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L'ORDRE

NATURE DE CE SACREMENT

A propos de ce sacrement, je ne veux que vous rappeler comme elle est grande la dignité de ceux qui le reçoivent et quel est le meilleur moyen d'en faire un saint usage.

Saint Ignace le martyr, dit que le sacerdoce est la dignité suprême entre toutes les dignités créées : Omnium apex est sacerdotium.

Saint Ephrem l'appelle une dignité infinie : Miraculum est stupendum, magna, immensa, infinita sacerdotii dignitas.

Selon saint Jean Chrysostôme, le sacerdoce, bien qu'il s'exerce sur la terre, doit néanmoins être compté au nombre des choses célestes : Sacerdotium in terris peragitur, sed in rerum cœlestium ordinem référendum est.

Saint Augustin dit que le prêcre est au-dessus de toutes les puissances de la terre et de toutes les grandeurs du ciel, qu'il n'est inférieur qu'à Dieu : 0 sacerdos Dei ! Si altutidinem cœli contemplaris, altior es; si pulchritudinem solis, lunœ et stellarum, pulchrior es ; si Dominorum sublimitatem, sublimior es ; solo tuo Créature inferior es.

Selon saint Denys, le sacerdoce est une dignité divine : Angelica, imo divina est dignitas. C'est pourquoi il appelle le prêtre un homme divin : qui sacerdotem dicit prorsus divinum insinuât virum.

En un mot, conclut saint Ephrem, la dignité sacerdotale

surpasse tout ce que Ton peut concevoir : Excedït omnem cogitationem donum dignitatis sacerdotalis.

Et cette haute dignité naît des fonctions que le prêtre exerce. Il est choisi par Dieu pour traiter sur la terre toutes ses affaires et tous ses intérêts. En montant au ciel, Jésus a laissé le prêtre ; il l'a substitué à sa place pour le représenter sur la terre ; pour exprimer dans sa personne la sainteté de ses maximes et l'excellence de ses vertus. Il a fait comme le soleil, en quittant notre hémisphère, qui laisse la lune et les planètes après lui et leur communique sa lumière pour éclairer le monde, pour briller en elles et par elles, lorsqu'ayant disparu sous l'horizon, il ne peut plus briller de son propre éclat.

Chaque prêtre doit donc se dire : Je suis prêtre ; ma dignité est au-dessus de celle des anges ; ma vie doit donc être d'une pureté angélique et je suis obligé d'y tendre par tous les moyens possibles.

Un Dieu daigne obéir à ma voix ; je dois donc à plus forte raison, obéir à la sienne.

La sainte Église m'a honoré ; il faut que je l'honore moimême par la sainteté de ma vie, par mon zèle, par mes travaux.

J'offre au Père éternel Jésus-Christ, son Fils ; il est donc de mon devoir de me revêtir des vertus de Jésus et de me rendre propre à traiter le plus saint des mystères.

Le peuple chrétien doit voir en moi un ministre de la réconciliation, un médiateur entre Dieu et les hommes ; il faut en conséquence que je me conserve toujours dans la grâce et l' amitié de Dieu.

Les fidèles veulent voir en moi un modèle des vertus auxquelles ils aspirent ; je dois donc les édifier tous et toujours.

Les pauvres pécheurs, qui ont perdu la vie de la grâce, attendent de moi leur résurrection spirituelle ; il est donc nécessaire que j'y travaille par mes prières, mes bons exemples, mes paroles ec ma conduite.

Je suis prêtre ; mon devoir est d'inspirer la vertu et de glorifier Jésus-Christ, le Prêtre éternel.

Je suis prêtre ; donc je dois être saint parce que je suis le ministre de la sainteté même : Sancti estote quia ego sanctus

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