‹ Des roches considerees mineralogiquementChapitre 10 sur 18 · ROCHES CALCAREUSES. AS · texte numérisé non relu

ROCHES CALCAREUSES. AS

^^ Le cALGAtRE SAGGHAROÏDE a le même gisement que le calcaire lamellaire; il prend aussi un beau poli , et lorsqu'il est de couleur blanche, on le considère de même comme marbre statuaire ^ parce qu'il est très propre à faire des statues : tel est le marbre de Carrare. D'autres fois le calcaire saccharoide est d'un gris bleuâtre nuancé, et alors on l'appelle marbre bleu turquin,

3** Le CALCAIRE COMPACTE cst uuc dcs roches les plus abondantes de la nature, qui se trouve dans presque tous les terrains tertiaires, ammonéens et hémilysiens, et qui fournit une grande quantité de matériaux de construction et des marbres de diverses nuances. Il passe souvent au calcaire schistcïde et à d'autres variétés de texture.

i"" La CRAIE est un calcaire écrivant, d'une texture grenue passant à la texture compacte, plus ou moins friable et de couleur blanche. On considère quelque fois comme craie des substances grises, vertes et noirâtres , mais ces variétés appartiennent en général aux roches mélangées dont nous parlerons sous le nom de marne et de glauconie. La craie est assez abondante dans la nature, mais il paraît que jusqu'à présent on ne l'a encore observée que dans le groupe de terrain ammonéen, que, pour cette raison , nous avons nommé crétacé. La craie sert comme pierre à bâtir lorsqu'elle n'est pas trop friable ; on l'emploie aussi comme crayon pour tracer des traits ; on en fait usage pour les peintures grossières; certaines variétés friables sont recherchées pour l'amendement des terres et confondues avec la marne par les cultivateurs.

^4 ROCHES CALC^REUSES.

5" Le TUPFEAU est un calcaire plus ou moins friable, d'une texture grenue passant à la texture grossière, non écrivant, ordinairement jaunâtre, quelquefois jaune verdâlre. Il se trouve fréquemment dans le terrain crétacé, maïs il n*est pas étranger non plus aux terrains tertiaires. On l'emploie comme pierre à bâtir, et pour l'amendement des terres.

6** Le CALCAIRE GROSSIER a uuc texture très variable qui passe en quelque manière de la texture compacte aux textures conglomérées; il est communément fort impur; sa couleur ordinaire est le jaunâtre, passant quelquefois au blanchâtre, au brunâtre et au verdâtre. Son gîte principal est dans le terrain tritonien de Paris. €'est une pierre très favorable pour Tarchitecture et qui a exercé une grande influence sur la beauté des monuments de Paris.

l"" Les marbriers italiens ont donné le nom de LUMACHELLE à uu calcairc presque entièrement composé de débris de coquilles, qui donne quelquefois des marbres remarquables par leurs reflets nacrés; et quoique ce calcaire ne soit qu'un accident dans ce. qu'on appelle aussi calcaire coquillier, calcaire madré^ porique, calcaire pseudomorphique , qui ne sont euxmêmes que des accidents qui se reproduisent dans la plupart des autres variétés, nous avons cru devoir citer ici la lumachelle, parce que c'est une dénomination dont on se sert souvent dans les descriptions géognostiques. C'est dans les terrains ammonéens que cette variété parait le plus fréquente.

8° L'ooLiTE est un calcaire à texture oolitique, c'est-à-dire composée d'une agglomération de petils grains ou de petits noyaux de diverses grosseurs. On

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a donné le nom d'ooliie miliaire à celle qui est formée de parties de la grosseur d'un grain de millet. L'oolite est principalement abondante dans le terrain jurassique, que, pour cette raison, plusieurs géologues nomment terrain oolitique. On en fait d'exceU lentes pierres à bâtir ; les parties qui se trouvent au jour ont souvent beaucoup de tendance à se diviser en plaques, que, dans certaines contrées, on emploie à couvrir les toits.

9** La GARGNEULE, OU calcairc celluleux, se distingue par les petites cavités dont elle est plus ou moins criblée, ce qui ne rempêchepas d'être souvent fort tenace. Elle se trouve ordinairement dans le voisinage des roches plutoniennes ou dans les dépôts métamorphiques; elle passe souvent à la dolomie.

