ESPÈCE 2«. GNEISS
(Granité veiné de Saussure, gneiss ou gneus des auteurs, en excluant les variétés où le felspath est beaucoup plus abondant que le mica.)
Roche à base phanérogène composée de mica dominant et de felspath laminaire ou grenu.
Formant des couches, des amas, des filons à texture ordinairement schisto-granitoïde , quelquefois schisto-porphyroïde, d'autres fois, mais rarement, simplement granitoïde ; car, quoique la texture schistoïde soit assez généralement considérée comme un des caractères distinclifs du gneiss, on est obligé de laisser dans cette espèce des matières qui n'ont pas cette texture, mais qui ont la composition du gneiss.
La couleur du mica est fréquemment grise, quelquefois brune ou noire, tandis que le felspath est souvent blanc-, ce qui est cause que le gneiss est ordinairement gris. Quelquefois le felspath est rougeâlre.
Le gneiss passe au felspath micacé ou au leptynile micacé quand le mica cesse d'être dominant. Il n n-
ROCHES MICACIQUES. 65
ferme souvent du quarz , et ce gneiss quarzeux passé au micaschite dès que le quarz devient plus abondant que le feispath , et au granité dès que le mica cesse d'être dominant.
Le gneiss renferme une grande quantité de minéraux^ soit métalloïdes, soit métalliques. C'est une roche abondante dans la nature, qui forme un des systèmes les plus puissants du terrain cristallophyllien.
8e GENRE. — ROCHES CHLORITIQUES.
ESPÈCE UNIQUE. CHIiOaiTE (*).
(Chloritschiefer ^ chloritoschiste ^ chloriteslate.)
Roche à base d'apparence simple qui parait être un mélange de divers silicates où domine le silicate de fer.
Formant des couches, des amas, des filons à texture ordinairement schistoîde, de couleur généralement verdâtre, quelquefois noirâtre.
Renfermant souvent de Taimant, du talc, du mica, du quarz, delà hornblende, du grenat, etc., et passant au stéaschiste, au micaschiste, etc.
La chlorite schistoîde appartient principalement au terrain cristallophyllien. Elle est très abondante dans l'Oural, dans le département de la Vendée, etc.
(*) Quoique le nom de chlorite figure dans la série des minéraux , je ne considère pas cette substance comme une espèce assez bien déterminée pour qu'il soit nécessaire d'employer un nom particulier pour désigner les roches où elle domine ; mais si on reconnaissait un jour la convenance de cette distinction , on pourrait employer le nom de chloritoschiste , proposé dans ces derniers temps par M. Rivière.
66 ROCHES TALGIQUBS.
9* GENRE. - ROCHES TALCIQUES.
Nous employons ici la dénomination de roches tah ciques comme se rapportant, non pas à l'espèce talc en particulier, mais à un groupe de silicates de magnésie, composé des espèces talc, stéatitej magné^ site , serpentine et marmolite^ telles qu'elles ont été définies par M. Beudant. Peut-être que ces cinq minéraux ont tous le droit d'être comptés au nombre des roches; cependant il parait que les grandes masses décrites sous les noms de talc, de sléatite et de serpentine sont toujours des mélanges de divers silicates de magnésie, et n'appartiennent jamais uniquement à une espèce minérale à proportion définie ; de sorte qu'elles rentreraient dans les espèces de roches mélangées pour lesquelles M. Brongniart a créé les noms d'ophiolite et de sléaschiste.
ESPÈCE 1«. MAOWÉsms.
(Ecume de mer , magnésie rarbonatée silicifère.)
Roche à base simple , composée de silicate magné sique et d'eau, mais presque toujours mélangée de matières étrangères, notamment de carbonate magnésique.
Formant des rognons, des veines, des amas et des bancs à texture ordinairement grenue ou terreuse, quelquefois compacte ou schistoïde,
Assez tendre, rude au toucher; opaque, ou faible-
ROCHES TALCIQUES. 67
ment translucide; aspect terne; couleur blanche tirant sur le jaunâtre et le grisâtre.
