CHAPITRE I.er
DE LETIINOGRAPHIE en général.
Définition. L’ ethnographie ou description des peuples a pour but de faire connaître les subdivisions du genre humain sous le rapport de leurs caractères naturels , tels cpie les formes et la couleur, ainsi cpie sous celui des caractères sociaux de langage, de filiation historique, de mœurs et de religion. 1
1 Les deux catégories de caractères que je viens de distinguer par les épithètes de naturels et de sociaux , sont ordinairement désignées par celles de physiques et de moraux ; mais cette manière de s’exprimer me paraît défectueuse, car, d’un côté, le mot physique étant plus spécialement affecté à l’étude de certains phénomènes de la nature inorganique, ne doit pas être appliqué à des
Division du genre humain en races.
L’étude des caractères naturels du genre humain a fait connaître trois modifications bien déterminées, que l’on désigne souvent par les noms de race blanche, de race jaune et de race noire ; mais, soit que les causes auxquelles on doit l’existence des types de ces trois divisions aient aussi produit d’autres modifications, soit que la faculté qu’ont tous les hommes de se reproduire entre eux ait donné naissance à des nuances intermédiaires, ces trois races se fondent l’une dans l’autre,
résultats de la vie, et, d’un autre côté, les caractères de la seconde catégorie ne sont pas toujours en rapport avec les mœurs et la morale; mais, comme ces caractères sont toujours produits par des relations sociales , tandis que ceux de la première catégorie sont une conséquence de la nature de l’individu qui en est doué , il me semble que les dénominations de caractères naturels et sociaux sont les plus convenables. Si l’on objectait que la sociabilité est un caractère naturelle répondrais que ce n’est nullement la sociabilité que je range dans les caractères sociaux, mais seulement les effets de cette propriété.
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de manière que les lignes de démarcation sont extrêmement difficiles a tracer, et que, si quelques auteurs font rentrer tous les peuples de la terre dans ces trois races, d’autres, au contraire, y ajoutent un nombre plus ou moins considérable de divisions de même rang. Le plus communément , on n’admet que deux de ces divisions, sous les noms de race hi'iine et de race rouge; de sorte que nous considérerons le genre humain comme divisé en cinq races, qui vont faire successivement le sujet des cinq chapitres suivants. Mais il est bon de faire remarquer auparavant que ces épithètes de blanche, jaune, brune, rouge et noire, employées pour désigner les races, ne doivent point être prises dans un sens absolu ou exclusif; mais quelles indiquent seulement que chacun de ces groupes se compose d’hommes qui , considérés d’une manière générale, sont ordinairement plus blancs, plus jaunes, plus bruns, plus rouges ou plus noirs que ceux des autres races; car, ces groupes se distin-
guant par beaucoup d’autres caractères, on est quelquefois obligé de ranger dans une race des hommes dont le teint ne concorde pas avec la dénomination donnée à cette race. 1
1 On voit par ce qui précède que j’emploie le mot race pour désigner le premier degré de subdivision du genre humain, et l’on verra ci-après que j’emploie les mots rameaux , familles et peuples pour désigner respectivement les deuxième, troisième et quatrième degrés; cependant il m’arrivera quelquefois d’indiquer aussi ces diverses divisions par le mot race , afin de ne pas m’écarter de l’usage ordinaire, qui évite, en général, l’emploi, dans ce sens, des mots rameaux , familles et peuples , à cause des autres acceptions que Ton donne à ces mots. C’est ainsi que je pourrais dire, par exemple, que les Mexicains sont cle race européenne , et les Canadiens de race française , plutôt que d’employer les phrases plus exactes que les Mexicains appartiennent au rameau européen , et que les Canadiens sont une subdivision du peuple français .
