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J'arrive aux symptômes généraux. Je n'insiste ni sur la courbature, ni sur la céphalalgie, pas plus que sur l’insomnie et l’abattement qui sont très fréquemment notés dans nos quatre-vingts cas : je signalerai seulement en passant l'agitation et même le délire qui sont quelquefois spécialement indiqués dans plusieurs des observations dues à mon ami le docteur A. Robin. Je noterai encore que l’état typhoïde est parfois notable, mais je dois le dire, le facies si caractéristique a été rare, dans les faits que je relate; d’ailleurs la plupart des auteurs sont du même avis à cet égard, surtout Laveran, qui insiste sur le même fait.
En réalité tous les signes que nous venons de passer en revue, à part l'apparition épicritique de la roséole (roséole tardive), n'ont rien de caractéristique; nous verrons si l’étude de deux phénomènes généralement importants, la température et le pouls, peut nous fournir des indications plus précises. Nous renvoyons à la fin de la symptomatologie cette étude critique de la courbe thermométrique et des caractères du pouls ; ce qui nous permettra de décrire la durée de la période d'état de la maladie.
Disons auparavant quelques mots de sa période de ferminaison. La règle est la guérison; car je ne parle pas des accidents subits ni des complications intercurrentes dont j'aurai à dire quelques mots plus loin. La terminaison se fait donc tantôt rapide en 24-72 heures (Bernheim), tantôt progressive, commençant sa période au huitième ou neuvième jour, par exemple, pour n’être complète que le quinzième jour (jour de l'apyrexie) : c’est ce que MM. Bernheim et Lebon ont pu avancer en s'appuyant sur des faits (1).
L'amaigrissement et la perte de poids qui l'accompagne, ainsi que la lenteur plus ou moins grande de la réparation des forces n’ont, dans la fièvre typhoïde, rien de bien tranché. Pour Grisolle et pour M. Bernheim ces différents phénomènes de déchéance physiologique n’ont, dans la fièvre typhoïde en général, aucune corrélation avec la forme clinique et la durée de la maladie. On peut voir des malades atteints d’une fièvre typhoïde légère et même abortive, s’affaiblir très rapidement, s’amaigrir et fournir une convalescence lente et pénible,
(1) M. Berxugin (1885) a vu 40 fois sur 52 cas la période terminale (défervescence) se faire lentement, Voyez plus loin l'Ztude de la défervescence thermique.
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et l'inverse peut se produire dans des cas de fièvre typhoïde commune ou même intense.
Si je m'en rapporte à mes observations, la terminaison de la maladie se serait produite sans grands phénomènes. Toutefois je crois devoir faire remarquer que bien souvent cette période de la maladie est moins bien observée que les autres; en tout cas elle est moins régulièrement notée, sauf pour les cas assez rares (dans mes observations du moins), où quelque phénomène critique est survenu. M. Hutinel cite des cas dans lesquels on à signalé l’apparition d’érythème, d’éruptions vésico-pustuleuses, et surtout de sueurs profuses. Dans plusieurs de mes observations les sueurs critiques ou la polyurie sont notées au début de la défervescence (1).
Je n’ai pas à m’étendre longuement, à propos de la typhoïde abortive, sur la question des crises et des phénomènes pseudo-critiques observés dans le décours de la maladie. Je me contenterai de rapporter un cas intéressant que je dois au docteur A. Robin où le dosage des matériaux solides de l'urine a été pratiqué avec soin. L'observation, comme on va le voir, était bien une fièvre typhoïde abortive, et au point de vue de la physiologie pathologique elle a une valeur considérable.
OgservarTion. Fièvre typhoïde abortive. Péricardite. Dosage des matériaux solides de l'urine. Décharge procritique. — Delagn…, vingt ans, entrée le 8 novembre 1876 salle Saint-Jérôme, n° 10, est au cinquième jour d'une fièvre typhoïde de moyenne intensité. Gargouillement iliaque; rate assez volumineuse. Pas de taches rosées.
Le 12, roséole généralisée. Etat général plus grave. On entend à la région précordiale des frottements péricardiques rudes.
Le 13 octobre, délire nocturne qui persiste les 14 et 15 avec la même violence : il s’y joint de la dyspnée.
Dès le 18 octobre, on remarque que la température du matin descend au-dessous de 38 degrés.
Le scizième jour de la maladie (20 octobre) la température ne dépasse pas la normale. L'état général est bien meilleur : depuis trois jours on n'entend plus les frottements péricardiques.
La convalescence commence à ce moment et marche rapidement.
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(1) Dans un cas dû à M. A. Romy, la crise sudorale survint le onzième jour et coïncida avec une chute hypothermique de 1°,5 (35°,5).
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Le tableau ci-joint indique la quantité des urines rendues et le dosage des matériaux solides de l'urine :
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Quantité d'Urine . |1600° 1200/1000! 1600 1000 1600 FSS0 1 100! 750 4300
Matériaux solides.| 74,8) » 49
Ce tableau est intéressant à consulter ainsi que la courbe où j'ai superposé la température et le taux des matériaux solides de l’urine. En effet, il résulte des travaux de M. le docteur A. Robin (1), que la fièvre typhoïde commune rend en vingt-quatre heures, par les urines, 52 grammes de matériaux solides. L'homme adulte et sain en rend 50 grammes. Pendant la fièvre tvphoïde, en effet, il se produit dans le courant circulatoire un encombrement de produits divers, résidus des oxydations incomplètes qui sont la conséquence de la fièvre. Tous ces matériaux, preuve d’une dénutrition aussi exagérée qu’anormale, tendent à s’éliminer par les émonctoires. Or, en étudiant, dans les formes moyennes de la fièvre typhoïde, comment se fait cette élimination, on trouve que :
Les matériaux solides &e l'urine Pendant la période d'état, à la dose de 52130 par jour.
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Dans les prem. j. de la conval.….. — 56 29 —
Par conséquent, M. A. Robin peut en conclure que la plus petite quantité des matériaux solides éliminés par l'urine, correspond aux périodes où la fièvre est le plus élevée.
La plus simple explication de ce fait est la suivante : ilest admissible que les matériaux détruits n’ont pu s’éliminer en totalité pendant la période fébrile.
L’'atténuation des phénomènes généraux coïncidant régulièrement avec l'élimination plus active des matériaux solides de l’urine, la conception de rétention et de nocivité de ces produits incomplètement comburés, se présente à l'esprit. M. A. Robin démontre : 1° la réalité de la rétention dans le sang des déchets organiques, rétention qui est d'autant plus grande que la forme de la maladie est plus grave (Happfner, Robin).
(1) A. Ronix. — Leçons sur le traitement de la fièvre typhoïde. Masson 1886 (encore inédites),