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Chandeliers

Le maître-autel a six chandeliers ; les petits d'ordinaire n'en reçoivent que quatre.

Les chandeliers de messe basse sont au nombre de deux. Très petits de taille, il se placent aux deux extrémités de l'autel ; il est aussi permis de les placer sur les gradins supérieurs de l'autel. On allumerait quatre cierges si l'évêque disait la messe.

Dans la messe solennelle, on allume six cierges et si l'évêque pontifie en personne on en ajoute un septième. L'Église symbolilise par là les S3pt dons que le Saint-Esprit, au jour de la consécration épiscopale, répandit sur celui qui reçut alors la plénitude du sacerdoce, avec le pouvoir de conférer les sept sacrements.

Le cierge, comme l'autel sur lequel il repose, est un symbole de Jésus-Christ. Celui-ci ne s'est-il pas nommé lui-même : " la lumière du monde " ? (Jean, vin, 12). N'est-il par " la lumière qui luit dans les ténèbres " ? (Jean, i, 5). Le cierge éclaire, réchauffe ; Jésus-Crhist aussi dissipe les ténèbres de .notre ignorance et embrase les cœurs du véritable amour.

Célébrer sans lumière serait une faute grave ; avec une seule lumière péché véniel.

Si les cierges s'éteignent avant la consécration et que l'on ne puisse pas les réallumer, il faut cesser la messe. Si l'accident arrivait après la consécration, l'on devrait continuer la messe pour compléter le sacrifice.

Les cierges nécessaires à la messe doivent être en cire d'abeille ; ou, pour le moins, la cire doit être en quantité supérieure à tout autre mélange. Célébrer avec des chandelles de graisse ou des lampes à l'huile, sans de graves raisons, serait péché mortel.

On peut, à raison d'une solennité ou du dimanche, allumer jusqu'à six cierges, pour une messe privée ; mais cela ne serait jamais permis à raison de la dignité du célébrant, excepté pour l'évêque.

Un décret défend d'avoir moins de quatre cierges à une messe chantée ; mais on peut en avoir un plus grand nombre. Outre le nombre requis de cierges en cire, on peut, pour rehausser l'éclat d'une cérémonie, illuminer l'église, mais non l'autel avec des cierges en stéarine. On ne doit employer la lumière du gaz ou de l'électricité que pour l'éclairage de l'église.

Pour allumer les cierges, on commence du côté de l'épître le plus rapproché de la croix et, pour les éteindre, on commence du côté de l'évangile par le plus éloigné de la croix.

OKNEMENTS SACRÉS

Ce ne serait probablement qu'un péché véniel de célébrer sans amict et sans cordon ; mais l'aube, le manipule, l'étole et la chasuble sont exigés sub gravi.

L'aube, les amicts, les pales, les purificatoires doivent être de fil ou de lin.

L'aube doit être assez longue pour couvrir la soutane, plutôt longue que courte. Il faut apporter un soin tout spécial à la façon dont l'aube doit être montée et veiller à ce qu'elle ne descende pas plus bas par-devant que par-derrière.

Les parements des manches peuvent être en dentelles ; le bas de l'aube peut être de même orné d'une guipure, mais seulement dans les proportions d'un accessoire ; qu'elle n'envahisse pas une proportion trop considérable de l'aube.

Le cordon peut être blanc ou de la couleur des ornements de la messe ; il doit pendre à droite et à gauche et non en arrière.

Le corporal est un linge que le prêtre étend sur l'autel et sur lequel s'opère la consécration des saintes Espèces. Il porte ce nom à raison de son contact immédiat avec le corps adorable de Jésus-Christ. Anciennement le corporal était beaucoup plus ample, chose nécessaire du reste, à cause du nombre et de la dimension des offrandes apportées par les fidèles pour être consacrées.

Les dimensions doivent être suffisantes pour couvrir au moins la pierre sacrée et contenir facilement le calice, la grande hostie, le ciboire ou les hosties à consacrer.

Toute broderie est défendue au milieu du corporal ; elle est tolérée dans les coins ainsi que la dentelle pourvu que cette dentelle soit de fil, étroite et bien consistante. Le corporal doit avoir une croix à deux doigts du bord sur le devant. Il se plie en trois dans tous les sens ; d'abord en avant, puis en arrière, enfin à droite et à gauche. On doit le déplier entièrement dès le commencement de la messe.

Les corporaux glacés ne doivent pas être employés, parce que les parcelles recueillies avec la patène peuvent être mélangées avec un enduit de cire.

Il est bon de placer le corporal du tabernacle sur un morceau de carton et l'y fixer avec des filets ; ainsi étendu, il restera toujours plus propre et ne courra pas le risque d'être froissé.

Avant le blanchissage des corporaux et aussi des purificatoires, un prêtre ou un clerc dans les Ordres sacrés, doit les faire passer dans trois eaux différentes qui sont ensuite jetées dans la piscine. Les deux derniers lavages pourraient toutefois être confiés à une personne laïque ayant le droit de toucher les linges sacrés.

-La pale est un petit linge de forme carrée dont on recouvre le calice. Autrefois elle ne faisait qu'un avec le corporal ; le calice était recouvert avec les bords du corporal que l'on ramenait sur lui. Le corporal ayant été diminué, il a fallu un autre linge pour couvrir le calice : c'est la pale. La partie de la pale touchant directement le calice doit être de lin ou de chanvre. On tolère à la partie supérieure de la soie ou des broderies qui ne doivent jamais être noires ; elle peut être bordée d'une dentelle étroite.

Le purificatoire doit être plié en trois parties égales dans le sens de la longueur et une croix doit se trouver au milieu extérieurement.

