‹ Des turbines de leur construction, du calcul de leur puissance et de leur application a l'industrieChapitre 9 sur 16 · DE L’ESTIMATION DE LA PUISSANCE, ETC · texte numérisé non relu

DE L’ESTIMATION DE LA PUISSANCE, ETC

sent être empreints de ce caractère d’exactitude que l’on est en droit de réclamer aujourd’hui de ce genre de mesures.

Nous ne nous arrêterons pas à décrire le frein de M. de Prony, car nous devons supposer que ceux qui veulent en faire usage, au moins le connaissent probablement. Nous dirons seulement les soins particuliers que demande l’application dont il s’agit.

Il serait bien désirable de pouvoir poser directement le frein sur l’arbre même de la turbine ; mais des difficultés locales, et l’embarras causé par la présence des roues d’engrenage d'angle, placées souvent à son sommet, empêcheront presque toujours d’y arriver. 11 faudra donc se contenter de mesurer la puissance qui est transmise au premier arbre de couche. 11 faudrait alors, pour remonter à la puissance intégrale reçue par l’arbre vertical de la roue motrice, ajouter, à la force indiquée par le frein , le travail perdu avant d’y arriver. Ce travail se compose : 1° du frottement de l’arbre horizontal sur des tourillons, résultant non-seulement du poids de cet arbre et de tout ce qu’il porte, mais encore de l’effet provenant de la pression exercée sur les dents pour enlever la charge , et de la poussée des engrenages ; 2° le frottement des engrenages; 3° le frottement de l’arbre vertical contre ses collets. On pourrait tenir compte, par le

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calcul, de toutes ces pertes de force; mais on sait la difficulté du choix du coefficient de frottement > relatif aux surfaces sur lesquelles on opère, et les erreurs qui peuvent s’ensuivre. 11 est donc prudent, quanta l’examen comparatif des résultats de la machine, selon les circonstances qui déterminent son action, de s’arrêter aux effets immédiats manifestés par la charge du frein.

Le point où le frein sera posé étant arrêté, il faudra fixer à l’arbre choisi pour l’y appliquer, une poulie solidaire en fonte, et susceptible de s'emboîter avec la plus grande exactitude dans les entailles des mâchoires en bois. Il est, dans la disposition de celle poulie, quelques précautions utiles ù prendre, que nous allons indiquer. On devrait toujours serrer et mastiquer contre la fonte deux joues en bois servant de bases au cylindre , mais laissant, entre leur circonférence intérieure et l’arbre , un vide circulaire. Dans quelques expériences, on injecterait , par ce vide, de l’eau dans l’intérieur de la poulie, au moyen du boyau d’une pompe à incendie. Celte eau s’écoulerait ensuite par un siphon, afin d’obtenir un renouvellement continuel. On empêcherait par là réchauffement des parties frottantes. On devrait aussi , pendant les expériences. ne pas cesser d’entretenir grasse la surface de la poulie.

d’une TURBINE EN MOUVEMENT. 89

Cette poulie est ensuite embrassée par deux fortes mâchoires en bois. Ces mâchoires sont réunies par des boulons. La manœuvre continuelle des écrous doit être confiée à un homme intelligent. La mâchoire supérieure se prolonge , d’un côté , au delà de la mâchoire inférieure , et un arc de cercle à gorge , ayant son centre sur l’axe même de l’arbre, devrait être construit pour donner passage à la corde de suspension du plateau des poids. En faisant reposer les mâchoires du frein sur la poulie , par l'intermédiaire d’un couteau , on peut préalablement équilibrer tout ce système au moyen de contre-poids. Les contre-poids doivent être conservés pendant tout le temps des expériences.

Il est encore prudent d’établir des arrêts, pour éviter tout accident, dans le cas où le frein pourrait être entraîné brusquement par la poulie.

Ces dispositions préparatoires ainsi prises , et tout étant prêt pour l’expérience, il faut laisser marcher la machine sous telle ou telle condition particulière qu’on le veut.

On pourrait déterminer chaque fois le poids qui, sur le plateau , représente l’effort à faire pour vaincre la résistance due aux frottements. Il peut alors être avantageux d’opérer comme nous allons l’exposer.

Le plateau du frein est chargé d’un poids égal à

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