CHAPITRE Vil
DES HYBRIDES
Nous avons déjà eu l’occasion de faire
remarquer que plusieurs des peuples indiqués
ci-dessus , étaient probablement des hybrides , c’est-à-dire le résultat du mélange de races différentes; mais, indépendamment de ces mélanges, qui ont pris une certaine fixité et qui remontent à des temps plus ou moins reculés, il en est d’autres qui se font dans nos temps actuels, et qui donnent naissance à des individus qui ne forment pas encore des peuples particuliers, mais simplement des modifications ou des castes dans les sociétés oii ils se produisent. Ces individus étant sans cesse dans le cas de s’unir avec d’autres qui ne sont pas de la même catégorie , les variations se multiplient presque à l’infini, et, comme les lois ou le préjugé, surtout chez les blancs, frappent ordinairement de certaines restrictions (('Iles qui s’éloignent le
184 HYBRIDES
plus de la race dominante, on a imaginé une grande quantité de noms qui indiquent la proportion dans laquelle chaque race a concouru à la procréation des individus „ auxquels ils s’appliquent. Il serait trop long d’essayer de faire connaître ici toutes ces dénominations , qui varient selon les langues et les localités. Nous nous bornerons, en conséquence, à parler de quelques-unes de celles qui s’appliquent au premier degré de croisement, ce qui présente d’autant moins d’inconvénient que toutes les autres modifications sont en général fort peu tranchées, et que dès qu’un hybride s’unit avec un individu de race pure ou à peu près pure, on voit qüe les enfants tendent à se rapprocher de cette dernière de telle manière, quand il s’agit de races peu éloignées dans la série, que dès le premier ou le second de ces croisements, il n’y a déjà presque plus de différence avec l’une ou l’autre de ces racese Ces castes hybrides, qui sont plus généralement connues sous les dénominations
HYBRIDES
collectives de sang mêlé ou de gens de couleur , jouent surtout un rôle important dans F Amérique. L’une des plus nombreuses est celle résultant d’individus de la race blanche et de la race rouge, que l’on nomme métis . Celle provenant de blanc et de noir est appelée mulâtre, et celle provenant de l’union d’individus de race rouge et de race noire est ordinairement nommée zambo .
Les métis ont en général un caractère docile, et se rapprochent de la race blanche. Il paraît qu’ils varient selon les peuples auxquels ils appartiennent, car M. d’Orbigny rapporte que les métis provenant d’un Guaranien se rapprochent beaucoup plus des blancs que ceux provenant d’un Quiclma, et que, tandis qu’il faut plusieurs croisements pour ramener ceux-ci au type européen, ceux-là sont déjà presque blancs, et ont de beaux traits dès la première génération.
Les mulâtres forment une race très-forte, avec des passions violentes. Leur nombre est considérable dans fÀmérique.
HYBRIDES
Les zambos sont aussi très-vigoureux; ils ont le teint brun foncé : ils passent pour être très -cruels. On dit qu’ils forment quelques petites peuplades dans la Guyane et dans le pays des Mosquitos.
On parle rarement des hybrides résultant de Punion des races blanche et jaune, ce qui vient peut-être de ce que ces hybrides ont des caractères moins tranchés. On a remarqué en Sibérie qu’ils avaient plus de tendance à se rapprocher des formes de la race jaune que de celles de la race blanche.
Il est remarquable que, quoiqu’un grand nombre d’Européens habitent maintenant dans les mêmes contrées que les Àndamènes , on ne mentionne pas encore l’existence d’hybrides résultant de leur union. Cette circon-
stance est peut-être due à ce que la différence entre ces deux extrémités de la série humaine rend plus difficile la procréation des hybrides.
TABLEAUX I)E LA DIVISION DIJ GENRE HUMAIN EN RACES, RAMEAUX, FAMILLES ET PEUPLES, AVEC L’iNDICATION APPROXIMATIVE DE LA POPULATION. 1