La magnésite se trouve dans les ophiolites^ dans les stéaschistes, dans le calcaire nyinphéen, etc. On l'emploie à faire des poteries, et la variété dite Écume de mer^ qui vient d'Orient, est recherchée pour faire des pipes.
ESPÈCE 2^ OFBZOIATB (*).
{Serpentine de la plupart des géologues.)
Roche à base composée de divers silicates magnésiques et à texture non schistoïde.
Formant des filons, des amas, peut-être des masses non stratifiées et des couches à texture ordinairement
(*) Les espèces ophiolite et stéaschiste de M, Brongniart, se rapportant à des compositions indéterminées , sont du nombre de celles dont rétablissement est contraire à mes principes de classification; aussi m'étais-je refusé pendant longtemps à les admettre dans mon tableau. Mais à présent que les noms des cinq silicates magnésiques indiqués ci«dessus se rapportent à une composition déterminée et non à des modifications extérieures , et que cependant on n^est pas encore parvenu à faire rentrer dans Tune p/ulôt que dans l'autre de ces espèces la plupart des roches qui sont composées de ces espèces, ou que, pour mieux dire , on considère comme en étant principalement composées, il serait absolument impossible de nommer ces roches , si l'on n'adoptait pas provisoirement des dénominations plus vagues , qui concordassent avec quelques caractères perceptibles par nos sens. Or, c'est l'avantage que présentent les deux espèces ophiolite et stéaschiste, que l'on peut considérer comme réunissant toutes les roches à base de silicates magnésiques qui n'appartiennent pas exclusivement à une espèce minérale, et qui divisent ce groupe en deux coupes, l'une comprenant les matières à texture schistoïde, l'autre celles qui n'ont pas cette texture.
Du reste, on ne doit pas perdre de vue que je suis loin de dire que
4>8 ROCHES TALCIQLES.
grenue; d'autres fois compacte, lamellaire, granitoïde, porphyroïde ou bréchiforme.
Généralement tenace, mais tendre.
Couleurs : souvent d'un vert foncé, d'autres fois brunâtre, noirâtre, rougeâtre, jaunâtre ; ordinairement bigarrées, quelquefois unies.
Indépendamment des diverses substances qui entrent dans la composition intime de la base des ophiolites, et dans lesquelles il faut compter le silicate de fer, qui s'y trouve presque toujours, et quelquefois en quantité considérable, ces roches renferment un grand nombre de minéraux mélangés mécaniquement; et, parmi ceux qui s'y présentent avec assez de constance pour déterminer l'établissement de variétés particulières, on peut citer la diaU lage, lebronzile, le calcaire, le grenat, lequarz, la grammatite, le sidérochrome; d'où l'on a des ophiolites diallagique ou gabbro des Toscans^ bronzitiquey calcareuxj grenatiqtiey quarzeux, grammatileux , chro-^ mifère.
Les ophiolites sont assez abondants dans la nature, et ils constituent un système important que nolis avons rapporté au terrain porphyrique. Cependant ils ne recouvrent jamais à eux seuls une étendue considérable.
Il y a des ophiolites susceptibles de poli^ que l'on
toutes les roclies que Ton place dans ce groupe aient effectivement pour base des silicates magnésiques : il paraît, au contraire, que Ton y confond des substances plus ou moins différentes; mais nos connaissances ne nous permettent pas encore d'arriver à un résultat plus satisfaisant.
ROCHES TALCIQUES. 69
emploie comme pierres dé décoration; d'autres dont on fait des vases qui servent dans les usages domestiques , et que Ton préfère aux meilleures poteries;: c'est ce que l'on appelle la pierre ollaire.
• E$PËGr/5«. STilASCHISTS.
{Schiste talqueux, ialkschiefer^ talcite.)
Roche à base (composée de divers silicates magnésiques et à texture schistoîde.
•Formant des couches à texture schisto-compacte, schislo-grenue, schisto-lamellaire, schrsto-porphyroïde, schisto-famygdaloïde, etc.
QuelqueEDÎs douce et onctueuse au toucher; sou^ vent rude, propriété qui paraît due aux matières étrangères.