D’un autre côté, je n’emploierai ce mot peuple que dans un sens purement ethnographique, c’est-à-dire pour exprimer des rapports de formes, de couleur, d’origine , de langue, de mœurs, réservant le mot nation pour exprimer les rapports politiques. C’est ainsi, par exemple,
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Cette division du genre humain en cinq races est déterminée par les caractères naturels, qui devraient être les seuls employés pour faire des divisions ethnographiques ;
qu’en écrivant peuple français , je désignerai un ensemble d’hommes qui ont à peu près les mêmes caractères naturels et qui parlent la même langue, quelle que soit d’ailleurs la domination sous laquelle vivent ces hommes et le pays qu’ils habitent; tandis que par les mots nation française j’entendrai l’ensemble des personnes qui jouissent de la qualité de Français aux termes des lois en vigueur dans le royaume de France, quels que soient les peuples auxquels ces personnes appartiennent sous le rapport ethnographique. Les partisans de l’étymologie désapprouveront sans doute ces acceptions, parce qu’ils se rappelleront que les Romains employaient les mots populus et gens dans le sens opposé; mais j’ai pour principe que l’on doit avoir plus d’égard au sens actuel qu’à l’étymologie. Or, lorsque l’on fait attention à l’acception que l’on donne ordinairement aux mots nation et nationalité , on ne peut disconvenir que je m’éloignerais beaucoup de l’usage, si j’adoptais le sens indiqué par l’étymologie.
Il eut été à désirer d’avoir des mots particuliers pour désigner les divisions en dessous du 4.e rang, c’est-à-dire
ethnographie
mais ces caractères ont encore été si peu étudiés d’une manière comparative, on connaît encore si peu les effets des croisements, que jusqu’à présent on n’a pas été à même de faire de bonnes subdivisions des races d’après les caractères naturels, et que la plupart des ethnographes ont eu recours pour cette fin aux notions tirées du langage et de l’histoire. Mais, outre qu’il est des peuples dont le langage n’est pas suffisamment connu
les subdivisions de peuples; mais les mots de peuplade et de tribu que l’on emploie quelquefois dans ce sens, ne s’appliquent en général qu’à des sociétés peu civilisées, et l’on paraîtrait ridicule, si l’on disait que les Picards sont une peuplade ou une tribu de Français. Il est à remarquer d’ailleurs que l’on fait souvent usage du mot peuplade pour exprimer que la société dont on parle est peu nombreuse, quel que soit son rang de classification, et que celui de tribu est ordinairement attribué à une société qui remonte ou est censée remonter à un père commun. Je me suis en conséquence trouvé dans l’obligation d’employer souvent la dénomination de peuple pour désigner les divisions de 5.e et 6.® rang, aussi bien que celles de \.e rang.
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et sur l’origine desquels on 11e possède aucun renseignement historique, il est à remarquer que ces notions sont souvent dans le cas d’induire en erreur; l’expérience prouvant qu’un peuple peut prendre la langue et le nom d’un autre peuple qui, dans la réalité, se fond au milieu de celui qui perd ainsi ses caractères sociaux, mais qui, étant plus nombreux que l’autre , imprime bientôt à la nouvelle association ses caractères naturels.1
1 II n’entre pas dans le plan de ce petit ouvrage élémentaire de discuter les questions controversées et surtout d’aborder celles relatives à l’origine des diverses modifications du genre humain; mais je crois néanmoins qu’il est nécessaire que je donne ici quelques éclaircissements sur les motifs qui m’ont porté à admettre que les caractères naturels doivent primer sur toutes les autres considérations pour les classifications ethnographiques. Je dirai en premier lieu que l’ethnographie étant la description et non l’ histoire des divers peuples qui habitent la terre, ce sont les caractères que présentent actuellement ces peuples qui doivent servir de base à ses classifications, ce qui place les renseignements historiques dans un rang secondaire; de sorte qu’il ne reste, pour ainsi
On a aussi établi parmi les peuples des
divisions fondées sur ia civilisation qu’ils ont atteint et la religion qu’ils professent.
dire, que les caractères naturels et ceux tirés du langage. Les naturalistes trouveront que , poser une semblable question , c’est la résoudre; mais la plupart des personnes qui se sont occupées d’ethnographie étant plus linguistes que naturalistes, on est assez habitué à voir les caractères tirés du langage l’emporter sur ceux tirés de la nature, du moins pour les subdivisions; de sorte qu’il convient de rechercher quels sont ceux de ces deux ordres de caractères qui ont le plus de fixité et qui sont le moins susceptibles de changer par suite de circonstances accidentelles.
