C) TROUBLES SENSORIELS
a) Troubles auditifs :
Ce sont les plus fréquents des troubles sensoriels : 21 cas.
1° Hypoacousie : 7 fois unilatérale, elle est une fois bilatérale,
RTE 2 NE
2° Troubles labyrinthiques : l’excitabilité labyrinthique est anormale dans 15 cas : hyper ou hypo-réflectivité aux épreuves caloriques et rotatoires, avec augmentation ou diminution du nystagmus post-rotatoire. (Rf. 7.)
Souvent bilatéraux, mais à prédominance unilatérale, ces troubles sont au début, de type hyperexcitable, plus tard hypo-excitable. (Rf. 15.)
Les dissociations bilatérales des épreuves caloriques et rotatoires, les fortes réactions vertigineuses avec malaise général et état lipothymique nécessitant l’arrêt de l’épreuve rotatoire, ont été obser vées.
Dans 4 cas, les troubles auditifs étaient purement subjectifs, « bourdonnement » dont la fréquence, grande au cours des premiers mois, décroit ensuite rapidement. (Comme l’hyperacousie.)
b) Troubles oculaires :
Dix-neuf cas, parmi lesquels nous avons trouvé 9 fois des signes objectifs : 3 rétrécissements concentriques du champ visuel avec baisse de l’acuité visuelle.
— 2 retards avec diminution du réflexe photomoteur unilatéral.
— 2 mydriases unilatérales réagissant à la lumière.
— ] diplopie par parésie d’un adducteur.
— ] névrite optique post-traumatique.
Dix fois, les troubles sont subjectifs : « brouillard » obscurcissant tout ou partie du champ visuel et strié parfois de phosphènes colorées, lorsque le sujet s’expose à une lumière vive (3 cas).
— Modifications de la T. À. R. : Elles ont été
recherchées chez 18 malades et nous notons, dans S observations, des modifications tensionnelles : 1° Elévation de la T. À. R. :
Obs. 14. — T. À. KR. : 40 pour une T. À. humeérale de 13-7.
Obs. 16. — T. A. KR. : 40 en 1948 (contre 30 au moment du tr. en 45).
Obs. 33. — T. A. KR. : 60 pour T. A. humérale 13-7. |
2° EÉlévation unilatérale de la T. À. R. :
Un an après un tr. péri-orbitaire gauche, la T. A. R. de M. R.…. (obs. 1) est à 30 à droite, à 35 à gauche.
Obs. 2 : 2 ans après un tr. pariétal droit, l’artère rétinienne droite a une tension : 35, tandis qu’à gauche la T. A. KR. : 60, et l’ophtalmologiste note de ce côté seulement la présence d’un « pouls veineux spontané ».
c) Troubles olfactifs :
Six de nos malades ont des troubles de l’odorat ou du goût. S
Quatre avaient subi des tr. frontaux, qui ont provoqué chez 3 d’entre eux une anosmie isolée, bilatérale et complète, et chez le quatrième, une hyposmie avec cacosmie : il s’agit d’une femme qui se plaint de ressentir fréquemment une odeur de pourriture, particulièrement pénible, entraînant un dégoût des aliments ; il s'ensuit une anorexie et un amaïigrissement importants.
Anosmie-agueusie chez les deux autres, victimes de chocs occipitaux très violents : chez l’un d’eux, cette complication a été responsable d’une brûlure de l’œsophage par absorption d'Eau de Javel.
D) TROUBLES NEURO-VEGETATIFS
Ces troubles témoignent plus particulièrement de l’atteinte du meso-diencéphale
Par leur fréquence, ils méritent la première place: 32 cas, contre 28 cas de céphalée souvent considérée comme la plus fréquente séquelle des trcro ARE 227
Par leur objectivité, ils ont une RU séméiologique de premier ordre et constituent un test d’indubitable sincérité.
a) Troubles de la vaso-motricité (16 cas) :
Des accès de rougeur du visage, suivie de pâleur, s’accompagnent de malaise général, d’éblouisse-, ments, de sensations vertigineuses, de bourdonnements, dañs 10 cas ; 2 fois, bombement et tension douloureuse de la cicatrice de trépanation sont concomitants.
Un refroidissement de extrémités, avec pâleur et cyanose des doigts, comme dans le syndrome de Raynaud, survient par crises chez 6 de nos malades. L’un d’eux fut amélioré par des infiltrations stellaires.
b) Troubles de la sudation :
Des crises de sudation généralisée, déclanchées par un effort minime ou une crise d’irritabilité, sont retrouvées deux fois.
La sudation est localisée :
3 fois à la résion traumatisée ;
1 fois le malade présente une sudation «en pélerine », intéressant l'extrémité .Céphalique, le cou, les épaules et la moitié supérieure du thorax.
Rp
Au moment des crises de céphalée, M. A.., voit sa face et ses mains se couvrir de sueurs.
c) Larmoiïiement et hyperhémie conjonctivale : Peuvent accompagner le paroxysme céphalalgique (2 cas).
d) Tension artérielle, rythme cardiaque et respi-
ratoire, température du malade n’ont pas été
systématiquement étudiés.