. Éclat ordmairement luisant. Couleurs.: souvent verte, quelquefois grisâtre, jaunâtre, brunâtre, rougeâtre, etc.
indépendamment des . diverses substances qui entrent dans la coniposilion intime de la base des stéaschistes, et dans lesquelles il fa ut compter le silicate da fer, qui s'y trouve presque toujours , ces roches renferment un grand nombre de minéraux mélangés méeaniqtiement; et, parmi ceux qui s'y présentent avec assez de constance pour déterminer l'établissement de variétés particulières, on peut citer le quarz, le felspath,,le grenat, le calcaire, etc.
Le stéaschiste quarzeux, est une des variétés les plus abondantes, peut-être même qu'il est très peu de stéaschistes qui ne contiennent pas de quarz, ei
70 ROCHES TALCIQUES.
cette variété passe fréquemment au quarz talcique.
La variété felspathique est aussi très répandue, et passe ordinairement à la protogine.
En général, les stéaschistes sont une des roches les plus importantes de Técorce du globe, et elles forment un des systèmes du terrain cristallophyllien.
10« GENRE. — ROCHES AMPHIBOUQUES.
ESPÈCE i>^'. HOaWBUOffDS.
(AmpkiboHte,)
Roche à base simple , formant des filons , des amas et des bancs, à texture lamellaire et schisloïde, peutêtre grenue et compacte; mais il serait possible que les parties grenues et compactes dussent plutôt être rangées dans Tespèce aphanite.
La hornblende est ordinairement associée avec d'autres minéraux. Plusieurs de ces associations donnent lieu à rétablissement d'espèces particulières de roches, et parmi celles que l'on ne considère que comme variétés, nous citerons les associations avec le mica, le grenat, la serpentine, le quarz, etc.; ce qui donne des hornblendes micacée y grenatiqucy serpentineuse , quarzeuse, etc.
Les hornblendes en masses appartiennent principalement aux terrains porphyrique et cristallophyllien.
ESPÈCE 2e. HÉBUTHBXinS.
Roche à base composée de hornblende et de calcaire.
ROCHES AMPHIBOLIQUES. 71
Formant des bancs, des amas ou des filons à texture granitoïde ou porphyroïde.
Couleur ordinairement verte, tachetée de blanc.
L'bémithrène renferme plusieurs minéraux accidentels, notamment du felspatb, du mica , deTaimant, etc. C'est une rocbe peu abondante^ qui paraît se trouver principalement dans le terrain cristallophyllien. Il en existe au Harz, en Saxe, en.Bretagne, dans les états du Maine et de Massachussets , etc..
ESPÈCE 5«. BIORITS.
(GrUnstêin , diabase , graniiel , chloritin^ diorit-porphyr.)
Roche à base phanérogéne composée de hornblende et de felspath , d'albite ou de labradorite.
Formant des filons, des amas, peut-être des couches et des masses non stratifiées, à texture granitoïde, porphyroïde et schistoïde. Une variété dite orbiculaire {granité globuleux de Corse) est formée de gros noyaux sphéroîdaux dans lesquels la hornblende et la matière felspalhîque sont disposées par couches concentriques. Ces noyaux sont agglomérés par une pâte de diorite granitoïde.
Très tenace lorsqu'elle n'est pas altérée.
La hornblende du diorite est ordinairement verte, quelquefois noire , et les substances felspathiques blanches ou verdâtres.
Le diorite renferme souvent d'autres minéraux. Nous citerons, entre autres , le diorite quarzifère et le diorite micacé. L'association du diorite avec le mica et la pinite est quelquefois admise comme espèce par-
72 ROCHES AMPHIBOLIQUES.
ticulière sous le nom de kersanton , qu'elle porte en Bretagne.
Le diorite est une roche abondante dans la nature. Il se trouve principalement dans le terrain porphyrique. On le rencontre aussi dans le terrain granitique et dans les terrains neptuniens; mais on Vy considère souvent comme représentant des lambeaux du groupe porphyrique intercalés dans ces terrains.
La diorite est susceptible de poli, et on l'emploie comme pierre de décoration, ainsi que le granité, etc.
ESPÈCE 4«. APHANITS (*).
(Diorite compacte , roche cornéenne.)
