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Le sérum hypertonique a provoqué la formation d’une plaque rouge, de la surface d’une pièce de 1 franc, ayant les mêmes Caractères que la réaction au sérum antidiphtérique.
13 juin, — À droite, la réaction à la tuberculine est station-
naire, Celle due au sérum antitétanique a encore augmenté; ses
dimensions atteignent celles d’une pièce de 2 francs.
À gauche ; l’éruption artificielle due à l'injection de sérum
- antidiphtérique conserve les mêmes caractères.
Les réactionsobtenues par les solutions salines hyper-et hypoténiques sont en voie de disparition.
14 Juin. — Il ne persiste plus qu’une réaction locale légère au point d'injection du sérum antitétanique.
La réaction consécutive à l'injection de sérum antidiphtérique est très atténuée, l'élément réactionnel s’est affaissé, en outre les dimensions se sont réduites.
16 juin. — Les réactions sont terminées.
: Observation XXII (personnelle).
B... Marie, 22 ans, soignée pour végétations ano-vulvaires, présente un dermographisme très marqué.— Pas de tuberculose. On fait le 1er juin une injection de sérum antitétanique, une de sérum antidiphtérique, au niveau du bras droit.
À gauche, une injection de sérum salé hypotonique et une de sérum hypertonique.
2 juin. — Plaques érythémateuses au niveau des points d’injection des sérums antitétanique et antidiphtérique, pas d’infiltration au niveau des réactions.
Rougeurs localisées au niveau d'injection des solutions salées,
Crozet É
= (Ù 3 ruin. — Les réactions sont en voie de diminution au niveau
des points d’injection des sérums toxiques.
Plus rien aux autres points d'injection.
Observation XXIV (personnelle).
M. O0... Jules, 49 ans, soigné pour psoriasis. Présente également du dermographisme. Le malade est sujet aux éruptions urticariennes. Pas de signes bacillaires.
L'injection de tuberculine et de sérums antitétanique et antidiphtérique provoque l'apparition le lendemain d'éléments érythémateux, légèrement surélevés sur le reste de l’épiderme, non infiltrés.
Les réactions ainsi obtenues s’affaissent dès la journée qui
suit leur apparition.
Qbservation XXV (personnelle).
M. W... Paul, 18 ans. Soigné pour syphilis, chancre. Malade présente du dermographisme. Pas de lésions bacillaires décelables cliniquement.
10 juin. — On fait au niveau du bras droit une injection de tuberculine et de sérum antitétanique.
À gauche : une inoculation de sérum antidiphtérique.
11 juin. — Aux points d'injection à droite, on note la présence d’une petite plaque érythémateuse, de la dimension d’une pièce de cinquante centimes, sans infiltration.
A gauche, la réaction est plus accentuée, et présente un peu
d'infiltration.
AY de 12 juin, — Réactions stationnaires, sauf pour celle du sérum antitétanique qui est en voie de régression.
14 Juin. — On ne voit plus trace des éléments provoqués.
Observation XXVI (personnelle).
Ch... Léa, 19 ans. En traitement pour syphilis secondaire, malade prédisposée aux éruptions urticariennes. On fait comparativement une injection de tuberculine, une de sérum antitétanique, une de sérum antidiphtérique, une de solution saline hypotonique, une de solution saline hypertonique.
Le lendemain toutes les injections ont provoqué des réactions plus ou moins accentuées, les plus légères sont celles consecutives aux injections desolutions salines. Les réactions les plus vives qui sont celles au sérum antidiphtérique et sérum antitétanique se présentent sous forme d2 plaques érythémateuses, non infiltrées.
Vingt-quatre heures après, on ne voit plus qu'une petite papule au niveau de ces deux dernières réactions, il ne persiste
plus rien au niveau des autres.
Observation XXVII (personnelle).
C... Gaston, 17 ans. En traitement pour un chancre syphilitique. Le malade, qui ne présente pas de signes de tuberculose, est nerveux; et le frottement sur le tégument provoque des éléments dermographiques très développés.
8 juin. — On fait au niveau du bras droit une injection de tuberculine et une de sérum antitétanique.
A gauche une injection de sérum antidiphtérique.
9 juin. — On note à droite: au niveau de l'injection de la tuberculine une papule de 0 cm. 5, avec zone irritative périphérique. L’ensemble, qui n’est pas infiltré, a les dimensions d’une pièce de 50 centimes. La réaction consécutive à l’injection de sérum antitétanique est plus accentuée, les dimensions de la plaque érythémateuse sont celles d’une pièce de 2 francs. Le tout est soulevé, légèrement infiltré.
A droite, réaction plus vive encore. Placard érythémateux de 3 centimètres de diamètre, de coloration rouge vif. Infiltration un peu prononcée.
10 juin. — La réaction tuberculinique est en voie de régression, il ne persiste plus qu’une petite papule, sans réaction périphérique.
