‹ Des Sequelles Des Traumatismes CraniensChapitre 4 sur 32 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Etude clinique des sequelles tardives des Traumatismes Craniens

Nous avons trouvé des séquelles tardives dans 40 cas, tandis que 10 blessés n’accusent plus aucun trouble.

A) CEPHALEE

Elle constitue la plus fréquente séquelle des tr. cr. Nous l’avons notée dans 28 cas.

a) 20 fois elle est discontinue et paroxystique,

b) 5 fois elle est permanente,

c) 3 fois des paroxysmes se greffent sur un fond de douleur permanente.

a) Céphalée discontinue paroxystique :

Elle est déclanchée par un effort physique ou intellecteul, un mouvement brusque (surtout baïsser la tête) une excitation sensorielle brutale, intense ou prolongée, Les malades sont d’une sensi-

bilité extrême à tout ce qui modifie l’atmosphère où ils vivent, et trouble le repos et le calme qu’ils recherchent par dessus tout. Ils accusent fréquemment l'influence néfaste du changement de temps, du vent, de la lumière vive, du bruit, des secousses.

Tout ce qui contribue à affecter leur état général à une action déterminante sur la céphalée : une grippe banale, un léger embarras gastrique, une constipation suffisent à la déclancher ou à l’exacerber.

Les malades décrivent leur mal de façon très différente : tantôt il s’agit d’une douleur constrictive, en « étau » enserrant la nuque (6), le front (5) ou les tempes ; tantôt il s’agit d’une sensation g$ravative, ou transfixiante, en « éclair », ou pulsatile. Un malade parle de « coups sourds sur une toile tendue », un autre de « martellement » ; d’autres ont une sensation sympathalsique d’ « écoulement de liquide chaud » dans une zone plus ou moins localisée du crâne, de « brûlure », de « cuisson » ou de « multiples piqûres d’épingles superficielles ». Deux fois, il s’agit d’un simple « agacement au frôlement » de la zone traumatisée qui provoque un réflexe de défense si on approche la main.

La localisation de la céphalée correspond 6 fois à. l'endroit du choc.

Plus souvent, elle se manifeste au point diamétralement opposé au point traumatisé (8 cas).

Les céphalées frontales et occipitales, après des traumatismes de localisations diverses, sont fréquentes (5 cas).

Trois malades, victimes de traumatisme tempo-

OU

ral, frontal et pariétal, parlent d’un « filet liquide chaud », naissant en arrière de l’orbite, progressant lentement vers la base de la tempe, le conduit auditif, enfin la région occipitale. La douleur devient alors soit pulsatile, soit constrictive. Elle peut s’arrêter à l’un de ces stades, mais elle progresse toujours dans le même ordre et, lorsqu'elle atteint l’occiput, elle ne tarde pas à se généraliser à toute la tête (2 cas) ou à provoquer des vomissements (1 cas).

La durée des paroxysmes va de quelques fractions de seconde (« éclair ») à quelques heures. Lorsqu'ils sont prolongés, ils entraînent des nausées, voire des vomissements qui ont une influence apaisante. |

b) Céphalée continue :

(5 cas). Elle est sourde, peu intense mais obsédante, s’accompagnant de sensation de tête vide ou ‘d’un bruit intra-cranien, «ronronnement » lointain et lancinant particulièrement pénible. L’incapacité intellectuelle, les troubles psychiques et caractériels, sont alors considérables.

c) Céphalée continue à paroxysme :

Des accès paroxystiques se greffent chez trois

malades, sur un fond de céphalée continue.

Page 1