Roche à base d'apparence simple , que l'on considère comme un mélange intime d'amphibole et de feispath, d'albiteou de labradorite.
Fusible en émail noir.
(*) M. Cordier range son aphanite dans les roches pyroxéniques, ce qui la fait rentrer dans l'espèce que j'indiquerai ci-après sous le nom de trapp. J'ai cru préférable de conserver au nonn d'aphanite la définition que Haûy en a donnée lorsqu'il l'a créé. A la vérité , la plus grande partie des aphanites d'Haiiy sont maintenant reportées aux roches pyroxéniques ; mais , comme il existe aussi des mélanges de feispath et d'amphibole , il vaut mieux continuer à les désigner par le nom qui a été créé pour eux. Du reste, la manière dont la véritable aphanite s'échappe, pour ainsi dire, dans les analyses, semble annoncer que l'amphibole aurait plus de tendance à se mélanger mécaniquement, et le pyroxènè plus de tendance à se mélanger intimement avec le feispath. En effet, nous voyons dans la nature beaucoup de syénite et de diorite, et fort peu de dolérite ; tandis que, dans ma manière de voir, il y aurait fort peu d'aphanite, mais beaucoup de trapp et de basalte , c'est-à-dire beaucoup de mélanges intimes de pyroxènè et de substances felspalhiques.
ROCHES AMPHIBOLIQUES. 73
Formant des filons, des amas, peut-être des couches à texture compacte ou grenue.
Assez tenace lorsTju'elle n'est pas altérée; dureté variable.
Couleurs : grisâtre, rougeâtre, verdâtre, noirâtre.
L'apbanîte a le même gisement que le diorite, dont elle n'est souvent qu'un accident. Il parait que cette roche est peu abondante dans la nature; aussi, la plus grande partie des matières que l'on y rapportait sont maintenant rangées dans le genre des roches pyroxéniques. L'association de l'aphanite avec le mica a été quelquefois admise comme espèce particulière sous le nom de sétagUe,{*).
H« GENRE. — ROCHES PYROXÉNIQUES.
En formant ici un genre de roches pyroxéniques, nous n'entendons pas dire que le pyroxène soit toujours l'élément le plus abondant des roches que nous plaçons dans ce genre, car on est dans l'habitude de considérer comme roches pyroxéniques des substances dans lesquelles le felspatii, l'albite ou le labradorite sont en quantité plus considérable que le pyroxène, mais où celui-ci a imprimé des caractères particuliers, qui font que la place naturelle de ces mélanges est plutôt dans le genre pyroxénique que dans le genre felspathique.
(*) C'est la sélagite d^Haûy , qu'il ne faut pas confondre avec celle de Af. Cordier qui a été décrite ci-dessus sous le nom iVhypersténite,
74 ROCHES PYROXÉNIQURS.
ESPÈCE l'«. lASaZOUTS.
(Pyroxènê en roche y angitfels, pyroxénite.) '
Le pyroxène forme quelquefois des masses à texture lamellaire, grenue ou presque compacte. On trouve de ces masses dans le terrain cristallophyllien des Pyrénées , notamment près de l'étang de Lberz , d'où on leur a donné le nom de Iherzolile; et nous sommes d'autant plus porté à employer cette dénomination pour désigner le pyroxène en roche, qu'il parait que ces masses sont toujours un mélange de pyroxène proprement dit ou hédenbergite et de diopside. Une analyse de la Iherzolile des Pyrénées a même donné à M. Vogel 0.450 de silice^ 0.195 do chaux, O.iCO de magnésie, 0.120 d'oxide ferreux, 0.005 d'oxide de chrome, etO.OiO d'alumine; ce qui annoncerait une plus grande quantité de diopside que de pyroxène.
La Iherzolite est de couleur verte , et l'on rapporte qu'elle se trouve dans les Pyrénées en bancs alternants avec du calcaire; mais peut-être que ces masses sont des filons et non des bancs.
ESPÈCE 2^ DOLÉHITE (*).
Roche à base phanérogène, composée de pyroxène et de feispath, d'albite ou de labradorite.
