‹ Des Rapports de l'Endométrite Avec La Grossesse et L'AccouchementChapitre 6 sur 39 · DD P EE · texte numérisé non relu

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1° ENDOMÉTRITES DÉCIDUALES.

Il en existe plusieurs variétés. Avec MM. Tarnier et Budin, Charpentier ; avec Lusk, Veit (1) et Schrœder, nous indiquerons une série de formes dont la caractéristique dépend tantôt de la lésion anatomique principale, et tantôt de l'expression symptomatique la plus importante.

Telles sont les endométrites hyperplasique, polypeuse. kystique, catarrhale, hémorrhagique, purulente et mixte-

À. Endométrite hyperplasique ou diffuse. — Elle intéresse de préférence la caduque utérine. Elle estcaractérisée macroscopiquement par une hypertrophie dela membrane ; elle atteint quelquefois une épaisseur double de l’état normal et la lésion augmente à mesure qu’on se rapproche des bords du placenta. Elle est le plus souvent uniforme, donnant à la muqueuse l'aspect d’une surface égale et plane (Tarnier et Budin). — Quelquefois apparaissent de petits mamelons qui rentrent déjà dans la forme polypeuse de la maladie (Hofe). Dans quelques circonstances elle donne lieu à des adhérences anormales des membranes. C'est là l’endométrite adhésive de Braun.

Histologiquement, la lésion porte surtout sur la trame conjonctive (Tarnier et Budin). On trouve indépendamment d’une prolifération des grosses cellules de la caduque une infiltration notable des cellules embryonnaires. Ainsi s'explique le travail de sclérose qui aboutit parfois à la formation d’adhérences anormales. Dans les couches voisines du muscle utérin, on rencontre l'existence de fibres

() MuzLer, Handbuch, &. II, p. I.

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musculaires de nouvelle formation, qui ont envahi la muqueuse (Kaschewarowa) (1).

B. Endométrite polypeuse ou tübéreuse. — Nous avons vu plus haut que dans certaines endométrites hyperplasiques on trouve sur la caduque de petites saillies pouvant avoir la dimension d’un grain de millet (Hofe). C’est une transition vers la véritable endométrite polypeuse ou tubé- reuse. Celle-ci est caractérisée par l'existence de saillies plus ou moins irrégulières et inégales, développées aux dépens de la caduque, sessiles ou plus souvent pédiculées, et ayant l'aspect de véritables polypes. Elles peuvent avoir Jusqu'à 1 et 2 centimètres de haut. Ces inégalités sont très vasculaires, de sorte que la surface interne de l'utérus paraît couverte de coagulations sanguines (Spiegelberg, Schrœder). D'ailleurs ilse produit souvent des hémorrhagies véritables, si bien que d'habitude, Pœufest expulsé de bonne heure, en général vers le troisième ou le quatrième mois. |

Les excroissances polypiformes siègent de préférence sur les faces antérieure et postérieure de l’utérus ; celles qui sont sessiles ont la forme de plis, d’hémisphères, etc. ; elles sont, ou non, réunies les unes aux autres par de véritables ponts de même substance (C. Ruge).

Au microscope elles sont surtout constituées par de grosses cellules de caduque (Spiegelberg, Dohrn (2). Elles sont en outre très riches en vaisseaux sanguins.

Des modifications aussi importantes de la caduque retentissent sur l’œuf. Les villosités du chorion sont très

(1) KascHewarowa. Virchow’s. Archiv. Bd. XLIV, p. 1. (2) Doxrx, Monat. f. G.,t. XXXI, 1868, p. 375.

altérées ; l'embryon meurt et souvent même disparaît.

C. Endométrite kystique. — C’est encore sur des œufs très jeunes qu’on la rencontre le plus souvent. Elle est limitée à la caduque utérine. A la coupe, cette membrane présente de petits kystes, très nombreux, développés dans son épaisseur, et simulant même la dégénérescence vésiculaire (Tarnier et Budin). Leurs parois sont constituées par de la caduque épaissie ; leur contenu est de consistance colloïde. Ils sont nettement en rapport avec les cavités

glandulaires aux dépens desquelles ils ont pris naissance

(Léopold (1), Maslowsky (2), Breus (3).

