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Nous avons relevé dans 6 cas (sur 15 « assurés ») une aggravation des troubles post-traumatiques visiblement déterminée par un problème social.
Cette agéravation nous paraît en rapport chez nos malades, avec des circonstances spéciales qui la favorisent ou la déclanchent :
a) Circonstances favorisantes :
—- Un «sol psycho-affectif » spécial semble nécessaire : n’est pas sinistrosique qui veut.
— Le « déclassement social », joue en tant qu’il accentue le trouble de l’adaptation (2 cas).
—- Les circonstances de l’accident : « l’accident immérité », éveillant un sentiment d’injustice, compte beaucoup dans l’apparition de la sinistrose. Un ouvrier «spécialisé » obligé d’aider des « manœuvres », est blessé dans ce travail. Ce facteur, comuae toute cause familiale ou sociale qui aigrit le blessé, agit dans ce sens.
b) Causes déterminantes :
— Causes cliniques : il s’asit de malades qui, du fait de leur traumatisme, voient leurs capacités physiques et mentales réduites : amnésie de fixation, fatigabilité, perte de l’automatisme psychomoteur, hyperémotivité, en font des « diminués » réels. Le trouble de l'adaptation, en « désinsérant » le blessé dans la société, joue certainement un grand rôle dans l’aggravation de ses troubles.
— Causes sociales : sur le plan professionnel, le traumatisé cranien envisage l’avenir avec incertitude et angoisse. La « pension » est pour lui un élément d'inquiétude de plus, une source de préoccupation constante et obsédante : «il aurait mieux valu accepter une indemnité au début, que d’avoir l’incertitude de cette pension » avons-nous
entendu dire deux fois par l’entourage du malade.
Le retard à l’expertise crée un élément favorable à l’aggravation. Mais la nouveile législation y a remédié en autorisant la reprise du travail avant même que soit fixée [l’I. P. P.
Les discussions entre le blessé et son Assurance jouent le même rôle. À ce point de vue, le système de Sécurité Sociale réalise un grand progrès : il n’y a plus « conflit » mais « collaboration » pour établir le taux d’I. P. P., et ce fait contribue à rétablir un climat de éonfiance bienfaisant.
Il nous semble donc que de multiples facteurs entrent en jeu pour réaliser la «sinistrose ». Le traumatisé cranien, ébranlé dans sa personnalité, diminué dans ses facultés, finit par espérer plus de la société que de lui-même. Dans cette réaction spéciale de l’individu, où entrent des facteurs personnels, professionnels, familiaux, sociaux, nous pensons que la perte de la faculté d’adaptation, due au traumatisme, joue le rôle principal.
Au législateur et au médecin d'éviter qu’un malencontreux problème social ne vienne préoccuper et ébranler davantage le malheureux blessé.