‹ Des Scrofulides Graves De La Muqueuse Bucco-PharyngienneChapitre 26 sur 35 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Les formes d’angine que j'ai étudiées ici constituant des manifestations d'une maladie constitutionnelle, c’est dire que, dans la thérapeutique qu’on leur appliquera, une médication générale doit nécessairement être instituée en même temps que les moyens locaux seront mis en œuvre.

Traitement général. — Les agents de cette médication sont dé deux ordres, les uns se rattachent à l'hygiène générale, les autres à la matière médicale.

Je n’insisterai pas sur les premiers malgré leur importance : soustraire les malades au séjour des grandes villes, les transporter dans la campagne ou mieux.au bord de la mer, leur faire prendre de l’exercice et leur prescrire une alimentation généreuse, ce sont là des conseils que l’on devra toujours donner en pareil cas.

La thérapeutique interne a une grande prise sur les manifestations graves de la scrofule, et si le traitement topique est d’une utilité incontestable (je cite les paroles de M. Bazin), ii le cède en importance au traitement interne.

L'huile de foie de morue et les iodures sont les remèdes les plus efficaces qu'on puisse employer contre les scrofulides graves des muqueuses aussi bien que dans le lupus des surfaces cutanées.

L'huile de foie de morue doit être prescrite dans tous les cas où elle est tolérée et l’on sait combien, en général, cette tolérance est prompte à s'établir. Elle est absolument indiquée chez les scrofuleux francs qui ont eu des écrouelles, chez ceux qui paraissent prédisposés à la tuberculose, chez ceux même qui présentent seulement

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tous les traits de lymphatisme. Alors même que la physionomie générale du sujet conduirait à la pensée d’une syphilis héréditaire, l'huile sera donnée concurremment avec l’iodure de potassium. Les doses varieront avec les sujets, mais il faut savoir au besoin les élever jusqu’à 100 et même 200 gr. par jour.

L'iode qui a été considéré comme un spécifique de la scrofule peut être prescrit sous forme de solution d'iodure de potassium ou de sirop d’iodure de fer, soit seul, soit en même temps que l'huile de poisson. Je rappelierai 161 que l’action des iodures paraît être surtout favorable et prompte après l'emploi préalable de l'huile. Au sirop d'iodure de fer on peut associer parfaitement liodure de potassium (5 à 10 gr. de sel par 300 gr. de sirop). Dans d'autres cas, chez les sujets qui ont des adénopathies caséeuses considérables, par exemple, on peut associer l'iodure à la ciguë suivant les préceptes de M. Bazin; on peut aussi, en pareil cas, prescrire à l’intérieur la teinture d’iode à la dose de 5 à 10 gouttes dans de l’eau sucrée. |

C'est plutôt dans les scrofules franchement ulcéreuses qu'on prescrira l’iodure; l'huile est mieux indiquée dans les cas du lupus de la gorge.

Ce serait rester incomplet que de ne pas indiquer les grandes ressources que fournit la médication thermo-minérale. Loin des stations balnéaires on prescrira des bains sulfureux, des bains de sel, des bains d’eau de mer à l’hydrofère, et surtout, si la chose est possible, on ordonnera des bains de mer à la lame ou bien l’on s’adressera aux divers procédés de l’hydrothérapie maritime. Mais, l’eau de mer elle-même ne peut remplacer complètement les

eaux chloro-bromo-iodurées fortes, dont les types sont Homolle. 13

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en France Salies, Salins du Jura et Salins près de Moutiers-en-Tarentaise; en Suisse, Saxon; en Allemagne, Kreuznach et Nauheim.

Traitement local. — Le meilleur topique, sans contredit, est la teinture d’iode qu’on emploie sous deux formes, soit la teinture du Codex, soit la solution caustique de Lugol.

L’acide chromique en solutions plus ou moins étendues répond aux mêmes indications.

Les solutions de chlorure de zinc (1/2 à 1A0), d’azotate d'argent (2/1 à 1/10) agiront comme les précédentes, suivant leur degré de concentration tantôt comme de véritables caustiques, tantôt comme de simples irritants. Lorsqu'on veut produire une action escharrotique, il faut, plus encore qu’à la peau, prendre de grandes précautions pour limiter l’action des topiques et empêcher leur diffusion.

Dans certaines formes exubérantes on pourrait essayer l’usage de chlorate de potasse pulvérulent, mais l'application en serait beaucoup plus difficile que sur les lésions du tégument externe.

Quand l’ulcère de la gorge est le siége de violentes douleurs, l’iodoforme en suspension dans la glycérine pourrait rendre quelque service.

À ces moyens locaux, on se trouvera bien d’adjoindre souvent les douches locales ou les pulvérisations; ces moyens sont surtout avantageux pour déterger certains ulcères pulpeux. À cet effet, on emploiera soit simplement l’eau glycérinée, soit, lorsque la muqueuse est légèrement enflammée, une solution faible de chlorate de potasse, d’alun ou de borate de soude; sur les muqueuses plus atoniques on projetterait une eau sulfureuse ou une

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eau chlorurée; dans le cas d’ulcération douloureuse une

solution étendue de chloral.

Ge traitement local pourrait se faire dans quelques staüons thermales, à Saint-Christau, à Allevard, à Uriage, par exemple, mais j’ai indiqué plus haut la supériorité incontestable des eaux chloro-bromo-iodurées fortes.

Je n'ai pas eu l’occasion d'étudier l'anatomie pathologique des serofulides graves de la gorge, je me bornerai done à signaler à ce sujet une note de M. Cornil sur les altérations histologiques du pharynx observées dans un cas de M. Desnos (Soc. méd. des hôpitaux, 1865, p. 31) et les détails consignés à la suite du mémoire récent de M. Landrieux (Arch. gén., décembre 1874); l'examen histologique a été fait, dans ce cas, par M. Nepveu.

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