10'' La BRÈCHE, ou calcaire à texture bréchiforme,. n'est, en général, qu'un accident des autres calcaires, et se trouve à peu près dans tous les terrains. Elle paraît être quelquefois le résultat de la fracture d'un calcaire préexistant dont les fragments ont été ensuite réunis par une pâte ; mais il parait que le plus souvent sa texture provient du fendillement par retrait que les masses ont éprouvé, et du remplissage de ces fentes par des concrétions calcaires. Il y a des brèches dont on fait des marbres très estimés, telles sont celles de Villette-en-Taren taise, de Seravezza en Toscane, la brocatelle d' Espagne ^ etc.

H° Le GALGAIRE POUDINGIFORME CSt COmpOSé dC

parties qui sont ordinairement moins liées que celles delà brèche, et il se rencontre moins fréquemment ; il forme cependant quelquefois des dépôts considérables au pied des montagnes; tels sont ceux que l'on coa-

g6 KO€HES CALCA REUSES.

naît sous le nom de nagelfluh dans les A Ipes allemandes: IS"" Le Tup est un calcaire formé par voie de concrétion, dont la texture est très variée; tantôt il constitue des masses qui sont, en quelque manière, un assemblage de parties à texture strato*compacte , strato-grenue, strato-lamellaire, strato-celluleuse ; d'autres fois il se compose d'un assemblage de parties mamelonnées, fistuleuses, coralloïdes, globuleuses, plus ou moins adhérentes entre elles et plus ou moins celluleuses. D'autres fois il est presque entièrement terreux ou arénacé. Sa couleur est ordinairement le jaunâtre. Le tuf appartient principalement aux terrains modernes, et se forme encore dans plusieurs lieux par les matières que déposent certaines eaux. Le tuf donne quelquefois des matériaux de construction, qui sont d'autant plus recherchés qu'ils réunissent à beaucoup de solidité une légèreté et une grande aptitude à prendre le mortier qui résulte de leur texture eelluleuse. C'est à une modification du tuf, connue sous le nom de travertin^ et qui est presque compacte, quoique tubuleuse, que les monuments de Rome doivent leur magnificence.

\3^ Le calcaire charbonneux (^) est ainsi nommé parce qu'il renferme une certaine quantité de carbone

(*) Cette variété a été longtemps confondue avec le calcaire bituminifère. C'est M. Bouësnel qui a Gut connaître (/ouma^ des Minen^oxir 1810) que le marbre noir de Namur était coloré par de l'anthracite et non par du bitume. J'ai préféré l'épithète de charbonneux^ comme dj^oraination minéralogique , à celles d^anthraœifère et de carboni^ fère , parce que celles-ci sont généralement employées maintenant comme dénominations géognostiques.

Le ealp et le lucullitem^ semblent pouvoir être considérés comme appartenants au calcaire charbonneux.

Digitizecfby

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dans un état qui parait analogue à celui de Tanthracite, ce qui lui donne une couleur bleuâtre, passant au grisâtre et au noirâtre, et qui se perd par la calcination. Cette variété est surtout abondante dans le terrain anthraxifère, et fournit beaucoup de marbres ,^ soit noirs,^ soit noirs et blancs, spit gris, sok gris et blancs, gris et rouges, etc.

li*" Le GALCAiBE BLTUMiNiFÊRE cst imprégné dematières bitumineuses qui manifestent leur présence par l'odeur qui s'exhale, soit naturellement, soit par le frottement, soit par réchauffement. Le bitume donne souvent à cette variété une couleur noirâtre,, brunâtre ou grisâtre; d'autres fois elle est jaunâtre, verdâtre et même blauchâtre. On l'exploite quelquefois pour en retirer du bitume.

45® Le CALCAIRE FÉTIDE (pierre de porc, pierre puante) dégage par le frottement et par la percussion une odeur hépatique très prononcée, qui est probablement due à de l'acide sufhydrique. Cette variété se confond quelquefois avec les deux précédentes, en ce que celles-ci sont souvent fétides; mais comme il y a du calcaire fétide qui paraît ne pas contenir d'anthracite, ni de bitume, on doit l'admettre comme variété distincte.

46° Le CALCAIRE ARGILEUX cst mélangé de matières argileuses qui se déposent au fond du vase lorsqu'on le fait dissoudre dans un acide. 11 parait que l'on peut ranger dans cette variété les substances que l'on appelle pierres à chaux hydraulique, parce qu'elles donnent une chaux très favorable pour les constructions hydrauliques.

