‹ Des Tumeurs Solides Primitives Des Ligaments Larges Et Plus Particulièrement De Leur Histoire Et De Leur PathogénieChapitre 29 sur 59 · OBSERVATION XX V · texte numérisé non relu

OBSERVATION XX V

Résumée. — (Traduction personnelle).

Bilfinger. — Thèse de Würsbourg, 1887. — Fibromyôme du ligament large droit.

Femme âgée de 56 ans, d’une bonne santé habituelle, ayant toujours été régulièrement et normalement menstruée ; mariée à l’âge de 24 ans, elle eut huit enfants vivants, des couches normales, et ne ressentit jamais la moindre douleur ni le moindre trouble du côté de l’appareil génital (comme aurait pu le faire supposer l'existence de la tumeur trouvée par hasard à l’autopsie), dont les fonctions s’étaient donc toujours accomplies normalement: elle succombe le 29 avril 1886 à une attaque d’apoplexie cérébrale.

À Fautopsie le ligament large se montre lisse, sans aucun épaississement ou traces d’exudation d’adhérences : on sent facilement le ligament de l'ovaire: les ovaires eux-mêmes sont petits, atrophiés, ridés, comme cela existe chez les individus âgés, peu adhérents aux ligaments de l’ovaire. Le parovarium est très visible de chaque côté. De la face antéro-supérieure du ligament large droit, à environ 1 cent. 12 de l’ovaire du même côté, part un cordon dur, long de 3 cent., large de 2 cent., à l'extrémité duquel est appendue, comme une pomme à sa queue, une tumeur solide, ronde, grosse comme un œuf d’oie ; le pédicule lui-même, qui porte quelques vaisseaux ectasiés, se laisse partout circonscrire avec le doigt et donne ainsi à la tumeur une très grande mobilité ; celle-ci à surface légèrement lobulée où rampent quelques vaisseaux, est d’une consistance générale, dure, élastique, molle et pàteuse cependant en certains points où elle garde l'empreinte du doigt. À la coupe, cette tumeur, dure, à surface de section rugueuse au toucher, laisse suinter une serosité

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jaune elair, mêlée d’un peu de sang. La périphérie contient quelques places moïns dures, un peu ramollies, où le tissu se laisse facilement dissocier, et deux ou trois petits kystes de forme irrégulière, contenant un liquide jaune colloïde, dont l'enveloppe qui les sépare est plus dure.

Dans le stroma conjonctif se trouvent isolées ou en groupes des «ellules fusiformes et aussi quelques cellules rondes. On y reconnaît de plus des faisceaux de fibres musculaires lisses, coupés dans toutes les directions, cependant en proportion relativement faible par rapport au tissu conjonctif qui forme la masse principale.

L'utérus au côté droit duquel est adossée la tumeur, est repoussé légèrement à gauche ; il est assez gros et ferme, normal, renferme dans sa cavité un tout petit polype muqueux. Le revêtement péritonéal ne montre aucune part trace d'inflammation récente ou ancienne.

« Ce cas particulier, dit Bilfinger, montre bien d’une façon évidente l’existence de tumeurs primitives des ligaments larges. De par l’autopsie en effet, nous avions sous les yeux indubitablement le siége anatomique exact du néoplasme, qu'aucune opération antérieure n'avait altéré ou déplacé, ce qui n’est pas le cas pour la plupart des observations analogues. On pouvait donc reconstruire ainsi la disposition anatomique de la tumeur telle qu’elle était pendant la vie.

En dépit des recherches les plus minutieuses, on ne découvrit aucun lien entrela tumeur et l'utérus; celle-ci était si éloignée du parovarium du côté droit qu’on ne pouvaitlui supposer de connexion avec ce dernier. La partie du ligament large, attenante à l’utérus absolument sans aucune trace de lobulation ou d'augmentation de volume, était entièrement normale, sans aucun vestige d’épaississement, de telle sorte qu’il fallait donc éliminer à coup sûr l'hypothèse d’un corps fibreux plat, à large base

Re venant de l’utérus et développé entre les ligaments. Les ovaires également étaient tout à fait normaux, ce qui ex-

cluait toute idée de connexion entre Vun d'eux et la tumeur connective (desmoïde) primitive du ligament large.»

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