La réaction consécutive au sérum antitétanique persiste tou- Jours, mais elle est également en voie de régression.
A gauche, la plaque érythémateuse s’est, elle aussi, affaissée : les dimensions n’atteignent plus que celles d’une pièce de 1 franc.
11 juin, — Au niveau du bras droit, on ne voit plus qu’une légère tache au lieu d'injection de la tuberculine ; petite papule au point de l’injection du sérum antitétanique.
A gauche, réaction également en voie de régression.
12 juin. — Il ne persiste plus rien au bras droit.
À gauche, il n’y a plus qu’une petite papule.
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LES RÉACTIONS CUTANÉES AUX INJECTIONS INTRA- DERMIQUES DANS L'ÉRYTHÈME NOUEUX
Dans le chapitre précédent nous nous sommes occupé des érythèmes en général, mais, ainsi que nous l’avons déjà signalé à plusieurs reprises, il est une dermatose de la série des érythèmes dans laquelle les réactions à la tuberculine sont bien différentes de celles que nous venons d'étudier: il s’agit de l’érythème noueux. |
Nous avons vu quesuivant la remarque de M. le professeur A. Chauffard, la réaction de M. Mantoux présentait une analogie frappante avec l'élément typique de l’érythème noueux. Nous avons vu également que M.le professeur Chauffard et M. J. Troisier ont obtenu chez un sujet atteint de cette affection une réaction typique avec la tuberculine.
Il y a lieu de revenir sur cette affection par les particularités qu’y offrent les réactions cutanées à la tuberculine. Voici l’observation de ces auteurs et celles qui
ont été publiées à sa suite :
Observation XX VIII
(M. le professeur Cuaurrarp et J. Trorster. Bullet. et Mém. de la Soc. Méd. des Hôpit. de Paris, 21 janvier 1909.)
L... Juliette, âgée de 18 ans, entre à l'hôpital Cochin le 27 décembre 1908, pour érythème noueux caractéristique. C’est une jeune fille d'aspect délicat, qui un an auparavant a eu une bronchite avec laryngite ; depuis l’âge de 12 ans, en outre elle s’essouffle et tousse fréquemment.
Depuis trois semaines environ, elle a été prise de douleurs diffuses, surtout aux membres inférieurs, d’inappétence et, semble-t-il, d’un léger mouvement fébrile. Puis apparaît l’éruption pour laquelle elle entre à l'hôpital.
Celle-ci est typique et constituée par une série de nodules localisés dans les régions prétibiales ou précubitales ;leur coloration est d’un rouge plus ou moins vif ou violacé suivant leur degré d'ancienneté ; ils font une légère saillie et infiltrent le derme et l'hypoderme ; isolés ou confluents en nappe, leur diamètre est d'environ 3 à 4 centimètres.
L’examen organique de la malade montre, en outre, deux lésions : l’une occupe le sommet du poumon droit et se décèle par une submatité èn avant et en arrière, avec respiration rude et lasse en avant, respiration soufflante et bronchophonie en arrière. C'est à n’en pas douter, un foyer ancien de sclérose bacillaire du sommet.
D'autre part, au niveau du deuxième espace intercostal gauche, la main perçoit un frémissement cataire systolique, et l’auscultation fait entendre un souffle systolique assez superfi-
ciel et assez rude, se propageant en haut et à gauche vers la cla-
LENS j'a
vicule et suivi d’un éclat diastolique gauche très net. Le volume du cœur paraît normal, et il en est de même pour les orifice, mitral et aortique. La tension artérielle est normale; 12 au sphygmosignal de Vaquez. Il n'existe ni cyanose, ni déformation des extrémités digitales.
D’après ces signes, on porte le diagnostic de rétrécissement de l'artère pulmonaire.
L'intradermoréaction de Mantoux est recherchée trois fois le 28 et le 29 décembre et le 6 janvier, aux deux bras et au-dessus d’une rotule, toujours en un point éloigné de tout nodule érythémateux.
Chaque fois la réaction est positive et provoque en vingt-quatre heures l'apparition locale d’une tache érythémateuse qui très rapidement devient un noyau infiltré, indolent, rose vif d’abord, puis violacé et de teinte progressivement ecchymotique à la fin de son évolution.
Par sa morphologie, partous ses caractères objectifs, la lésion ainsi produite est identique aux nodosités érythémateuses spontanées ; n’était la trace de la petite piqûre, on ne pourrait faire le diagnostic différentiel des deux processus.
Comme contre-épreuve, on injecte de même une goutte de so-
lution saline physiologique, le résultat est négatif.
D'autre part, M. le professeur Chauffard et J. Troisier avaient injecté chez la malade, dans la région du bras, trois gouttes de toxine typhique diluée ; et ils n’obtinrent qu’une très légère rougeur loc alisée de la
peau sans aucune réaction nodulaire.