Darnal (5) essaya à Fort Meyer le chlore
(1), (2), (3), (4), (5) Voir « Qualités de l’eau et moyens de correction » par Docteur IMBEAUx, pages 731 et 732.