‹ Des sacrementsChapitre 16 sur 113 · SA MATIÈRE · texte numérisé non relu

SA MATIÈRE

Il est universellement admis que la matière de ce sacrement est la seconde imposition des mains qui accompagne l'onction du saint Chrême, faite par l'évêque sur le front du confirmé, en même temps qu'il prononce les paroles de la forme.

Ainsi quoique l'évêque soit tenu de suivre en tout le cérémonial prescrit par le pontifical, il ne doit pas avoir d'inquiétudes à l'égard des fidèles qui n'assistent pas à la première imposition des mains. Qu'ils y soient présents ou non, s'ils reçoivent l'onction sainte on doit les regarder comme confirmés.

La bénédiction du Pontife, les prières qu'il récite après l'onction, ne sont qu'un accessoire à l'administration du sacrement. Il en est de même du petit soufflet qu'il donne au confirmé.

Il est nécessaire que le saint Chrême soit composé d'huile et de baume mélangés ensemble et qu'il ait été béni par l'évêque. L'huile doit être d'olive ; elle indique la douceur, la force et la lumière communiquées par le Saint-Esprit ; elle est une substance imprégnable et pénétrante ; elle symbolise donc aussi l'action indélébile et intérieure de ce sacrement qui consacre l'âme en touchant le corps, comme l'a dit Tertullien : caro ungitur ut anima consecretur. Le baume, par son odeur agréable, indique le parfum des vertus chrétiennes que doit pratiquer le fidèle confirmé.

L'onction doit être faite sur le front et de la main du ministre pour montrer que le chrétien qui a reçu la grâce de la Confirmation ne doit pas rougir de Jésus-Christ, mais porter noblement sur le front le signe de la croix qui symbolise sa doctrine. Il doit porter ce signe de la croix comme le soldat porte le signe de son chef et ce signe doit être apparent et visible. Or, de toutes les parties du corps le front est la plus visible. C'est donc là que l'on fait au confirmé l'onction du saint Chrême, pour qu'il témoigne ouvertement de sa qualité de chrétien.

Page 1