‹ Des résultats dans les différents traitements des épithéliomas cutanés de la faceChapitre 49 sur 59 · L... (Catherine), jardinière, 78 ans; octobre · texte numérisé non relu

L... (Catherine), jardinière, 78 ans; octobre

Présence, au niveau de la joue gauche, de deux épithéliomas cutanés :

— l’un, situé près de l'aile du nez, à forme végétante, de la grosseur d'une noisette, de nature baso-cellulaire;

— J'autre, de la région zygomatique, ulcéro-bourgeonnant, de

l'étendue d’une pièce de 10 francs et de nature spino-cellulaire. Diathermo-coagulation des deux lésions (19 octobre 1932).

Radiumthérapie complémentaire de la plaie zygomatique (26 octobre 1932). — Pose d’un appareil moulé contenant 10 lubes de 10 mg. : durée totale de l'application, 60 heures.

Octobre 1933 : Guérison clinique complète des lésions traitées.

Novembre 1935 : Guérison clinique persistante de la lésion zygomatique.

Récidive au niveau de la lésion naso-jugale par une petite croûte qui se reproduit constamment.

Apparilion de lésions épithéliomateuses au niveau de la joue droite.

Novembre 1936 : Guérison clinique parfaite de la lésion zygomatique; cicatrice allongée, légèrement rosée et très souple. ‘

Récidive au niveau de la lésion naso-jugale sous forme d’une petite croûte allongée de la taille d’un grain de blé.

Les lésions épithéliomateuses de la joue droite se sont étendues, nécessitant un traitement radiothérapique.

Intérêt de l'observation : Guérison clinique d’un cancroïde de la taille d'une pièce de 10 francs, de nature spino-cellulaire, par l'association diathermo-coagulation-radiothérapie.

Récidive d'une lésion végétante de nature baso-cellulaire, traitée par diathermo-coagulation.

Fréquence des lésions cutanées néoplasiques du visage.

es

OBsERvATION XXXIX.

EF... (Martial), eullivateur, 65 ans; décembre 1932.

Epithélioma végétant de la joue droite de la taille d'une noiselte.

Début remontant à 5 mois environ par une petite nodosité.

Éiopsie indiquant la nature baso-cellulaire de Ja lésion (Prof. Sabrazès).

Diathermo-coagulation (31 décembre 1932).

En janvier 1935, revient dans le service pour une grosse adénopathie sous-maxillaire droite, de la taille d’une petite mandarine adhérente au maxillaire.

En février 1935, après avoir fait soigner la denture, en mauvais état, le Professeur Chavannaz pratique sous anesthésie générale à l'éther un curage ganglionnaire cervical : sous-mental, puis sousmaxillaire droit, nécessitant la séparation de la tumeur du maxillaire dont on rugine la partie adhérente; enfin, carotidien, qui oblige à pratiquer en partie l’exérèse de la jugulaire interne, L’examen analomo-pathologique des ganglions sous-maxillaires et carotidiens indique l’envahissement d’un épithélioma cutané de nature baso-cellulaire (Prof. Sabrazès).

En mai 1935, l'intervention ayant montré la nécessité d’un traitement radiothérapique associé, on pratique 10 séances de radiothérapie complémentaire, tous les jours suivant le protocole : Tension constante, 200 kV.; filtration, À mm. Cu + 1 mm. Al.; intensité, 4 mA.; distance, 40 em. Champ cervico-carotidien.

Récidive locale ganglionnaire quelques mois après et exitus en janvier 1936.

Intérêt de Fobservation : Récidive ganglionnaire d'un épithélioma. baso-cellulaire guéri localement par la diathermo-coagu-

lation.

OBsERVATION XL.

B... (Germain), cultivateur, 51 ans; mars 1933.

Croûte néoplasique de la partie inférieure du sillon naso-génien

gauche, de l'étendue d’une pièce de 50 centimes,

Début remontant à # ans environ, par une petite nodosité blessée par le rasoir.