D. Endométrite catarrhale ou muqueuse (Breus, Schræder). — Elle répond à ce que l’on désigne en clinique sous le nom d’2ydrorrhée déciduale.

C’est à dessein que nous rapprochons cette variété de l’endométrite kystique dont il vient d’être question. On remarquera, en effet, qu'au point de vue anatomo-pathologique, les ressemblances sont grandes entr’elles. Il nous semble indispensable de rapporter ici l'observation du docteur Buclos, et citée par MM. Tarnier et Budin.

Ogsgrvation IL. (Ducos, in thèse de Basser, et Tarnrer et Bupin).

Une fille de 24 ans, parvenue au 6° mois de sa quatrième grossesse, présente tous les signes cliniques de l’hydrorrhée déciduale, signes sur lesquels nous reviendrons. Trois semaines après, Duclos fut désigné pour faire l’autopsie médico-légale de cette femme qui s'était suicidée. A l'ouverture de l’utérus on trouva ce qui suit :

« Les membranes de l'œuf ne présentaient nulle D Ads trace

(1) Léorozp, Gesellschaft f. Geb. Leipsig, 1878. (2) Mascowsky, Centralblats f. Gyn. 1880, p. 352. (3) BREUS, Archiv. f. Gyn.t. XIX, p. 488.

SAC ET de rupture ni de cicatrice, leur intégrité était complète : l'adhérence du chorion et de l’amnios était partout intime. Le liquide contenu dans : l'œuf ne paraissait ni plus ni moins abondant qu'à l’état normal. Le fœtus offrait tous les caractères de son âge, mais entre la face interne PR de l'utérus et les membranes, on trouvait deux poches, situées sur les pa- RUE

rois latérales, à quelque distance l’une de l’autre. Elles étaient rem- j | plies d’un liquide transparent d’un jaune citrin, et de même consis- au tance que les eaux de l’amnios avec lesquelles il avait la plus grande MU L\L ph analogie. C'était évidemment un décollement partiel des membranes, et A le liquide que l’on trouvait était une exsudation de la paroi interne de à tros l'utérus, exhalation séreuse qu’on rencontre si souvent comme état pathologique dans d'autres cavités. On remarquait encore sur la face

interne de l'utérus une plaque de la largeur d'une soucoupe de 6 à 7

cent. de diamètre, et qui tranchait sur les points voisins par sa cou-

HE leur opaque et blanchâtre. Les membranes n’adhéraient pas en ce point ; LES il y avait une poche qui s'était affaissée, ne contenant plus qu’une légère couche de liquide sémblable à celui des deux autres, et qui pa- SH ; £ raissait être d’une exhalation récente. De cette poche vide, partait un é b #5 décollement de la largeur de 5 millim., qu’on pouvait suivre parfaite- AS : = ; ment à sa teinte opaque etblanchâtre, et qui arrivait jusqu’au col. Les k a S s eaux qu'avait perdues cette femme avaient été certainement renfermées d dans cette poche, et c'est par le décollement qui en partait, se prolongeant jusqu’au col, qu'elles s'étaient échappées ».

On à longuement discuté pour savoir d’où venait ce liquide. Il est classique aujourd’hui d'admettre qu’il provient

des parois utérines (Nœgelé, Geil). Mais pour les uns, ce sont les vaisseaux de ces parois qui les sécrètent (Chassinat, Depaul).

Pour les autres, au contraire, ce sont les glandes de la muqueuse. — Cette dernière opinion tend à prévaloir met aujourd’hui à l’étranger ; exprimée par Hegar (1) elle a été acceptée par Spiegelberg, Schræder, Conhsteim, etc., etc. — Pour ces auteurs, la production du liquide serait la

(1) HéGar. Monats. f. geb. 1863. I. XXII.

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