CHAPITRE PREMIER
Historique
Les tumeurs de la glande lacrymale orbitaire sont rares. Wharton, en 1905, déclarait que pendant les vingt et une années écoulées à ce moment, la Clinique ophtalmologique de Manchester avait traité 28.000 malades, parmi lesquels 35 étaient atteints de tumeur de l'orbite, dont 3 seulement intéressaient la glande lacrymale,
Ces tumeurs ont été pendant longtemps méconnues, et aujourd'hui encore elles n'ont pas fait l’objet d'un travail d'ensemble.
Les anciens chirurgiens et les oculistes doutaient même de leur existence.
Fabricius Hildanus aurait, d’après Bôttger, signalé en 1598, une tumeur de la glande lacrymale, mais on ne peut la considérer comme primitive, car cet auteur écrit : « Tumorem Schirrosum ad magnum oculi sinistri canthum, castaneae magnitude... ille autem tumor, ab una parte adherebat conjunctivae membranae usque ad iridem, ab altera vero haerebat palpebrae superioris et lacrymati glandulae. »
Le premier cas certain de tumeur de la glande lacrymale fut rapporté par Bœrhaeve, en 1746. Il s'agissait
d’un squirrhe chez une femme.
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Maslieurat-Lagemard, en 1840, publia le premier travail important sur le sujet. Ce chirurgien de Paris rapportait plusieurs observations de tumeurs primitives de la glande lacrymale, alors qu’au début du siècle Roux et Schmidt « ne croyaient pas qu'on ait jamais vu le cancer affecter la glande lacrymale autrement que par le progrès de celui du globe de l'œil ». |
En 1870, nous trouvons en France la première thèse inaugurale sur les tumeurs de la glande lacrymale, par Sautereau. Get auteur a d'ailleurs envisagé surtout Îles néoplasmes bénins.
En 1880, Knapp publia trois cas de tumeur de Ja glande lacrymale, parmi lesquels ‘deux carcinomes, tandis que Mollière et Chandelux présentaient à la Société de Médecine de Lyon les coupes d’un épithélioma intra- ‘’acineux de la glande lacrymale,
Salles, de Montpellier, fait également, dans sa thèse inaugurale, une étude des tumeurs solides de la glande lacrymale qu'il propose de classer en six groupes 1° adénomes, 2° sarcomes, 3° myxomes, 4° fibromes,. 5° carcinomes, 6° enchondromes.
En 1889, de Wecker et Landolt écrivaient : « Les tumeurs cancéreuses 6nt, en tout cas, fort rarement pour siège la glande lacrymale, et il faut croire que ces néoplasmes, développés primitivement dans d'autres parties de l'orbite, n’ont envahi cette glande que par suite des progrès de leur évolution dans plusieurs des cas où l’on a regardé cet organe comme étant leur point de départ. »
En 1894, Dianoux a relaté deux cas d’épithélioma polymorphe de la glande lacrymale‘orbitaire (tumeur mixte).
L'année suivante, Schäfler comptait 128 cas connus