Diathermo-oagulation (mars 1933).

Avril 1933 : Lésion en réaction.

Mai 1933 : Guérison clinique apparente.

Mais 1933 : Récidive locale par une petite lésion croûteuse qui saigne et s'étend assez rapidement.

Deuxième diathermo-coagulation (mai 1935).

Juillet 1935 : Guérison clinique; cicatrice un peu rétractile.

Décembre 1935 : Guérison clinique persistante.

Octobre 1936 : Cicatrice allongée, un peu rétractile; souple, sauf à la partie supérieure, où il y à un petit nodule intradermique, à surveiller, Pas d'adénopathie.

Intérêt: Etiologie traumatique de l’épithélioma. Récidive locale

après diathermo-coagulation.

Dans les 10 cas étudiés, nous avons donc 6 succès, 4 échecs, ce qui donne une guérison de 60 p. 100.

4° Parmi les guérisons, nous trouvons des épithéliomas de toutes les formes cliniques, jusqu'à l'étendue d’une petite paume de main; l'examen histologique pratiqué dans 2 cas indique un baso et un spino-cellulaire. La cicatrice est rosée el esthétique, invisible pour les petites lésions. =

2° Dans les échecs

— Une mort par épithélioma térébrant ayant détruit le nez et le maxillaire supérieur, après une amélioration de quelques mois.

— Une récidive sous forme d’une petite croûte allongée, de la grosseur d'un grain de blé, facilement stérilisable par une nouvelle application diathermique.

— Une récidive ganglionnaire d’un épithélioma basocellulaire 2 ans après la coagulation de la lésion locale (obs. XXXIX); ce cas intéressant nous montre que si cela se produit très rarement, les épithéliomas baso-cellulaires peu-

vent envahir les voies lymphatiques et donner des métastases ganglionnaires,

ttes

La diathermo-coagulation est employée pour tous les épithéliomas depuis la petite nodosité jusqu'aux plus étendus adhérents au squelette (os ou cartilage).

Soins préopératoires. — Les plus petits, qu'ils soient ulcérés où non, ne demandent aucune préparation spéciale. Les plus grands, s'ils sont infectés, subissent un traitement antiseptique pendant quelques jours par des lavages journaliers au sérum et des pansements répétés au Dakin ou à l’eau oxygénée.

Anesthésie. — Pour les petites lésions, il est préférable de ne pas en faire; pour une personne pusillanime, on fait une anesthésie locale à l’allocaïne. Les épithéliomas étendus nécessitent une anesthésie générale : on utilise surtout l'évipan sodique.

Technique opératoire. — L'appareil utilisé est celui de Gaille-Gallot, à éclateurs, réglé pour la diathermo-coagulation : on applique fortement l’électrode à boule de Bordier, et on fait passer le courant jusqu'à la teinte blanc grisâtre; on enlève alors, à la compresse, l’escarre formée et on coagule ainsi à nouveau jusqu'à ce que, les tissus néoplasiques étant détruits, on pratique la dernière application en tissu sain.

Pour les épithéliomas étendus, on réalise d’abord un cercle de coagulation autour de la lésion; puis on détruit la tumeur, en allant jusqu'à l'os si cela est nécessaire.

Si on a alfaire à une tumeur végétante, on la sectionne, soit au bistouri électrique, soit à l’anse diathermique, puis on coagule largement la base.

Les soins postopératoires sont ceux d'une brûlure : Lavases biquotidiens au sérum physiologique et pansements à l'huile goménolée ou au tulle gras. On lutte facilement contre l’ædème qui se produit parlois avec intensité, autour de la partie coagulée, par des pansements humides.

La chute de l’escarre se fait en moyenne la troisième semaine : de À à 4 semaines, suivant l'étendue de la plaie.

re Ill. — Epithéliomas soignés par des traitements associés.

OgsEervarION XLI.

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