47° Le CALCAIRE SILICEUX cst mélangé de silex, qui

88 ROCHES CALCAREIJ$£S.

s'unit souvent très intimement avec le calcaire, et le rend tellement dur et tenace, qu'il fait feu sous le briquet. Ce, calcaire est souvent compacte, luisant, de couleur blanche ou grise; quelquefois on voit le passage de ce calcaire au silex, et l'on distingue à la vue simple leur enchevêtrement; mais d'autres fois le silex est tout à fait invisible et ne se reconnaît que par une poudre insoluble qui demeure au fond du vase quand on le traite par l'acide nitrique; quelquefois le résidu siliceux présente une masse cariée analogue à certains silex meulières. Ce calcaire se trouve fréquemment dans le terrain nymphéen du bassin de Paris, notamment dans la Brie. On le recherche pour faire des pavés.

18*" On appelle ordinairement calcaire quarzifère celui qui contient des grains de quarz. C'est une variété qui n'a rien de constant, mais qui est très commune; la nature présentant, presque partout où il y a du calcaire, des passages de celui-ci aux roches quarzeuses , surtout au grès , au macigno et au psammite.

19** On peut aussi indiquer des calcaires felspa- THiQUE, MÉLANiQUE, PYRoxÉNiQUE^ c'est-à-difc renfermant des cristaux de felspath , de mélanite , de pyroxène, etc. (*)

•(*) Ces variétés forment l'espèce calciphyre de M. Brongniart, que je n'ai pas cru devoir conserver , parce que , s'appliquant à une composition indéterminée, elle est contraire à mes principes de classification , et ne présente aucun avantage pour les descriptions ; car on est obligé , pour indiquer les diverses variétés , de dire calciphyre felspathique y mélanique ou pyroxénique ^ dénominations qui ne sont pas plus courtes , et qui sont moins significatives que celles rappor-

ESPÈCE 2«. OULAUGOmS (*}.

Roche à base composée de calcaire et de chlorite.

Formant des couches et des amas» à texture souvent grenue, d'autres fois compacte , grossière ou arénacée.

Souvent friable ou meuble ; rarement tenace.

Couleur ordinairement verdâtre, passant au noirâtre, au jaunâtre ou au blanchâtre; pointillée de vert ou de noir.

La glauconie est souvent sableuse^ c'est-à-dire mélangée de grains de quarz , et elle passe alors au sable et au grès chlorite ou grès vert.

Cette roche se trouve à peu près dans tous les terrains où il y a du calcaire ; elle parait cependant être plus commune dans les terrains tertiaires et ammonéens que dans les autres groupes.

tées ci-dessus. D'un autre côté, il est à remarquer que le calcaire qui renferme ces minéraux appartenant à des variétés différentes de texture , cette circonstance s'exprime plus facilement dans ma nomenclature que dans Pautre; car on comprendra bien mieux ce que sifinifie calcaire saccharoïde feUpathique que calciphyre felspathique saccharotde; et cependant la texture du calcaire est souvent une circonstance plus importante dans l'histoire de ces roches que la nature des petits cristaux qui s'y trouvent disséminés.

(*) Je n'ai conservé l'espèce glaticonie que pour ne pas faire à la méthode de M. Brongniart un changement qui n'était pas absolument commandé par mon système de nomenclature ; mais cette espèce ne me paraît pas nécessaire , attendu que l'on peut dire tout aussi bien calcaire chloriié que glauconie ; cette manière de s'exprimer a même l'avantage de donner les moyens de mieux faire connaître l'ensemble de la roche : car les dénominations de calcaire compacte chlorite , de craie chloritée et de calcaire grossier chlorite , feront plus aisément comprendre de quoi il s'agit que celles de glauconie compacte , de glauconie grenue friable et de glauconie grossière.

90 ROCHBS CALC^REUSES.

ESPÈCE 5«. OIPOUM {*).

Roche à base phanérogène, composée de calcaire et de mica.

Formant des couches, des amas, peut-être des filons. Le calcaire a ordinairement la texture saccharoide, quelquefois compacte*, le mica forme souvent des veines ou des bandes minces, d'autres fois il esl disséminé dans la masse. L'ensemble de la roche esl fréquemment schistoîde, d'autres fois bréchiforme.

Le cipolin esi ordinairement blanc avec des veines grisâtres; d'autres fois il est grisâtre, etc.