On ne peut disconvenir, sans doute, qu’il soit trèsdifficile de changer la langue d’un peuple; on peut même dire que la chose est impossible, lorsque le peuple vaincu auquel on veut imposer la langue du vainqueur est plus nombreux et parle une langue aussi polie que celle de ce dernier; mais la chose est possible lorsque ces deux circonstances ne se trouvent pas réunies. C’est ainsi que l’on a vu la domination romaine substituer, dans le sud-ouest de l’Europe , la langue latine aux divers dialectes celtiques , et que plus tard les peuples teutons, soit Français, soit Lombards, soit Bourguignons, soit Normands, qui ont
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Sous le premier point de vue, on les divise en peuples civilisés , peuples barbares et peuples sauvages ; mais ces dénominations
fait à leur tour la conquête de ces mêmes contrées, y ont perdu leur langage pour adopter celui de leurs nouveaux sujets, ou, si l’on veut, pour former de nouvelles langues presque entièrement composées d’éléments latins et renfermant bien peu de traces de l’élément teuton. N’avons-nous pas vu aussi de nos jours des hommes de race nègre et originaires d’Afrique, constituer en Amérique une nation dont la langue est le français? Or , si cette nation prenait un grand développement et que de violentes révolutions anéantissent tous les monuments écrits de notre civilisation, en même temps qu’elles détruiraient le peuple français, à l’exception des habitants de quelques hautes vallées des Alpes, on conçoit que dans les temps futurs des ethnographes, qui ne s’appuieraient que sur les caractères linguistiques, considéreraient la petite peuplade française des Hautes Alpes comme des Haïtiens dont un climat plus froid aurait modifié les caractères naturels.
Mais, si les partisans de la classification par les caractères linguistiques ne peuvent contester la mobilité de ces caractères, ils prétendent que ceux tirés de la nature sont aussi très-mobiles, qu’ils se modifient tous les jours
ne sont en quelque manière applicables que dans les termes extrêmes, et ne pourraient servir à une classification régulière.
par les seuls effets du climat ou de la manière de vivre, et que les différences qui existent entre les diverses races d’hommes ne sont dues qu’à ces causes. Il est donc nécessaire de rechercher jusqu’à quel point ces assertions sont fondées. Je n’ai nullement envie de contester que le climat et la manière de vivre n’exercent sur les hommes une certaine influence produisant des modifications qui peuvent devenir héréditaires; mais ces modifications, dans l’état actuel du globe, sont resserrées dans des limites bien plus étroites que les différences que l’on observe dans le genre humain. On objecte à la vérité qu’une cause très-faible agissant pendant une longue série de siècles, pourrait produire des effets dont nous ne pouvons nous former aucune idée lorsque nous ne voyons que ce qui se passe dans une courte période. Mais je réponds à cette objection que nos renseignements historiques remontent à peu près jusqu’aux révolutions géologiques qui ont donné à là terre son état actuel, et qu’ils constatent que dès ces temps reculés les principales modifications du genre humain existaient et présentaient déjà les mêmes différences que maintenant. D’un autre côté, s’il était possible, ce que je ne crois pas, que les
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Envisagés sous ie rapport religieux , on peut distinguer parmi les peuples ceux qui sont éclairés par les lumières du christ ici-
causes actuelles de climat et de manière de vivre produisissent des modifications aussi profondes que celles que Ton observe dans le genre humain, ces modifications ne se trouveraient pas réparties ainsi qu’elles le sont. En effet, si c’était à la chaleur du climat et au défaut de civilisation que l’on doit attribuer le museau allongé et les cheveux laineux des nègres , pourquoi ces formes ne se sont-elles pas développées chez d’autres peuples aussi barbares et habitant des contrées aussi chaudes? Si c’était au climat froid que l’on doit attribuer le teint blanc , les cheveux blonds , les jeux bleus des Scandinaves, pourquoi leurs voisins les Lapons ont-ils un teint basané, des cheveux et des jeux noirs? Si c’était à des causes extérieures que sont dues les différences que l’on remarque parmi les membres d’un même peuple, comment se fait-il que l’on voit souvent les enfants d’un même père et d’une même mère se distinguer par la couleur de leurs cheveux et de leurs jeux, par leur teint, par la forme de leur figure, etc.? Tout nous porte donc à croire que les différences que présente le genre humain remontent à un ordre de choses antérieur à l’état actuel du globe terrestre. Du reste, il est bon de faire remar-
ethnographie
rdsme, ceux qui professent Y islamisme ou mahométisme le bouddhisme , le brahma-
quer, avant d’aller plus loin, que cette manière de voir n’est nullement en opposition avec l’unité de souche du genre humain , puisque j’ai, au contraire, cherché à faire voir, dans mes Éléments de Géologie, que l’état des choses avant la dernière grande révolution géologique pouvait exercer sur les organismes des actions tellement énergiques, que je leur attribue la succession des espèces que
nous révèle la paléontologie, c’est-à-dire des modifications bien plus profondes que celles qui existent dans le genre humain actuel.
