‹ Des résultats dans les différents traitements des épithéliomas cutanés de la faceChapitre 8 sur 59 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le Professeur Wangermez nous à rapporté le cas d’un malade qui avait soigné et guéri par du jus de figue, suivant les remèdes de « bonnes femmes », une petite nodosité épithéliomateuse de la joue... Des traités classiques, de nombreux travaux signalent et admettent les régressions et les guérisons spontanées des cancers cutanés. Citons parmi les premiers, ceux de Ménétrier, de Roussy; parmi les seconds, la très intéressante communication de A. Touraine et R. Duperrat sur la « Guérison spontanée ou médicale de quelques cas de cancers cutanés » (Bulletin de la Société française de dermatologie et de syphiligraphie, déc. 1935, D ile)

Dans le service du Professeur Bégouin nous avons vu une malade dont voici Fobservation :

Mme G... (Aurélie), couturière, 78 ans, La Teste (Gironde).

Entre à l'hôpital le 26 juin 1936 pour traitement radiothérapique d'un épithélioma de la joue gauche; à ce niveau, elle présente deux vastes placards mamelonnés, ulcérés et sanieux, lun dans la région nasogénienne, l’autre dans la région angulo-maxillaire; les ganglions sous-maxillaires et carotidiens sont envahis; la biopsie pratiquée indique la nature baso-cellulaire de l'épithélioma. Le début

remonte à un an et demi environ par un «petit bouton », au niveau

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de la partie interne de la joue gauche; son médecin lui ordonne alors des attouchements quotidiens avec une solution d’arsenie : ce qu'elle fil pendant un mois environ. Mais le « bouton » avait fait place à plusieurs petite$ Tumeurs pour lesquelles le médecin

consulté à nouveau lenvoya à un radiothérapeute de Ta région, qui

F16. 1. — Epithélioma cutané baso-cellulaire ayant envahi les ganglions sous-maxillaires et carotidiens.

fit Sept applications de rayons X, à raison d'une tous les quinze jours environ, à des doses que nous n'avons pu connaître. Au mois d'avril, on crut à la guérison : tout avait disparu, laissant une plaque blanchâtre et rugueuse. Mais un mois plus tard (avril) survenait une véritable efilorescence de « boutons » dans l'angle naso-jugal et la région angulo-maxillaire (fig. n° 1).

En présence de ces lésions étendues, le chirurgien ne peut pas intervenir, surtout chez cette femme âgée et alffaiblie; la radio-immunisation, l'extension de l'épithélioma, désarment le radiothérapeute : la malade est donc abandonnée à son sort, pour lequel on ne peut qu'essayer d'adoucir la marche inexorable par de petits soins et des calmants. (Cette malade à lait l'objet d’une communication du Professeur Bégouin à la Société de médecine et de chirurgie de Bordeaux, séance du 3 juillet 1936.) Ni les caustiques chimiques, ni la radiothérapie, n'ont eu raison de cet épithélioma cutané, qui semble, après chaque traitement, avoir évolué de plus belle. Le premier malade, au contraire, par un remède empirique, à détruit facilement la petite lésion qu'il présentait. Est-ce à dire que nous ne pouvons rien contre certains épithéliomas cutanés ? Heureusement aujourd'hui nous sommes bien armés contre eux; mais ces armes que nous possédons sont à double tranchant : bien maniées, elles apportent le succès, mais entre des mains ignorantes et inexpérimentées, elles sont nuisibles en irritant le cancer, dont elles précipitent parlois la marche. Le « Noli me tangere » des anciens auteurs à disparu; grâce à une meilleure connaissance du processus cancéreux, et surtout à la multiplication et au perfectionnement des moyens thérapeutiques, la majorité des épithéliomas cutanés guérissent si on les traite à temps et convenablement par un procédé approprié.

Nous allons donc étudier :

Dans un premier chapitre, les conditions cliniques sous lesquelles se présentent les épithéliomas cutanés.

Puis nous tracerons une esquisse rapide de l'historique et des résultats des différents traitements successivement utilisés;

Dans un troisième chapitre, nous présenterons quelques observations recueillies à la Fondation Bergonié (Centre anticancéreux de Bordeaux et du Sud-Ouest), au Service d'électroradiologie du Professeur Réchou et dans le Service de cli-

nique chirurgicale du Professeur Bégouin,;

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