CONCLUSIONS
I. — Chez tout blessé de guerre qui se présente avec une plaie du globe, même insignifiante, on doit soupçonner la présence du corps étranger intraoculaire.
IT. — Les projectiles agissent par le même mécanisme, qu'il s'agisse, ou de la balle, dont l'enveloppe a volé en éclats par suite d’un choc, ou de l’obus, ou de l'engin à la main. L’éclat d’obus est projeté avec une plus grande force et une vitesse considérable. On le trouve dans 62 pour 100 des cas et l'éclat de bombe ou de grenade dans 25 pour 100 descas. L’éclat de balle se rencontrerarement, surtout depuisles derniers combats.
III. — Les symptômes varieront suivant la porte d'entrée cornéenne ou sclérale, suivant la lésion de l'iris, du cristallin, du vitré. Il faudra considérer le volume du projectile, sa vitesse, sa forme, sa configuration et son siège dans le globe.
IV. — Le diagnostic se fera en tenant compte des commémoratifs, Le diagnostic avec la contusion est
quelquefois difficile; sauf le point d'entrée, les signes sont les mêmes (douleur, cercle périkératique, hyphéma, immobilité pupillaire, fond d'œil inéclairable). IL est donc nécessaire de s’aider au plus tôt de l'examen radiographique et de l'épreuve à l’aimant. L’électroaimant sera donc diagnostique et thérapeutique.
La radiographie renseigne :
1° Sur l'existence du corps étranger (acier, fonte, nickel, cuivre, aluminium, gravier.)
2° Sur'son siège assez précis dans le globe; en tout cas, elle montre s’il est dans un des quatre quadrants du segment antérieur ou du segment postérieur.
V. — L'extraction sera faite aussitôt après l’épreuve à l’aimant, avec tous les soins d’une intervention ordinaire. L'éclat sera attiré par l’orifice d’entrée après iridectomie ou par incision cornéenne périphérique ou fenêtre sclérale.
VI. — L'électro-aimant sera appliqué le plus vite possible, sa force attractive doit être très puissante. L’électro-aimant géant sera préféré à l’aimant à main, le plus souvent insuffisant.
VII. — Nous rapportons dans ce travail 54 observations recueillies dans le service de M. le Professeur Rollet. Dans 16 pour 100 des cas le résultat visuel a été satisfaisant après l'extraction, et dans 27 pour 100 on a dû pratiquer l’énucléation.