‹ Des quinquinas [electronic resource]Chapitre 26 sur 41 · QUINQUINAS PUBESCENS · texte numérisé non relu

QUINQUINAS PUBESCENS

Les deux variétés du C. pubescens fournissent des éçorces différentes que nous allons décrire séparément.

A. Quinquina pubescens Pelleteriana.

(Quinquina de Cuzco et Quinquina d'Arica, Guib., loc. cit., 154. — Quinquina jaune de Cuzco (fiel, et Bouch., loc. cit, 39, pl. XIX) ; Quinquina brun de Cuzco (ibid.) ? — China rubit/inosa, Bergen. — Cuzco bark et Arica bark (Pereira . Mat. méd., 1630). — Vulgo Cargua-Cargua et Cascarilla amarilla.)

Ces écorces , dont l'origine n'est point douteuse, ont été quelquefois données comme Galisaya. J'en ai sous les yeux un échantillon étiqueté par M. Howard : C. pubescens ? Cascarilla morada de Ambolo , spurious mixed wifhCalisaya, dont la surface externe présente des sillons longitudinaux parallèles, mais beaucoup plus étroits et moins profonds que ceux du Calisaya : çà et là se montrent des protubérances d'un brun noirâtre; la surface interne est jaunâlre, à fibres droites , régulières ; la cassure résineuse sur une épaisseur de 3 mm, fibreuse sur le reste de l'épaisseur ( 7mH1 environ ) : elle produit de

nombreuses esquilles prurientes comme celles du Q.

jaune de Cuzco.

Voici du reste les caractères du Quinquina pubescens , tels que les donne M. Weddell : « Très-dense, constitué environ à parties égales par la tunique celluleuse et le liber. Surface extérieure assez lisse, quelquefois un peu ridée longïtudinalement par suite de la dessiccation , d'un jaune ocracé plus ou moins brunâtre et parsemée fréquemment de marbrures grises ou argentées qui sont des restes du périderme, parcourue aussi quelquefois par des fissures à bords nets résultant de la dessiccation. Surface interne brunâtre ou rougeâtre, épaisse, fibreuse. Fracture transversale largement subéreuse et à bords tranchants en dehors , à fibres courtes ligneuses en dedans. La coupe faite avec l'instrument tranchant dans le même sens , présente en dedans des séries de gros points indépendants les uns des autres, correspondant à la section des fibres corticales soudées en faisceaux... Fracture longitudinale presque sans esquilles. Saveur assez fortement amère, slyptique et un peu piquante, sensible à première mastication et surtout à la pointe de la langue. Le périderme, lorsqu'il persiste dons son intégrité sur les grosses écorces , se montre sous la forme d'une couche mince inégale , quelquefois verruqueuse , d'un gris obscur et plus ou moins brunâtre ou même verdàtre dans quelques points. Lorsque l'inégalité de l'écorce est considérable , elle présente, quand elle a été râclée, des taches d'un brun foncé , semées sur la surface de son derme ; ce sont les points où les saillies de sa tunique cellulaire soulèvent le périderme pour former les petites

verrues dont j'ai parlé. Ces mêmes saillies sont quelquefois écorcées , et leur chute laisse des fossettes arrondies à la place qu'elles occupaient'. »

Richesse en alcaloïdes — C'est de ce quinquina que Pelletier et Corriol avaient extrait Xaricine. M. Guibôurt2 n'y a trouvé que de la cinchonine, eten très-petite quantité, de telle sorte que ce quinquina doit être réellement considéré comme tout à fait inefficace.

Examen microscopique. — Voir précédemment , pag. 37.

M. Phœbus3, qui a étudié la structure anatomique du quinquina brun de Cuzco, serait peu disposé à le rapporter au Quinquina pubescens. La disposition des fibres corticales rappelle celle du Calisaya et l'éloigné par conséquent beaucoup de l'espèce en question. Aussi, dans notre synonymie , n'avons-nous indiqué cette écorce qu'avec un point de doute.

B. Quinquina pubescens purpurea.

(Quinquina Huamalies ferrugineux, gris terne, blanc A et B, rouge, rougeâtre, mince et rougeâlre, Guib., loc. cit., pag. 145-147, fide Howard. — China Huamalies; China Guamalies, seu Abomalies, Gobel el Kunze, pag. 02, pl. X, 1-5. — Quinquinas Havane du commerce français. — Vulgo Cascarillu boba de hojas moradas.)

En traitant du quinquina Chahuarguera, nous n'avons rapporté qu'avec doute et d'après Pereira à cette espèce des environs de Loxa divers quinquinas Huamalies de

1 Weddell, loc. cit., 56.

2 Guibourt, loc. cit., 160.

3 Phœbus, loc. cit.

M. Guibourt. Reichel avait déjà rattaché ces écorcesau Cinchona purpurea, se basant sur l'examen d'échantillons apportés par Poppig; mais M. Pereira, guidé par des considérations assez puissantes et de divers ordres, avait nié la possibilité d'une pareille origine*.

M. Howard a repris l'examen de celte question lititigieuse et, pièces authentiques en main, il croit devoir rapporter au C. pnrpurea les quinquinas que nous avons cilés en synonymes.

Nous renvoyons pour les détails descriptifs aux excellents articles de M. Guibourt ; nous nous bornons à indiquer ici comme caractère assez général de ces écorces les sillons longitudinaux de leur surface extérieure et les verrues ou protubérances rougeâtres qui se rangent souvent en lignes régulières : la couleur varie du reste du gris brun au brun rougeâtre ou même noirâtre.

Richesse en alcaloïdes. — Ces écorces diffèrent passablement entre elles par leur richesse en principes actifs : elles contiennent en général peu de quinine, ou même pas du tout, et de Or,85 à 6^r de cinchonine par kilogramme.

Un échantillon de l'École de pharmacie de Montpellier, envoyé par M. Howard avec cette étiquette : « C. purpurea? bark from Marcapata, correspond à uneécorce qu'il appelle Cara/ùaya bark dans ses- Illustrations of nueva Quiuolugia ; elle rappelle beaucoup plus que le C. Cliahuaiguera les figures de Gobel et Kunze que nous avons déjà citées (pl. X, fig. 1-2). Elle est roulée en cy-

1 Voir Pereira, loc. cit.

lindres de la grosseur du pouce ; la surface extérieure est d'un brun terreux et marquée de fentes transversales peu profondes et d'excroissances couleur de rouille. La surface interne est d'un jaune sombre; la cassure presque complètement fibreuse, à fibres longues; l'amertume est faible, lente à se développer, légèrement aromatique.

Cette écorce serait assez productive en principes actifs ; une grande quantité en a même été exportée de 1847 à 1853, mais le transport de la forêt à la côte en augmente beaucoup trop le prix.

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