(*) Les espèces mimosite et do/ënte de M. Cordier, dont la distinction est fondée sur la proportion relative du feispath et du pyroxène , et non sur leur texture, se répartissent dans ma dolérite et dans mon Irapp , selon que les éléments se distinguent ou ne se distinguent pas à l'œil nu.
ROCHES PYROXÉISIQUES. 75
'f Formant des amas , des filons , des coulées , peutêtre des couches et des masses non stratifiées, à texture essentiellement granitoïde ; la roche passant à une des espèces ci-après quand elle prend une autre texture. Cependant, on considère comme dolérite porphyroïde celle où le felspath forme de grands cristaux au milieu d'une pâte composée d'un assemblage de petites lames ou de petits cristaux de pyroxène et de felspath , susceptibles, d'être distingués à l'œil nu.
Le pyroxène de la dolérite est ordinairement noir, et les substances felspathiques blanches.
La dolérite appartient principalement aux terrains basaltique et volcanique. C'est une roche qui parait peu abondante (*).
ESPÈCE 5«. MÉLAPBTBS {**).
{Porphyre noir ^ porphyre pyroxénique , augil-porphyr ^ trapp-porphyr , serpentino verde antico , partie de Vophite , du porphyre vertf etc.)
Roche à base composée d'une pâte qui parait être un mélange de pyroxène avec du felspath, de Talbite
(*) Ce que je dis ici du peu d'abondance de la dolérite ne doit s'entendre que de cette roche telle.que je l'ai définie ci-dessus , c'està-dire où les éléments se distinguent à l^œil nu ; car pour les auteurs qui étendent ee nom aux mélanges intimes de pyroxène , la dolérite est fort abondante. On cite aussi beaucoup de minéraux intercalés dans la dolérite ; mais j'ai cru devoir m'abstenir d'en parler, parce que je suie porté à croire que les roches citées comme si riches en minéraux sont des spilites.
(**) M. Brongniart , qui a établi l'espèce mélaphyre , en faisait une roche amphibolique ; mais il paraît qu'au moins \ine partie des excm-
76 ROCHES PYROXENIQUES.
OU du labradorite , enveloppant des cristaux d'une ou de plusieurs de ces substances.
Formant des filons , des amas , peut-être des couches et des masses non stratifiées, à texture porphyroïde, quelquefois bulleuse.
La pâte et les cristaux de pyroxène sont ordinairement noirs ou verts , les cristaux de substances felspathiques d'un blanc passant souvent au verdâtreou au rougeâlre.
Renfermant, comme parties accidentelles, de Tam phibole, du mica, du quarz, de la marcassite, de la nigrine, etc.
Le mélaphjre esl une des roches les plus importantes du terrain porphyrique noir. H est souvent susceptible de prendre un beau poli et d'être employé comme pierre de décoration.
ESPÈCE 4e. TaAPF(*).
(Trappiie , dolérite et mimosite d'apparence honiogène , partie des cornéennes.)
Roche à base d'apparence simple , qui parait être
pies qu'il a cités appartiennent aux roches pyroxéniques. D'un autre côté, M. de Buch,quia consacré l'existence du nom de mélaphyre par l'importance du rôle géogénique qu'il attribue à cette roche, a toujours employé ce nom comme synonyme de celui de porphyre pyroxénique, ce qui m'avait porté , en 1833 , à ranger cette espèce dans le genre pyroxénique. Depuis lors , cette manière de voir a été confirmée par les beaux travaux de M. G. Rose , qui a démontré , en outre , ainsi que je l'ai déjà indiqué à la note placée à l'article du porphyre , page 45 , que le serpentino verde antico , type de l'espèce ophite, et l'ophite de Rûbeland au Harz, sont également de Vaugitporphyr , c'est-à-dire du porphyre pyroxénique ou mélaphyre , tel que je définis cette roche.
(*) Le trapp^ tel que je l'entends ici, est souvent confondu avec
ROCHES PYROXÉMQLES. 7?
un mélange intime de pyroxène et de felspatti, d'aibile ou de labradorite. L'analyse d'un trappdeKirn dans leHundsrûck a donné à Vauquelin 0.56 de si-lice, 0.12 d'alumine, 0.07 de chaux, 0.16 d'oxides ferreux et manganeux, et 0.06 d'alcali.