Il appartient en général au terrain cristallophyllien ; il est souvent susceptible d'un beau poli et employé comme marbre, et même quelquefois comme marbre statuaire.

ESPÈCE 4«. OPHXGAI.GS.

Roche à base phanérogène, composée de calcaire dominant et de silicates magnésiques.

('*') Le nom de cipolino ou petit oignon est donné par les marbriers italiens à certains marbres traversés par des Teines de mica et de talc, dans lesquels on a cru voir de la ressemblance avec les enveloppes des oignons; mais ce nom ayant été introduit dans la science, et renfermant avec Tophicalce les mélanges phanérogènes du calcaire avec les matières micaciques et talciques, il convenait de limiter ces deux espèces de manière que Tune comprît les associations avec le mica et l^autre celles avec les silicates magnésiques. Or, la dénomination d*ophicak$ étant créée pour indiquer ces dernières , il était nécessaire . de restreindre le cipolin aux premières , ce qui est cause qu'une partie des cipolini des marbriers pourrait bien ne plus appartenir à Tespèce cipolin telle qu'elle est définie ci-dessus.

ROCHES CÀLGAREUSES. 91

Formant des couches, des amas, peut-être des filons à texture saccharoïde , compacte, bréchiforme, quelquefois les matières talciques forment des espèces de réseaux qui enveloppent des noyaux calcaires très rapprochés les uns des autres.

La couleur des matières talciques est souvent verdâtre, et celle du calcaire, blanche; quelquefois celui-ci est rougeâtre.

L'ophicalce se confond, d'un coté, avec le calcaire, et de l'autre, avec les stéaschistes et tes ophiolites.

Elle appartient en général au terrain cristallophyllien^ et est ordinairement subordonnée dans les stéaschistes , peut-être dans les ophiolites. Elle donne des marbres estimés^ tels sont le vert antique, le marbre çampan, le polzevera, le serancolin, etc.

ESPÈCE 5«. BOXiOB

[Calcaire magnésien , dolomit.)

Roche .à base composée de carbonates calcique et magnésique, mais où ces deux combinaisons sont souvent unies en proportions variables, de sorte qu'elle est plus communément un mélange de dolomie, de calcaire et de giobertile, qu'une dolomie minéralogique proprement dite. Se dissolvant lentement et souvent sans effervescence dans l'acide nitrique, solution précipitant par i'oxalate ammonique, puis par la potasse , même après avoir été traitée par un sulflhydrate.

Formant des couches, des amas et des filons, à texture compacte, saccharoïde, lamellaire, grenue, celluleuse, arénacée et terreuse.

92 ROCHES GALCARBUSBS.

Pesant de 2.859 à 2.878. Rayant le calcaire; consistance variant de Tétat tenace à l'état meuble.

Couleur souvent grise, d'autres fois jaunâtre, blanche, bleuâtre, noirâtre. Ses massifs présentent quelquefois un aspect bouleversé et des formes déchiquetées qui rappellent le terrain porphyrique.

La dolomie est très répandue dans la nature et parait se trouver dans. tous les terrains, surtout dans les terrains métamorphiques ; elle est rare dans les terrains tertiaires. On l'emploie pour la bâtisse ; les variétés tenaces sont recherchées pour faire des pavés, et quelques variétés meubles sont employées à l'amendement des terres.

2« GENRE. — ROCHES GIOBERTIQUES.

ESPÈCE UNIQUE. GZOBSHTITS.

{Magnésie carbonatée^ baudisséritey brennerite,)

Roche composée de carbonate magnésique, souvent mélangé de magnésite et d'autres silicates de magnésie. Soluble lentement à froid avec peu d'effervescence dans l'acide nitrique. Solution précipitant peu ou point par l'oxalate ammonique, mais par la potasse, même après avoir été traitée par un sulfliydrate.

Formant des filons à texture lamelleuse, compacte et terreuse.

Pesant de 2.56 à 2.58; rayant le calcaire. Couleur ordinairement blanche.

La giobertite se trouve dans des roches magnésiennes, surtout dans des ophiolites, notamment à Baldissero et à Caslellamonte en Piémont où elle est accompagnée de magnésite, à Baumgarten en Silésie,

ROCHES GiOBERTIQUES. 93

à Hrubschîtz en Moravie, etc. Celle de Piémont est employée à la fabrication de la porcelaine.

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