Je suis bien éloigné aussi de dire que depuis la dernière grande révolution géologique il ne s’est point opéré,
dans les êtres vivants en général et chez les hommes en particulier, quelques changements plus prononcés que ceux que je crois pouvoir être attribués aux effets actuels du climat et des mœurs; mais ces changements sont dus à une autre cause, c’est-à-dire aux croisements. Nous sommes bien loin, sans doute, d’avoir des connaissances complètes sur les croisements, phénomènes à l’égard desquels on ne possède pas encore d’expériences suivies; mais le peu que nous en savons nous permet de reconnaître une première loi qui, d’accord avec le raisonnement, porte à admettre que Ie3 produits des croisements
EN GENERAL
ni sine y et diverses autres religions moins répandues, telles que le judaïsme ou culte
présentent clans leur ensemble un intermédiaire entre les caractères de leurs auteurs immédiats , c’est-à-dire que si le père et la mère sont de races pures , le produit participera à peu près également des deux races, tandis que si l’un des deux parents est déjà un hybride et que l’autre soit de race pure, le produit ressemblera beaucoup plus à cette race qu’à celle que l’on peut dire n’entrer que pour un quart dans son organisme, et ainsi de suite. Mais cette loi fondamentale est modifiée par plusieurs lois secondaires , qui sont encore moins connues. Il paraît d’abord que le partage ne s’opère pas également sur tout l’organisme, de sorte que l’on voit souvent chez les hybrides certains caractères qui tiennent plus, et d’autres qui tiennent moins à l’une des races, qu’ils ne devraient y tenir d’après la loi du partage arithmétique. Probablement que cette inégale répartition dans les détails n’est pas un effet du hasard, mais qu’elle- provient de quelques causes fixes. C’est ainsi, par exemple, que, dans la race
blanche, l’union du type blond avec le type à cheveux
noirs produit des individus dont la chevelure est noire plutôt qué d’une teinte intermédiaire entre le blond et le noir, comme s’il se passait, dans celte circonstance, quelque chose d’analogue à ce qui a lieu dans le mélange
Israélite , le sabéisme ou culte des astres, la religion de Confucius , celle de Sinto , le
physique des couleurs, où nous voyons, entre autres, que si l’on mêle une quantité égale de blanc de céruse et de noir de fumée , la teinte qui en résultera demeurera presque noire, au lieu de présenter une nuance de gris intermédiaire entre le noir et le blanc. On conçoit donc que certains peuples peuvent avoir des cheveux noirs, tandis que leur origine et l’ensemble de leurs caractères les rattachent davantage au type blond qu’à tout autre.
