‹ Des Terminaisons Du Phlegmon PrévésicalChapitre 2 sur 13 · DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE NANCY · texte numérisé non relu

DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE NANCY

PNR CD ECTTION

Le but de notre travail n’est pas de refaire l’histoire du phleæmon de la cavité de Retzius ; nous tenons seulement à insister sur ses différentes terminaisons et spécialement sur un cas que nous avons eu l’occasion d'observer en 1884 à la clinique de Monsieur le Professeur agrégé Rohmer, suppléant Monsieur le Professeur Gross. Nous voulons parler d’un phlegmon prévésical qui, malgré une incision faite à la peau, s’est ouvert spontanément dans un segment de lintestin grêle, de sorte que les matières fécales s’écoulaient au dehors par la plaie abdominale en même temps que le pus provenant de la cavité. Il en est résulté, en un mot, une fistule pyo-stercorale qui a guéri sans aucune intervention et assez rapidement.

Ce mode de terminaison, favorable dans cette observation, aurait pu être une complication très-grave, car les adhérences intestinales qui se sont produites, ont prévenu une péritonite généralisée, rapidement mortelle.

On sait que ces adhérences ou en un mot que cette péritonite circonscrite est un moyen employé par la nature pour faciliter l’expulsion du pus et prévenir ainsi l’épanchement de ce liquide dans le péritoine. L’incision cutanée n’a été dans ce cas qu’une porte de plus, et c’est ce qui a permis la guérison rapide de l’affection.

Les différentes monographies qui traitent du phlegmon de la cavité de Retzius ne mentionnent pas, ou mentionnent à peine, cette terminaison des phlegmons prévésicaux : ce point n’a été signalé que pour les abcès périnéphrétiques, les pérityphlites suppurées, les abcès de la fosse iliaque et les suppurations qui s’accompagnent de la sortie de vers intestinaux : à ce propos nous devons citer la thèse de Blin (Paris 1879) sur les « Fistules pyostercorales consécutives aux abcès phlegmoneux de la cavité abdominale et indépendantes des hernies.» L’auteur éloigne du sujet les collections purulentes périhépatiques, périspléniques, périutérines et périvésicales, et il explique cette immunité par les rapports de ces organes avec le péritoine.

A part l’observation principale de la thèse de Macarez sur les « Phlegmons de la cavité de Relzrius » (Lille 1881), où la terminaison par ouverture de lintestin est signalée, nous n’avons pas trouvé d'observations semblables à la nôtre. Lorsque l'ouverture de la collection est rapportée comme s'étant faite dans l’intestin, on ne dit pas dans quel segment intestinal : on a presque toujours en vue le gros intestin, le cœcum dans le cas de pérityphlites consécutives, ou le rectum dans le cas où le pus fuse vers cet organe.

Etant donné ce petit nombre de faits, nous avons pensé qu’il y avait là une lacune que nous avons essayé de combler en partie, en prenant comme sujet de notre thèse inaugurale les terminaisons du phlesmon de la cavité de Retzius.

Avantd’entreren matière, nous tenons à remercier Monsieur le Professeur agrégé Rohmer qui nous a inspiré le sujet de notre travail en mettant à notre disposition l’observation principale, et qui nous a aidé de ses précieux conseils pendant notre rédaction. |

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Que Monsieur le Profeseur Gross, qui a bien voulu accepter la présidence de notre thèse inaugurale, veuille bien agréer ici tous nos remerciments pour l’observation qu’il nous a communiquée, et pour la bienveillance qu’il n’a cessé de nous témoigner pendant tout le cours de nos études médicales.

Merci aussi à notre ami Steinmetz, pour l’obligeance qu’il a eue en mettant à notre service ses connaissances de la langue allemande.

ÉHSTORIQUE

C’est en 1856 qu’un anatomiste Suédois, Retzius, présenta à l’Académie de Stockolm une description spéciale de la cavité qui porte son nom: ce travail fut communiqué en 1858 par le D' Hyrtl à l’Académie des sciences de Vienne.

M. Bernutz en 1850 avait cependant publié des observations sous le nom de « Phlegmons de la paroi abdominale antérieure » (Archives générales de médecine, 1850, T. 28).

Constantin Paul faisant l'éloge de J.-J. Bouley, dans son livre surles « Maladies du cœur », dit que c’est à lui que revient l’honneur d’avoir diagnostiqué le premier un abcès situé dans la cavité prépéritonéale de Retzius : il décida le chirurgen à faire l’opération et guérit son malade.

La thèse de Labuze (Paris 1871), qui est citée comme se rattachant aux phlegmons prévésicaux, traite « Des abcès developpes dans la gaîne du muscle grand droit de l’abdomen » ; il adopte les opinions de Retzius sur le siège de ces abcès.

Les thèses de Vaussy (Paris 1875) et de Poisson (1877) sur « les Phlegmons sous-péritonéaux de la paroi abdominale antérieure » relatent un assez grand nombre d’observations qui paraissent appartenir à l’histoire des phlegmons prévésicaux.

Jusqu'à ce moment, la confusion a cependant régné, et il faut en arriver à la thèse de Castaneda y Campos (Paris 1878) pour trouver un travail spécialement consacré aux « PAlegmons de la cavilé prépéritonéale de Retzius. »

Se SEE

L'année suivante, Gérardin consacra son travail inaugural à ce même sujet; ces deux thèses furent inspirées par les leçons du Professeur Guyon. Gérardin insiste principalement sur les symptômes de ces phlegmons et il clierche à les différencier des affections avec lesquelles ils sont le plus souvent confondus.

La thèse d’agrégation de M. Bouilly (Paris 1880) sur les « Tumeurs aigües et chroniques de la cavité de Retzius », traite des tumeurs phlesmoneuses, des collections traumatiques ou spontanées, et des néoplasmes qui peuvent se montrer dans la région prévésicale.

Dans la Gazette médicale de Paris (1880 et 1883), M. Pauzat, aide major au Val-de-Grâce, dans plusieurs chapitres intitulés : « Du phlegmon prévésical », a communiqué de nouvelles recherches anatomiques sur la cavité de Retzius et publie plusieurs observations. Nous rapporterons brièvement les conclusions de ce travail au chapitre d'anatomie, ainsi que le résumé des observations.

La thèse de Macarez (Lille 1881), inspirée par M Wannebroucq, renferme quatre observations inédites de phlegmons de Retzius : nous en donnerons le résumé, sauf l’observation principale que nous rapporterons in extenso avec l’autopsie, car elle se rattache de tout près à notre travail.

Nous citerons en outre une observation parue dans la Gazette des hôpitaux (1880), où M. Tillauæ donne des indications pour pratiquer le drainage abdomino-vaginal ; une observation de M. Guyon parue dans le Progrès médical de 1885, une observation de M. Bouilly publiée dans la Gazette médicale de Paris (1884), où le phlegmon prévésical s’est terminé par une péritonite suraigüe, et enfin une observation inédite due à M. le professeur Gross.

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