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LE SACREMENT DE PÉNITENCE

NATURE DU SACREMENT

Dans les eaux du Baptême, l'homme naît à une vie supérieure, la vie surnaturelle. Par la Confirmation, cette vie des enfants de Dieu reçoit sa plénitude et sa maturité. Le sacrifice et le banquet céleste de l'Eucharistie lui donne l'aliment dont elle a besoin. De cette triple source la grâce du Rédempteur coule abondante dans les âmes.

Mais ce trésor précieux de la grâce, l'homme, hélas ! le porte dans un vase fragile. La grâce ne supprime pas la nature ; elle ne la change pas ; elle ne lui enlève pas la possibilité de pécher. Mais après tant de bienfaits reçus, trop nombreuses malheureusement sont les faiblesses et les chutes.

Dieu les avait prévues et il a, dans sa bonté, mis à la disposition de ses enfants coupables un sacrement de miséricorde et de pardon, une planche de salut dans le naufrage, c'est le sacrement de Pénitence. Même après qu'il a failli à l'honneur, au devoir, à la vertu ; même après qu'il a traîné la robe de son innocence dans les sentiers du vice, à tel degré de misère morale ou d'ignominie qu'il soit arrivé, il peut toujours se réhabiliter, il possède de quoi guérir ses blessures, il est en état de se relever. Il n'a qu'à aller chercher ses remèdes, sa guérison dans le sacrement de Pénitence, ce chef-d'œuvre de grâce et de miséricorde.

En instituant ce sacrement, Jésus a fait deux choses humainement irréalisables : il a créé le pénitent, il a créé le confesseur.

Il a créé le pénitent ; il a pris l'homme dans son orgueil et il lui a dit : " Tu viendras, tu t'agenouilleras aux pieds d'un homme comme toi ; ce que tu caches à tes parents, à tes amis, à tes enfants, tu le lui diras. "

Et ce commandement s'adresse à tous sans exception. Quand bien même on serait arrivé à la maturité de l'âge ; à la plénitude du talent et de l'expérience ; quand bien même on ploierait sous le poids des honneurs ; fût-on prêtre soi-même, fût-on évêque, fût-on Pape, illuminé de tous les dons de la sainteté, il n'y a pas d'exceptions. Tous doivent se mettre à genoux devant un homme quelquefois moindre et plus imparfait, et dire : " Mon Père, j'ai péché. "

Il a créé le confesseur. Il a donné à un homme un cœur capable d'une intensité d'amour que rien ne peut fatiguer, capable d'aimer le pauvre autant que le riche, le vieillard autant que l'enfant, l'âme d'un bandit autant que celle d'un saint ; capable de descendre avec autant de plaisir au fond d'une prison pour absoudre un scélérat que de pénétrer dans un palais pour sauver l'âme d'im roi.

Il a fait un homme qui eut des lèvres qui ne s'ouvriraient jamais, un cœur inaccessible à la curiosité, à la vanité, à la peur, un cœur clans lequel pourraient s'enfouir des flots de tristesses et d'iniquités sans que jamais il n'en sortit rien.

Ce confesseur, c'est le prêtre ; c'est lui qui est chargé d'administrer le sacrement de Pénitence. C'est en remplissant cette fonction que le prêtre concourt le plus directement au salut de ses frères. Quand il vaque à la plupart des autres occupations du ministère, le prône, le catéchisme, etc., il prépare les âmes à la vie de la grâce ; quand il confesse, il leur donne cette vie. "Si le prédicateur gagne des âmes à Dieu, dit le Père Eudes, le confesseur les sauve. Le premier indique des remèdes sûrs pour la guérison des maladies spirituelles, le second applique ces remèdes aux malades et les guérit. " Saint Liguori avait coutume, de dire : "Le prédicateur sème, le

confesseur moissonne. " Saint Pie V disait : Dentur idonei confessant, ecce omnium christianorum plena reformatio.

C'est surtout en remplissant cette fonction que le prêtre connaît ses ouailles. Là, au confessionnal, il apprend leurs besoins et leurs infirmités ; il applique les remèdes propres à leurs maladies spirituelles ; il arrache ces infortunés d'entre les dents du loup infernal ; il les empêche d'y tomber ; il les repaît d'une pâture céleste en leur donnant des instructions salutaires et en les disposant à recevoir le pain de la vie éternelle, c'est-à-dire, le Corps sacré et le précieux Sang du Fils de Dieu.

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