Formant des filons, des amas, peut-être des couches, ordinairement divisés par un très grand nombre de fissures; ce qui fait que les massifs de trapp donnent extérieurement l'idée d'un escalier.
Très dure et très tenace lorsqu'elle n'est pas altérée.
Couleurs : ordinairement vert foncé ou noir verdâtre, d'autres fois noir bleuâtre.
Le trapp se trouve principalement dans le terrain porphyrique, peut-être dans le terrain basaltique. On le rencontre aussi intercalé dans les terrains neptuniens et dans le terrain granitique, mais on l'y considère ordinairement comme appartenant aussi au terrain porphyrique.
ESPÈCE 5e. BASAX.TS (*).
Roche à base d'apparence simple composée de py-
la dolérite , dont il ne diffère que parce que ses éléments minéralogiques ne se distinguent plus à Tœil nu. Il a aussi été longtemps confondu avec \esgrUnstein et les cornéennes, groupes dans lesquels on réunissait des roches amphiboliques et pyroxéniques. La prédominance du fer sur la magnésie me parait un moyen de distinguer les dernières de ces roches des premières, lorsque leur nature n'est point indiquée par des parties cristallines.
(*) Je conviens que la conservation simultanée des espèces trapp et basalte a quelque chose de contraire à mes principes de classification,
78 ROCHES PYROXENÏQUES.
roxèneetdefelspath, «ralbile ou de labradorite. Une analyse a donné à Klaproth 0.445 de silice, 0.168 d'alumine , 0.200 d'oxide terreux , 0.095 de chaux , 0.023 de magnésie , 0.026 de soude, 0.020 d'eau.
Formant des filons , des amas , des coulées, peutêtre des masses non stratifiées et des couches très souvent divisés en prismes pressés les uns contre les autres, quelquefois en tables peu épaisses. Présentant d'autres fois des fragments, soit sphéroïdaux comme des boulets, soit irréguliers et ressemblants à des scories de fourneaux , d'où on les appelle basaltes scoriacés. Texture compacte ou buUeuse.
Pesant à peu près 3. Rayant le verre. Très tenace.
car la différence entre ces deux espèces tient plus à des considérations de gisement qu'à des différences minéralogiques ; mais on est si habitué à limiter le basalte tel qu'il est établi ci-dessus , que si j'y avais réuni le trapp , j'aurais donné lieu à des inconvénients beaucoup plus grands. Je ferai aussi remarquer que les auteurs qui réunissent le trapp à ladolérite n'évitent pas les difficultés que je viens de signaler, puisqu'elles se reproduisent pour la distinction entre la dolérite et le basalte. Du reste , on ne peut pas dire qu'il n'y ait absolument pas de distinctions minéralogiques entre le trapp et le basalte, car, indépendamment de la tendance qu'a ce dernier à prendre des formes prismatiques , sa texture souvent buUeuse , sa couleur d'un noir qui ne tire point sur le verdàtre , et la fréquence du péridot , donnent ordinairement des moyens de distinction.
Mon basalte comprend les basanites de M. Brongniart, et probablement une partie des basanites^ des gallinacés et des scories de M. Cordier, ainsi que ]a péridoHte de cet auteur, laquelle est pour moi un basalte péridotique. Il serait probablement avantageux d'ajouter à la série des roches pyroxéniques une espèce qui aurait compris les variétés à éclat vitreux ; je m'en suis abstenu jusqu'à présent, par suite de ma répugnance à augmenter le nombre des espèces admises par M. Brongniart, et à cause du peu de connaissances que nous avons sur la nature de ces substances.
ROCHES PYROXÉNIQUES. 79
Couleur ordinairement d'un noir tirant sur le bleuâtre.
Le basalte renferme souvent des minéraux étrangers; le plus commun est le péridot. On y trouve aussi des cristaux de pyroxène, des titanates de fer, du mica, des silicates hydratés, des pyrites, etc.
he basalte forme à peu près tout le terrain auquel on a donné son nom. Il se rencontre aussi dans le terrain volcanique et s'y confond avec les téphrines et d'autres roches.