CAS PERPLEXE
Ce cas a lieu lorsque le curé ou le confesseur découvre, la veille ou le jour du Mariage, un empêchement dirimant et qu'il y a impossibilité de retarder le Mariage pour recourir à L'Ordinaire.
1. — Si l'empêchement est public, il ne saurait y avoir de scandale à différer le Mariage ; le scandale résulterait plutôt de la célébration d'un tel Mariage sans dispense.
2. — Si l'empêchement est occulte — et c'est la seule occasion pratique du cas perplexe — le confesseur pourra en toute sécurité de conscience, dispenser de cet empêchement, et il devra en avertir la partie ou les parties qui connaissent l'existence de l'empêchement.
RÉVALIDATION DU MARIAGE
On ne doit procéder à la révalidation d'un Mariage que lorsqu'on est certain de sa nullité ; dans le doute, on regarde le Mariage comme valide jusqu'à preuve du contraire.
La nullité d'un Mariage peut provenir : a) d'un défaut de consentement ; b) d'un empêchement, dirimant inconnu ou caché au moment du Mariage.
Si le Mariage est nul par le défaut de consentement des deux parties, elles doivent l'une et l'autre le renouveler ; mais s'il se trouve nul par le défaut de consentement de l'une des parties, seulement celle-là le renouvellera en se soumettant aux obligations de son état. Si la cause n'est pas publique, la présence du curé et des témoins n'est pas nécessaire, pourvu que le Mariage ait été contracté en présence de l'Église.
Si l'invalidité provient d'un empêchement public, les parties doivent renouveler leur consentement devant le curé et deux témoins, après avoir obtenu la dispense de l'empêchement. Il est toujours à désirer que les époux se préparent par la confession à recevoir les grâces sacramentelles dont ils ont été privés.
S'il le juge à propos, le curé peut demander à l'évêque de ne pas rendre la réhabilitation trop ostensible et même l'autorisation de faire la Mariage à la maison, en présence de témoins.
Si l'empêchement est occulte : ou il n'est connu ni de l'une ni de l'autre partie, ou il n'est connu que d'une seule, ou il est connu par l'une et par l'autre.
1. — S'il n'est connu d'aucune des deux parties : o) si elles sont bien disposées toutes deux et qu'elles puissent facilement être averties, on demandera la dispense et les deux conjoints renouvelleront leur consentement ; b) s'il n'est pas prudent de les avertir, le curé devra les laisser dans la bonne toi et obtenir la dispense in radice.
2. — S'il est connu des deux parties, il faut obtenir une dispense simple ou une dispense in radice selon qu'elles sont toutes deux bien disposées pour le renouvellement du consentement, ou que l'une d'elles est mal disposée.
3. — S'il n'est connu que par l'une des parties, le cas est plus difficile.
Quand l'empêchement n'est pas infamant et qu'il n'y a aucun risque de le révéler à la partie qui l'ignore, nul doute qu'il ne faille faire cette déclaration et réhabiliter le Mariage dans la forme prescrite par l'Église.
Si, au contraire, l'empêchement est infamant, s'il y a quelque risque de divorce ou de scandale à redouter et que l'empêchement soit vraiment secret, il suffit que la partie qui connaisse la nullité du Mariage renouvelle son consentement cohabitando affectu maritali. On suppose que, l'autre se regardant toujours comme mariée, le consentement qu'elle a donné dans le principe subsiste virtuellement et concourt à la réhabilitation du Mariage, après que Vobex qui empêchait l'efficacité de ce consentement a été enlevé par la dispense.
Il sera probablement utile de lire les belles paroles de saint Jean Chrysostôme sur la modération et la décence chrétienne qui doivent présider aux noces :
" Gardez-vous bien, dit l'illustre docteur, de déshonorer le Mariage par des pompes inventées par le démon. Je sais bien qu'on va m'accuser de rigidité en vous parlant de la sorte. Mais je ne cherche pas à vous natter ; c'est votre salut que
je veux non vos applaudissements et vos louanges. Vous vous rejetez sur la mode pour excuser ces noces où règne Ja licence. La mode ne fait rien là où il y a péché ; du moment qu'elle est criminelle, elle aurait beau venir de loin, il faut la bannir. Ce qui est bien, quand il ne serait pas de mode, voilà ce à quoi il faut s'en tenir. "
Que le jour des noces se passe toujours de manière à attirer sur les nouveaux époux les grâces du ciel et non dans des festins immodérés et des danses peu modestes.
O mon Dieu, donnez-nous cet esprit d'unité que Jésus-Christ, votre Fils, vous demanda pour ses Apôtres la veille de sa passion.
Donnez à cet archidiocèse des prêtres brûlants de zèle et d'amour, dépouillés de tout intérêt particulier ; des prêtres qui ne craignent aucun danger quand il s'agira de vous obéir, qui se fient pleinement en votre puissance, qui ne comptent que sur votre grâce et qui ne se croient envoyés que pour votre gloire.
Faites d'eux des saints, afin qu'ils travaillent plus efficacement à la sanctification de ce peuple que vous leur avez confié ; sanctifiez-les tous dans la vérité ; communiquez-leur la véritable sainteté ; affermissez-les dans la foi qu'ils ont en votre parole, qui est la vérité même, en leur donnant la grâce de garder en tout une conduite qui soit le modèle de ceux qu'ils instruisent, une censure continuelle des vices qu'ils combattent, un miroir des vertus qu'ils prêchent, une preuve de la doctrine qu'ils enseignent ; et puisque, par un effet de votre miséricorde, vous les avez choisis pour faire connaître votre nom aux hommes et pour leur apprendre à marcher dans la voie de la vérité, rendez-les, par l'onction intérieure de votre grâce, dignes d'un si saint ministère et d'une si auguste qualité.