GARDIEN" DES TROIS TOMBEAIX
A Com.
Que nous servent les jeûnes des immaums et les ciliées des
mollahs ? La main de Dieu s'est deux fois appesantie sur les enfants de la loi. Le soleil s'obscurcit ; et semble n'éclairer plus que leurs défaites : leurs armées s'assemblent , et elles sont dissipées comme la poussière.
L'empire desOsmanlins est ébranlé par les deux plus grands échecs qu'il ait jamais reçus. Un moufti chrétien nelesoutient qu'avec peine : le grand vizir d'Allemagne ' est le fléau de Dieu, envoyé pour châtier les sectateurs d'Omar; il porte
■ l.e p'ince Eugène , qui Ijattit les Turcs à Peterwaradin. (P.)
partout la colère du ciel , irrité contre leur rébellion et leur perfidie.
Esprit sacré desiminaums, tu pleures nuit et jour sur les enfants du propliète que le détestable Omar a dévoyés ; tes entrailles s'émeuvent à la vue de leurs malheurs; tu désires leur conversion , et non pas leur perte ; tu voudrais les voir réunis sous l'étendard d'Hali par les larmes des saints , et non pas dispersés dans les montagnes et dans les déserts par la terreur des infidèles.
A Paris, le I" de la lune de Clialval , 1718.
^ . .j^ CXXV. USBEK A RHÉDI.
{y |)-Nr^ A. Venise.
Quel peu]: être le motif de ces libéralités nnmensesqueles princes v'e^e'nt sur leurs cocfffe'âds^^'Teulent-ils se les àltacnërTîIsTeur sont déjà acquis autant qu'ils peuvent l'être, lit d'ailleurs , s'ils acquièrent quelques-uns de leurs sujets en les achetant, il faut bien, parla même raison, qu'ils en perdent une infinité d'autres en les appauvrissant. ^^
Quand je pense à la situation des princes , toujours entourés d'hommes avqÏÏés etf insatiables , je ne puis que les plaindre; et je les plains encore davantage lorsqu'ils n'ont pas la force de résister à des demandes toujours onéreuses à ceux qui ne demandent rien. /Lr^srs^
Je n'entends jamais parler de leurs UliÊralités , des grâces et des pensions qu'ils accordent, que je ne me livre à mille véflexions : une foule d'idées se présente à mon esprit : il me .semble que j'entends publier cette ordonnance :
« Le courage infatigable de quelques-uns de nos sujets à nous n demander des pensions ayant exercé sans relâche notre « magnificence royale , nous avons enfin cédé à la multitude « des requêtes qu'ils nous ont présentées , lesquelles ont fait "jusqu'ici la plus grande sollicitude du trône. Ils nous ont
« représenté qu'ils n ont point manqué , depuis notre avéue- « nient à la couronne , de se trouver à notre lever; que nous « les avons toujours vus sur notre passage , immobiles comme « des bornes , et qu'ils se sont extrêmement élevés pour re- « garder , sur les épaules les plus liauîes, notre sérénité. Nous avons même reçu plusieurs requêtes de la part de quelques personnes du beau sexe , qui nous ont supplié de faire aî- ■ tention qu'il était notoire qu'elles sont d'un entretien trèsn difficile; quelques-unes même très-surannées nous ont prié , branlant la tête , de faire attention qu'elles out fait l'ornement de la cour des rois nos prédécesseurs ; et que , si les généraux de leurs armées ont rendu l'État redoutable par leurs faits militaires , elles n'ont point rendu la cour moins célèbre par lew^sjntrigues. Ainsi , désirant traiter les suppliants avec^^^JonteTeTleur accorder toutes leurspfîèfésT' nous avons ordonné ce qui suit : / û-^^.^'tCL^
ij « Que toî^uiBoi|reur a^^^^dn^^enfants retranchera jour- « nellement M cinquième partie du pain qu'il leur donne. En- « joignons aux pères de famille de faire la diminution sur « chacun d'eux aussijuste que faire se pourra. , , .
^ « Défen"3o^s^«(è^ssemienf à tous ceux qui ^pp'lïquent à •' la cujM^eUe leûrsTiéritages , ou qui les ont doûn^'à titre ^ « de fern/è , d'y faire aucune réparation , de quelque espèce « qu'elle soit.
« Ordonnons que toutes persormes qui s'exercent à des
« travaux vils et mécaniques , lesquelles n'ont jamais été
« au lever de notre majesté, n'achètent désormais d'habits ,
n à eux, à leurs femmes et à leurs enfants, que de quatre
<■ ans en quatre ans ; leur interdisons en outre très'étroite-
ment ces petites réjouissances qu'ils avaient coutume de
faire, dans leurs familles, les principales fêtes de l'année.
« Et , d'autant que nous demeurons averti que la plupart
« des bourgeois de nos bonnes villes sont entièrement occupés
« à pourvoir à l'établissement de leurs filles , les(p.iel]es ne se
« sont rendues reconiaiandaljles dans notre État que par
« uue triste et ennuyeuse modestie, nous ordonnons qu'ils « attendront à les marier jusqu'à ce qu'ayant atteint l'âge « limité par les ordonnances , elles <iennent à les y contrain- << dre. Défendons à nos magistrats de pourvoir à l'éducation « de leurs enfants. »
A Paris , le 1" de la lune de Chalval, I718.