Le R. O. C. est à 70-20 dans une observation.
Observation 50. — M. T.… (Pierre), marchand de primeurs, est renversé par une automobile le 30-3-48. Il subit un choc pariéto-temporal droit et reste obnubilé durant une demi-heure.
La nuit suivante, il est subitement pris de céphalée diffuse, atroce. L'examen pratiqué alors décèle :
— Un brusque état de prostration, d'adynamie telle que le visage même reste immobile, « figé ».
— Un ralentissement du pouls (60) et une chute de la tension artérielle (la max. passe de 16 à 12).
— Une diminution des réflexes rotuliens et achilléens droits.
— Une asynergie oculo-palpébrale.
Les jours suivants, le dérèglement du pouls et €e la . T. A, s'accentuent (pouls 50; T.A. MXx. 7).
Des sueurs abondantes généralisées, de l’hypersomnie apparaissent,
En septembre 48, l'adynamie persiste à tel point que le malade n'a pas la force d'articuler quelques mots. Il lui est impossible de se tenir debout. On remarque une atrophie musculaire importante globale. Sa fatigabilité est extrême. Céphalée, amnésie de fixation et d'évocation, perte de l’automatisme psycho-moteur (calcul mental) sont importants. Une diminution de l'affectivité (désintérêt pour sa famille, ses affaires) s'accompagne d'irritabilité. Mais les troubles tensionnels et, rythmiques ont disparu.
En février 49, nous sommes frappés de l'importance des troubles mentaux résiduels : amnésie globale, fatire EE diminution de l'affectivité, irritabilité persistent.
PNOENRe L'hypersomnie et l’adynamie sont en régression.
Cette observation est aussi un exemple du « syndrome adynamique d’origine diencéphalique » signalé par DE MORSIER et RICHARD. (Rr. 12).
—— Une baisse d'amplitude et un ralentissement du pouls accompagne les crises de vaso-dilatation
faciale chez M. A... (obs. 50).
e) Troubles du sommeil :
Insomnie, la plus fréquente : 9 cas, en dehors de ceux où elle nous a paru secondaire à la céphalée. Elle est tenace, très pénible, peu influencée par les médicaments.
Onirisme : 3 blessés disent que leur sommeil est léger, et souvent interrompu par des cauchemars qui les réveillent en état d’angoisse.
Hypersomnie : certaine dans 5 cas. Dans une observation, cette hypersomnie rétrocède au bout de 2 ans, pour faire place à de l’insomnie.
Il peut y avoir même alternance d’insomnie et d’hypersomnie (1 cas).
f) Troubles digestifs :
Anorexie primitive : rebelle durable, elle domine le tableau clinique chez 4 anciens blessés. L’un d’eux accuse aussi une constipation, et ces troubles digestifs ne se manifestent qu’en période de céphalée.
6) Troubles métaboliques :
Amaigrissement, sans anorexie, variant de 5 à 15 kgs, persiste depuis plus d’un an chez 5 mala-
ET Se
des. 3 ne maigrissent qu’au moment de la reprise du syndrome post-traumatique, et récupèrent ensuite les 2 ou 4 kgs perdus.
Adipose : a été relevé une fois : il s’agit d’une femme de 40 ans, victime d’un traumatisme frontal d’allure bénigne (3 heures d’obnubilation) dont le poids est passé de 78 à 90 kgs en quelques mois ; cette augmentation de poids s’est faite alors que lPappétit restait normal ; en même temps, l’aménorrhée fut définitive, alors qu’elle avait toujours été normalement réglée. ;
Polydypsie : s'associe à d'importants troubles hypniques (alternance d’hyper et d’insomnie) et à un syndrome basedowien chez un de nos malades. (Voir observation n° 35).
Oligurie : d’origine diencéphalique, sans aucun signe d’atteinte rénale, fut responsable, chez 3 malades, d’une élévation transitoire de l’urée sansuine : 0,60 à 0,65 (sans albuminurie).
E) TROUBLES NEURO-ENDOCRINIENS a) Syndrome basedowien post-traumatique :
Observation 35. — M. G.. Rémy, âgé de 27 ans, est «soufflé » en mai 1940, par la déflagration d’une torpille aérienne. Il n’y a pas eu choc direct, mais il est resté 3. heures dans le coma, 3 jours inconscient, en proie à une grosse réaction confusionnelle avec agitation et délire. Les semaines suivantes, ce sujet tombe dans un très important état d'asthénie, d'adynamie. Il maigrit de 12 kgs. Sa fatigabilité physique et mentale est extrême. Il est à la fois déprimé, agité, présente des. céphalées, éblouissements, sueurs frontales, de l’insomnie, des troubles de l'attention et de la mémoire de fixation, de l’hyperémotivité, une irritabilifé anormale. Fait notable, il est plus altéré qu’autrefois, et doit boire fré-