‹ Des rapports conjugauxChapitre 4 sur 27 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

dans un monde aussi délicat qu'éclairé, et par les appréciations qu'en ont données les journaux scientifiques du temps.

Mais, depuis lors, il semble que les mœurs médicales soient devenues bien plus tolérantes; car on parle aujourd'hui des matières les plus scabreuses sans aucune retenue. On se complaît même à accentuer certains délails sur lesquels, jadis, on eût jeté un voile prudent. Bref, on se donne libre carrière et nul souci n'arrête plus la plume, là où dans ma jeunesse on eût tremblé de franchir les limites de la bienséance.

De là est née une httérature fangeuse qui, à mon avis, menace de déshonorer la médecine, si l'on n'y prend garde.

Je sais bien que la science a ses franchises, et qu'on peut se permettre quelques hardiesses de style, quand elles sont rigoureusement nécessaires. Mais les peintures obscènes sont sans excuse, parce qu'elles sont toujours sans utilité.

Aussi, je me reprocherais toute ma vie

HRÉFACE

d'avoir provoqué, par mon initiative, tant d'œuvres malsaines, si, à côté d'elles, ne s'étaient produits des travaux sérieux, profitables, et d'une incontestable valeur, qui resteront, alors que les autres n'auront qu'une durée éphémère.

Tous ceux qui se sont occupés de ce livre, soit dans la presse, soit dans les ouvrages où sont étudiées les mêmes questions, tous se sont plu à rendre justice à mes intentions ; et si. parfois, il m'a été adressé quelques critiques, ce n'a été qu'à propos du problème d'économie politique, auquel je n'ai fait que toucher superficiellement, sans avoir la prétention de lui donner une solution définitive.

En somme, je puis dire que ce livre a joui d'une fortune exceptionnelle.

J'ai fait à mon précédent travail de nombreuses additions, en même temps que j'en ai complètement modifié le plan; et tel qu'il est actuellement, j'aurais pu le présenter comme une œuvre nouvelle, en lui donnant un titre plus général el plus en harmonie

VIII PUÉFAGE

avec la diversité des matières qui y sont traitées. Mais il m'a semblé plus convenable de laisseràce livre lecaractère d'une cinquième édition, avec son titre primitif.

Dans le principe je n'avais qu'un seul but : celui de traiter le point de vue qui se rattache au problème de la population. Ce n'a été qu'incidemment, en quelque sorte, que j'ai touché à d'autres considérations, en apparence étrangères à mon sujet, mais qui, en réalité, s'y rapportaient plus ou moins immédiatement, et ne pouvaient être éludées, sans dommage pour l'ensemble de mon plan.

Mais, depuis, je me suis im[)Osé une tâche nouvelle. J'ai voulu étudier le mariage dans son essence, c'est-à-dire dans son but; toucher à la question du divorce; démontrer le danger des unions répétées entre les mêmes familles; examiner l'hérédité morbide au point de vue de certaines alliances, et éveiller l'at tention publique sur les conséquences fâcheuses des mariages, si fréquents de notre temps, entre vieillards et jeunes filles; eniin

PKÉFACK IX

j'ai cru ne pas faire un hors-d'œuvre, en esquissant, aussi siiccinctcmentque possible, la physiologie spéciale de la femme, et en déterminant le rôle que celle-ci est appelée à remplir dans la civilisation moderne, après avoir exposé les phases successives de sa condition dans les sociétés anciennes.

Mon premier projet, ai-jedit, plus haut, se bornait à élucider, à l'occasion des rapports entre époux, un point particulier du problème de la population, non en économiste mais en médecin, et en m'appuyant sur des faits, en grand nombre, qui avaient passé sous mes yeux. Je veux parler de Vonanisme conjugal, qui fait tant de ravages, et qui est si répandu, do nos jours, à tous les degrés de l'échelle sociale, qu'on peut le considérer comme une calamité publique. Il fallait prouver que les pratiques en question détermi • nent de gravesmaladies et sèment le désordre dans les ménages. C'est cette tâche que j'ai voulu remplir.

Mais, bientôt, je me suis trouvé entraîné,

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