OBSERVATION I
(Personnelle).
Polynévrite diphtérique
Angine diphtérique. Paralysie du voile du palais. Troubles oculaires. Troubles de la motilité et de la sensibilité subjective et objective aux quatre membres. Amélioration progressive. Guérison au bout de huit mois.
Marie H. ., 19 ans 1/2, femme de chambre. — Rien à signaler comme antécédents héréditaires. La malade a été réglée à 13 ans 1/2. Elle l’est depuis régulièrement. Elle n’a jamais eu de maladie grave jusqu'à 18 ans 1/2.
En Mai 1943 elle a contracté la diphtérie en soignant l’enfant de ses maîtres qui en était atteint. Elle fut soignée à l'Hôpital Pasteur de Paris, où elle entra le 25 Mai. Elle y resta jusqu’au 26 Juin.
On la traita par le sérum de Roux et on lui fit un tubage. Des commémoratifs il semble résulter qu'elle fit une angine: diphtérique de forme assez grave avec fièvre et tuméfaction ganglionnaire sous-maxilliaire. Après une évolution de durée normale l’angine guérit. La malade sortit de l'Hôpital Pasteur pour rentrer à Bordeaux dans sa famille.
Dès ce moment, et suivant immédiatement l'angine, apparurent
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les premiers troubles névritiques. Ils portèrent en premiers lieu sur le voile du palais et le larynx. La parole était difficile, la voix nasonnée. Très peu après la vue commença de s’afiaiblir. Les troubles visuels s’accentuèrent rapidement. Au bout de quelques jours la malade en arriva à ne plus accommoder. La vision à distance devint trouble et il survint une diplopie qui dura peu.
Les troubles palatins et oculaires commencèrent à s'amender au bout de deux mois. Au mois de Septembre ils avaient complètement disparu.
Presque en même temps que ces premiers symptômes, en tout cas les suivant de très près, étaient apparus les premiers troubles névritiques des membres. Ils commencèrent par les membres inférieurs. Fourmillements, sensation de froid puis incoordination des mouvements. Impossibilité de la station debout, marche impossible sans appui, steppage.
Les mains se prirent ensuite. La malade ne DA plus rien saisir. La paralysie des extenseurs devint complète, les mains étaient en grifie. Les mouvements des coudes et des épaules
étaient conservés. Cest dans cet élat que la malade entra le 18 Juillet 1913 à l'Hôpital Saint-André de Bordeaux, dans le service de M. le Professeur Pitres.
Les troubles de la vue avaient complètement disparu. Ceux du voile du palais et du larynx persistèrent, bien que très atténués, jusqu'à la fin d'Août et ne disparurent définitivement que vers la mi-Septembre.
Aux quatre membres les troubles sensoriels subjectifs précédèrent les troubles de la motilité, sensation de froid aux extrémités, picotements, fourmillements, lancements dans les mollets sans qu’on note une recrudescence vespérale de ces douleurs. Puis survint de l’impotence. Elle ne fut que partielle, la malade put toujours arriver à porter avec ses maius les aliments à sa bouche.
= La marche était très difficile. Elle n’était possible qu'avec de soli-
des points d'appui. {I n’y eut cependant à aucun moment d'impo-
tence totale. Le traitement consista en massage et électrisation.
‘Au début du mois d’août les mains commencèrent à reprendre
=ToD
peu à peu leur souplesse. La paralysie des extenseurs disparut. Ensuite les symptômes s’amendèrent pour lesmembres inférieurs. Vers la mi-septembre la malade put commencer à marcher sans se faire soutenir.
C'est à cette époque que nous avons commencé à étudier cette malade que nous avons suivie ensuite jusqu’à sa guérison complète. Voici la description de son état tel que nous l'observâmes lors de notre premier examen :.
Membres supérieurs. — La coloration de la peau est normale. Il y a un amaïigrissement notable mais on ne constate pas d'’atrophie véritable. Les masses musculaires des éminences thénar et hypothénar sont très aplaties. Les fléchisseurs des doigts sont encore faibles, les extenseurs ont repris, bien que faibles encore, leurs fonctions. La malade a cependant dès lors pu recommencer à s'occuper de travaux de couture, grossière il est vrai.
Membres inférieurs. — La peau est sèche, un peu amincie mais ne présente pas de coloration violacée. Seule la peau des pieds est légèrement rosée. Pas de tension exagérée de l’épiderme, pas d'atrophie tégumentaire, pas de rétractions tendineuses. Pas d'œdème du tissu sous-cutané. Rien du côté des ongles ni du système pileux. Aucun relâchement articulaire ni au genou ni à la hanche. :
Les pieds sont froids mais la sensation subjective de froid n'existe plus comme au début. Parfois encore la malade ressent des fourmillements dans les deux jambes et des crampes assez douloureuses, surtout dans le mollet droit.
Le redressement des pieds sur les jambes est difficile et ne peut s'effectuer si l’on y oppose avec la main une résistance si légère soit-elle. La démarche est encore hésitante. La malade marche les jambes écartées, en se dandinant, mais le steppage est devenu. insignifiant, le plus souvent même il n'existe plus.
La station debout, talons rapprochés, est encore impossible sans point d'appui. Il n'y a pas de signe de Romberg.
Etat des réfiexes.
R. Massétérini-::1.1..4,24 41:12 très faible. Ripupillairest 2:01 uunalis normaux.
Rrolécramien sis 2 15 iu 2 bus aboli.
Réaction des muscles de l’avantbras à la percussion.......... nulle.
R. périostique et tendineux du poignet. es tof ... abolis.
R. abdominaux sup. et inf....... abolis.
R. des muscles de la cuisse à la DEDCUSSLON ne co ont 1. ""hüHé Hachiléen: en are Eu" .. aboli des 2 côtés.
Re POUR ee Ne ee — RS DIAREAEE 6 0 EE —
Etat des sphincters. — Au cours de l’évolution de la maladie le sphincter vésical fut touché. Les émissions involontaires d'urine étaient assez fréquentes surtout lorsqué la malade riait ou toussait ou.lorsqu’elle tardait à satisfaire un besoin d'uriner.
‘Le sphincter anal paraît avoir été-respecté. À aucun moment il n’y eut d'incontinence des matières
Etat général. — L'appétit est un peu diminué. L'appareil digestif est normal. Le cœur est normal, aucun souffle, pouls 75-80. Les reins fonctionnent normalement. Les urines ne présentent aucune particularité notable. ;
Un nouvel examen complet, auquel nous nous sommes livré le 4 novembre, nous a permis les constatations suivantes :
Membres supérieurs. — Même état. Les contractions musculaires ont cependant repris un peu de force.
Membres inférieurs. — Les pieds sont toujours très froids sans qu'il y ait sensation subjective de ce froid. Les fourmillements et