‹ Des suites éloignées de la Myomectomie AbdominaleChapitre 20 sur 30 · EVOLUTION DE LA GROSSESSE · texte numérisé non relu

EVOLUTION DE LA GROSSESSE

L'évolution normale, la plus favorable, est aussi la plus fréquente. On a discuté beaucoup la fréquence des avortements chez les myomectomisées, mais il semble que ces incidents ne soient pas attribuables, dans la majorité des cas, à la myomectomie.

Quelques-uns sont accidentels, d’autres coïncident peut-être avec des récidives (obs. XI), ou toutes autres causes communes, la syphilis par exemple.

Les observations de M. Goullioud, de Didier et Hidden, montrent que l'utérus tolère parfaitement la présence d’un œuf dans sa cavité malgré l’étendue et la multiplicité des incisions et malgré l’ouverture possible de la cavité utérine.

En utilisant les cas de M. Goullioud et ceux de la littérature médicale, Benoît-Gonin avait réuni 99 cas de femmes enceintes après des myomectomies abdominales. La grossesse avait évolué en général sans incident grave : 115 conceptions ont donné 100 grossesses à terme, 20 avortements et 5 accouchements prématurés. M. Goullioud a observé plusieurs cas nouveaux de grossesse sans que cependant ces cas nouveaux aient modifié les conclusions et les statistiques. de Benoît-Gonin.

L'avortement, comme l’accouchement prématuré,

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sont donc rares et l’évolution jusqu’à terme ou au voisinage du terme est la règle.

Quant au placenta prævia (obs. VID), il est l'exception et n’est pas plus fréquent chez les opérées que dans la clientèle hospitalière habituelle.

B. — ACCOUCHEMENTS APRES MYOMECTOMIE

Après une évolution normale, la grossesse se ter-

mine généralement par un acouchement normal et son étude n’a guère de particularités qui méritent d’être signalées.

PRÉSENTATION. — Sur 100 accouchements, on trouve 96 présentations céphaliques normales, trois sièges et une présentation de la face (obs XIIT, accouchement dans le service de M. le Professeur Commandeur).

LE TRAVAIL. — Mais, si la cicatrice utérine n’a probablement pas d'influence réelle, comme semblent l'indiquer les observations, sur les contractions utérines il ne faut pas oublier, que les myomectomisées sont des primipares âgées chez qui le travail est plus lent et il ne faudra pas craindre de patienter longtemps.

Le Professeur Konwer (Revue mensuelle d'Obstétrique et de Gynécologie, juillet-septembre, 1917, p. 205), dit : « La durée du travail augmente avec l’âge de la primipare et cela à cause d’une diminution des contractions. |

Ce phénomène est probablement la conséquence de l’affaiblissement fonctionnel de tous les organes, y compris les glandes endocrines agissant sur l’utérus,

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que régissent les modifications de la grossesse. Cet affaiblissement serait lui-même la conséquence du retard apporté par l’abstinence, au développement physiologique de l'organisme féminin.

Cette hypothèse semble renforcée par l’augmentation de la fréquence de l’inertie, de l’albuminurie gravidique, de l’éclampsié à partir de l’âge de 24 ans.

La grève gravidique pendant 6 à 7 ans (temps entre les premières règles et le premier accouchement), range déjà la primipare de 24 ans parmi les primipa- res âgées. »

Nous n’irons pas si loin que le Professeur Konwer, mais nous croyons qu'on fera bien de conseiller aux myomectomisées âgées de venir accoucher, au moins pour un premier accouchement, près d’un centre obstétrical ou même dans une maternité (obs. X).

La rupture utérine, que nous n’avons jamais observée, et dont Benoît-Gonin signale trois cas trouvés dans la littérature médicale, est fonction de l’imperfection de la cicatrisation, mais on ne peut dire qu’elle soit en rapport avec l’ouverture de la cavité utérine, ni avec le nombre des incisions pratiquées. Il semble qu’elle doit être contemporaine du début du travail. Mais, la zone cicatrisée présente, le plus souvent une épaisseur et une solidité suffisantes pour assurer sans aucun danger de nouvelles gestations et de nouvelles parturitions.

Quoiqu'il en soit, si la rupture utérine est une éventualité rare, il n’en pas moins vrai que la cicatrice utérine est un lieu de moindre résistance qui devra attirer tous les soins du gynécologue au moment de

Laisoie

l'intervention et toute l’attention de l’accoucheur au moment de la gestation.

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