L. USBEK A NARSIT
Au sérail d'Ispahan.
/Malheureux que vous êtes! vous avez dans vos mains des lettres qui contiennent des ordres prompts et violents ; le moindre rettirxfemènl/peut jiie désespérer ; et vous denfeurez traaîquille/sous un vain prétexte !y
Il se passe des choses horribles ; liai peut-être la moitié de mes esclaves qui méritent la mort. ^ vous envoie la lettre que le premier eunuque m'écrivit là-dessus avant de mourir. Si vous avigzauvertje^paquet qui lui est adressé, vous y auriez trouvÊ des ordrjs sanglants. Lise^é'gdtfac^^rdres ; et vous périrez , si vous ne les exécutez paSi
De •*' , le 25 de la lune de Cliàlval , I7IS.
eu. SOLIM A USBEK
A Paris.
Si je gardais pl5^ long^ips le silence , je serais aussi étJu^ i pable que tous ces criminels que tu as dans le serait*. ^
J'^taisJe confident du. grand eunuque , Ie4iliisJi^àlÊ xlÊ Les esclaves. Lorsqu'il se vit près de sa fin, il me fit appeler , et me dit ces paroles : Je me meurs ; mais le seuLchagriu que j'ai^€n quittant- la- vie , c'est que m€& demies regards aient trouïéies femmes de mon maître crtfmnellès. Le ciel p'ufsiele""^' gaflinfîr de tous les malheurs que je prévois ! Puisse , après ma mort, mon ombre menaçante venir avertir ces perfides de leur devoir, et les intimider encore ! Voilà les clefs de ces redoutables lieux ; va les porter au plus vieux des noirs. Mais , si après ma mort il manque de vigilance, songe à en avertir ton maître. En achevant ces mots , il expira dans mes bras.
Je sais ce qu'il t'écrivit , quelque temps avant sa mort , sur la conduite de tes femmes. 11 y a dans le sérail une lettre qui aurait porté la terreur avec elle , si elle avait été ouverte. Celle
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que tu as écrite depuis a été surprise à trois lieues d'ici. Je ne sais ce que c'est : tout se tourne niall-.eureusement. ^juux^r^- /^pflïïîthïtfeFemnies ne l^âîtïtnt plus aucune retenue : de- , |mis la mort du grand eunuque , il semble que tout lei#soit^ -per rnlsHâ ffv]f B-i^>"'^"^ "^"^ '•'^tPp2^n^'K^pv"ir?Ptconserv£J£ la modestie. On voit ]esjî^ursje corrgmpre tous les jours.- On neUgjJve plus sur le visage de tes femnies cette vertu maie et sévère qui y régnait autrefois : une jtienbuvelle , ré^SBâîie^'' dans ces lieux, est un témoignage infaillible, selon moi, de quelque satisfaction nouvdle^Dans les plus petites choses , je remarque des libertés jusq^aTôfsThcon^lîes. Il règne, même paruii tej esclaves , une certainejndolence pour leur devoir et pour l'observation des règles qui me surprend ; ils n'ont plus ce zèle ardent pour ton service , qui semblait animer le sérail. Tes femmes ont été buit jours à la campagne , à une de tes maisons les.pUis abandonnées. On dit que l'esclave qui en a soin a été ^^ne; et qu'un jour avant qu'elles arrivassent il avait fait cacher deux hommes dans un rédimde' pierre qui est dans la muraille de la priâôijale chambre , d'où ils sortaient le soir lorsque nous étions retirés. Le vieux^eunuque qui est àj)résent à notre tête est un imbécile à qui l'on fait croire tout ce qu'on veut. "" " ^~ ' "
.Te SUIS âgîle (Tune colère vengeresse contre tant de perfidies ; vl si le ciel voulait , pour le bien de ton service , que tu me jugeasses capable de gouverner , je te promets que, stlfigjeinines n'étaient pas vertueuses , au moins elles seraient fidèles.
Du sérail d'Ispahan, le Ode la lune de Rebiab l , 1719.