Les nappes, le corporal et la pale doivent recevoir la bénédiction de l'évêque ou d'un prêtre délégué à cet effet. Pour le purificatoire, la bénédiction est facultative.

La signification mystique des linges d'autel est tirée de la substance dont ils sont fabriqués. Ils sont de lin pour représenter plus fidèlement le suaire dont Joseph d'Arimathie enveloppa le corps du Seigneur ; eux aussi doivent recueillir ce corps adorable immolé sur nos autels.

Leur blancheur nous apprend que si nos âmes doivent recevoir dignement le pain qui fait vivre éternellement, elles doivent à leur exemple s'ouvrir et se présenter sans tache aux regards de l'Agneau divin.

Les couleurs des ornements sont le blanc, le rouge, le vert, le violet et le noir. Le rose n'est permis que le troisième dimanche de l'Avent et le quatrième dimanche du Carême.

Le vrai drap d'or peut remplacer le blanc, le rouge et le vert nais non pas le violet et le noir. Le bleu et le jaune sont interdits. Sont également interdits les ornements à double couleur ; dans tous les cas, ils ne pourraient servir que pour la couleur dominante.

La signification symbolique que ces couleurs reçoivent dans l'Écriture sainte a déterminé aussi les circonstances dans lesquelles nos rubriques les prescrivent.

Le blanc signifie la joie, l'innocence, la gloire angélique, le triomphe des Saints, la dignité et les victoires du Rédempteur. Cette couleur est affectée dans l'Église romaine aux fêtes de Notre-Seigneur Jésus-Christ, comme Noël, l'Epiphanie, Pâques, l'Ascension, la Fête-Dieu, la fête du Sacré-Cœur, aux fêtes de la sainte Vierge, de la Toussaint, à celle des Pontifes, des docteurs, des confesseurs, et en général de tous les saints et saintes qui ne furent pas martyrs.

Le rouge symbolise par son éclat le feu et par sa couleur le sang. Il est affecté aux fêtes du Saint-Esprit, de la Croix, de la Passion, des martyrs, y compris les apôtres.

Le vert, cette teinte du printemps, est le symbole de l'espérance ; on l'emploie durant le temps qui signifie, dans la mystique liturgique, le pèlerinage vers le ciel, c'est-à-dire, le temps après l'Epiphanie et la Pentecôte.

Le violet dont les effets chatoyants et sombres saturent les yeux, était regardé dans l'antiquité comme la couleur significative de la royauté, de la puissance, des hautes dignités, de la richesse. L'Église a transporté plutôt que renversé ce symbolisme, en l'appliquant à la pénitence, à la prière, à l'affliction, à l'humiliation. N'est-ce pas là en effet ce qui nous enrichit et nous élève ? Elle emploie cette couleur durant l'Avent, le Carême, ainsi qu'aux Quatre-Temps, Vigiles, Rogations, dans les trois bénédictions liturgiques de l'année, celles des Cierges, des Cendres et des Rameaux.

Le noir symbolise la puissance qui s'élève contre Dieu, l'ac-

tion de satan et ses victoires. On l'emploie le Vendredi-saint et dans l'Office des défunts. Cet ange déchu n'est-il pas l'auteur de notre mort ? Et n'a-t-il pas fallu celle du Christ pour triompher de la nôtre ?

Dans quelques églises on emploie la couleur rose deux fois l'an, au troisième dimanche de l'Avent Gaudete, et au quatrième dimanche du Carême Lœtare. L'origine de cet usage liturgique est qu'au dimanche Lœtare le Pape bénissait la rose qu'il envoyait à l'un ou à l'autre des princes chrétiens. Cette couleur fut ensuite employée au dimanche Gaudete qui offre certaines analogies avec celui de Lœtare.

L'Église nous instruit du symbolisme des ornements sacerdotaux dans les prières qu'elle impose aux prêtres tandis qu'ils s'en revêtent.

L'Église a attaché à chacun des ornements sacerdotaux une pensée sainte, un sens particulier, et le prêtre, tandis qu'il s'en revêt, doit demander au Seigneur les vertus qu'ils rappellent.

L'amict représente le voile dont on couvrit par dérision la face de Notre-Seigneur. Il figure l'armure de la foi dont le prêtre doit se revêtir.

L'aube est une image de la robe blanche dont Hérode couvrit ignominieusement Notre-Seigneur lorsqu'il comparut à son tribunal. Elle symbolise la pureté de conscience requise pour la célébration du saint Sacrifice.

Le cordon est une figure des cordes avec lesquelles Jésus- Christ fut garrotté dans sa passion. Il signifie mystiquement la chasteté qui doit briller dans l'âme du prêtre.

Le manipule représente les liens dont on serra avec cruauté les mains du Sauveur. Il est un symbole de tristesse spirituelle et rappelle la douleur que nos péchés doivent nous causer.

L'étole se met autour du cou comme un joug et signifie l'étroite obligation pour le prêtre de s'unir à Dieu, de se tenir attaché à lui par une soumission sans réserve.

La chasuble représente le manteau de pourpre qu'on jeta sur les épaules de Xotre-Seigneur ; la croix dont elle porte l'image nous rappelle le pesant fardeau dont il fut chargé. Elle est un signe extérieur de la mortification à laquelle le prêtre est tenu.

Le devant de l'autel doit être de la couleur de l'office du jour, autant que possible. Le noir est défendu à l'autel du Saint-Sacrement. De plus, aux messes et aux offices pour les défunts, si le Saint-Sacrement est dans le tabernacle de l'autel où se fait la fonction, le devant de l'autel sera de couleur violette.

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