Une seconde loi exceptionnelle des croisements, c’est que leurs produits n’ont pas la fixité que l’on remarque dans ceux des races pures ou d’espèces bien établies; il parait, au contraire, qu’ils présentent beaucoup de variations : les uns se rapprochant plus du père, tandis que les autres se rapprochent plus de la mère. Qui ne sait, par exemple , que les produits de l’union d’un chien noir et d’un chien blanc ne seront pas constamment des petits tachetés de noir et de blanc, mais qu’il pourra en venir de tout noirs et de tout blancs. On sait aussi que ces variations ne se bornent pas à une seule génération , mais se retrouvent au contraire dans les générations suivantes, et que deux chiens blancs pourront donner des petits de couleur noire, si, comme dans l’exemple que je viens de citer , ils descendent d’un chien noir.
EN GÉNÉRAL
fétichisme ou idolâtrie proprement dite, etc. M. Balbi évaluait, en 4 82G, le nombre
On a cru voir dans ces variations une tendance chez les hybrides à retourner vers l’un des types primitifs, et l’on en a conclu que la nature ne se prêtait pas à créer de nouvelles modifications permanentes par le moyen des croisements. Je suis loin de prétendre qu’il n’y ait pas dans la nature une certaine répugnance à la formation de nouveaux types permanents, mais je crois que l’on s’est trop pressé de dire que cette formation n’a pas lieu , et je pense (pie les variations dont il s’agit ne sont que des oscillations et non pas les effets d’une marche uniforme vers le retour à un type. En effet, nous voyons parmi les animaux domestiques des races obtenues par voie de croisement qui sont devenues assez fixes, et il y a lieu, ainsi qu’on le verra ci-après, de considérer certains peuples comme des résultats de croisements qui se maintiennent depuis plusieurs siècles avec assez de constance. Les faits que l’on invoque en faveur de l’opinion contraire peuvent, à défaut d’observations suivies, s’expliquer tout aussi bien, soit par le système des oscillations, si communes dans tous les phénomènes de la nature, soit par l’intervention de quelque cause qui, tendant continuellement à augmenter la prépondérance de l’un des éléments, finit par ramener à l’un des types
des sectateurs de ces diverses religions de la manière suivante :
Christianisme . 262,000,006
Islamisme. ....... 96,000,000
Bouddhisme . 170,000,000
Brahmanisme. ..... 60,000,000
Autres religions .... 151,000,000
originaires, sans enfreindre la loi générale du partage arithmétique. C’est ainsi, par exemple, que l’on voit dans les colonies européennes les mulâtres libres qui ont acquis (le la fortune tendre à se blanchir par leur alliance avec des femmes plus blanches qu’eux; tandis que les mulâtres esclaves sont généralement forcés de se noircir , parce qu’ils ne peuvent trouver que des femmes plus noires qu’eux.
On voit par ce qui précède que si l’action des causes extérieures, telle qu’elle s’exerce actuellement, ne peut produire les modifications que l’on observe dans le genre humain, ces modifications s’expliquent aisément dès que l’on admet l’existence de quelques types qui se seront unis les uns avec les autres. On voit également quels sont les motifs qui me portent à dire que les seuls caractères naturels peuvent indiquer d’une manière certaine les véritables rapports des peuples , puisque le langage et le
ES GENERAL
Il est a remarquer à cet égard que le christianisme est généralement professé par le rameau européen, c’est-à-dire par les peuples les plus blancs de la race blanche, lesquels sont en même temps à la tête de la civilisation moderne, et que cette religion n’a jamais pu s’établir d’une manière bien
nom d’un peuple peuvent changer, sans qu’il y ait de changements réels dans ce peuple, tandis que les caractères naturels ne peuvent changer sans qu’il n’y ait eu réellement un changement ; soit par un déplacement brusque; soit par le croisement de races différentes; soit enfin par l’intervention lente d’une race plus prolifique qui se sera introduite , d’une manière insensible , au milieu d’une race moins féconde, laquelle aura fini par disparaître.
Du reste, si j’insiste ici sur le rôle secondaire que les caractères linguistiques doivent jouer dans la classification du genre humain, ce n’est pas que je veuille contester l’utilité de ces renseignements, ni diminuer la confiance que l’on doit avoir dans les travaux des linguistes. Je veux seulement dire que l’on a eu tort de confondre deux sciences distinctes; car, quels que soient les secours que la linguistique prête à l’ethnographie, il n’en résulte pas