‹ Des ulcérations tuberculeuses de l'estomac: étude clinique, expérimentale et anatomo-pathologiqueChapitre 10 sur 95 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'idée première de ce travail revient à notre maître, M. le professeur Raymond Tripier.

Lorsqu'il nous proposa l’étude des ulcéralions tuberculeuses de l'estomac, M. Tripier nous fit part de l’impression qu'il retirait des nombreuses autopsies pratiquées chaque année, sous sa direction.

Selon lui, les ulcérations de nature tuberculeuse ne sont pas aussi rares chez les phüsiques qu'il ne l'avait cru tout d’abord. M. Tripier a rencontré plusieurs fois de suite, au hasard des autopsies, des ulcérations tuberculeuses gastriques, et celte circonstance a modifié sa première opinion.

Notre maître a jugé alors utile d’atürer l'attention des cliniciens sur ce point particulier de la pathologie gastrique. |

Sous cette impulsion, nous avons appliqué nos modestes efforts à l’étude des ulcérations tuberculeuses de l'estomac, c'est-à-dire des pertes de substance de la muqueuse au niveau desquelles on relève des lésions

histologiquement tuberculeuses. Sous l'impression per-

ASE Ni sistante de la rareté relative de cette affection, nous avonsentrepris de nombreuses expériences pour tenter, si possible, d’en entrevoir la cause.

Nous osons espérer avoir mené à bien notre tâche. Si nous y sommes parvenu, c'est grâce aux recherches conduites parallèlement dans deux laboratoires, le laboratoire d’Anatomie pathologique etcelui de Médecine expérimentale et comparée. C’est grâce aussi à la précieuse direction et aux conseils éclairés que nous ‘ont prodigués des maîtres tels que M. le professeur R. Tripier et M. le professeur agrégé Paviot. Nous sommes heureux de pouvoir leur exprimer ici, à nouveau, toute notre gratitude. M. Paviot a bien voulu contrôler nos examens histologiques. L'’obligeance, l'amitié même avec lesquelles 1l nous a prêté son savant et inappréciable concours nous ont créé, envers lui, une dette que nous ne saurions oublier.

Nous présentons donc au lecteur un travail à la fois chnique, expérimental et anatomo-pathologique.

Clinique, par les nombreux cas d’ulcérations tuberculeuses que nous avons pu rassembler et d’où nous nous sommes efforcé de dégager un tableau symptomatique qui réflète aussi fidèlement que possible l’ensemble des renseignements, recueillis au lit du malade.

Expérimental, par les multiples recherches aux-

quelles nous nous sommes livré sur les animaux.

Te

Anatomo-pathologique, par les examens répétés des coupes histologiques de nos lésions expérimentales.

À la partie clinique, nous ajoutons plusieurs observations inédites. Une nous est personnelle; une très intéressante nous a été fournie, avec un aimable empressement par M. le professeur agrégé Devic; nous le prions d’agréer nos vifs remercîments. Enfin, d’autres cas ont été relevés dans le registre d’autopsies du laboratoire d'anatomie pathologique.

La partie expérimentale, essentiellement personnelle, est destinée à contrôler des idées pathogéniques, toutes théoriques. Elle nous permettra de préciser certaines des conditions qui président à la production des ulcérations tuberculeuses de l'estomac. Elle nous permettra aussi de réduire à leur juste valeur des modes d'infection hypothétiques, auxquels on avait jusqu'alors attribuéune trop grande importance.

Les détails histologiques, danslesquels nous sommes entré, occupent une place considérable dans notre travail. Intimement liés aux observations cliniques et aux expériences, ils nous ont rendu maintes fois de grands services. Ils nous ont fourni les moyens de réformer des interprétations hâtives ou erronées, qui semblaient découler naturellement d’un examen plus grossier des faits cliniques ou expérimentaux.

En terminant, un rapide coup d'œil jeté dans le do-

maine de l'anatomie comparée nousa permis de consta-

is Ce ter que, chez les animaux, les ulcérations tuberculeuses spontanées de l'estomac sont aussi rares que chez l’homme.

Pour la rédaction de cette partie de notre travail, nous avons pris des renseignements auprès d’un grand nombre de vétérinaires, en Europe ou en Amérique. Ce sera pour nous un agréable devoir de les signaler, le moment venu. Dès maintenant, nous leur adressons

nos plus vifs remerciments.

Les résultats de nos recherches nous ont conduit à regarder comme plus nombreux les cas où des ulcérations stomacales reconnaissent uneorigine tuberculeuse. A côté des lésions produites par l’évolution d’une tuberculose locale amenant l’ulcération de la paroi gastrique, il nous semble que l’on doit faire entrer en ligne de compte les ulcérations où la signature histologique de la tuberculose ne se retrouve plus, mais dont l’origine toxituberculeuse est manifeste.

Nous proposons donc d'appeler ulcérations tuberculeuses de l'estomac, toute perte de substance de la muqueuse gastrique produite sous l'influence de l’infeclion luberculeuse.

D'après cette définition, nous aurions donc deux points bien distincts à élucider.

Nous nous sommes borné, dans ce travail, à étudier

plus spécialement les ulcérations où la lésion histologique

"||: pes tuberculeuse est visible, nous réservant d'approfondir plus tard la question des ulcérations gastriques tubereuleuses d’origine toxique. Nous n'avons pu nous enfermer cependant, de façon rigoureuse, dans des limites infranchissables et parler exclusivement de la première catégorie d’ulcérations.

En biologie et en clinique, les coupes schématiques n'existent pas. Aussi, de temps à autre, donneronsnous quelques aperçus de la seconde catégorie. Si on. reproche à ces aperçus de sortir de notre cadre primitif, on leur reconnaîtra au moins le mérite de montrer le bien fondé de Ia définition précédente.

En conséquence, nous avons choisi le plan suivant pour l’exposé de la question, que nous nous sommes

proposé £

Dans une PREMIÈRE PARTIE, essentiellement CLINIQUE, nous débuterons par des considérations générales et un historique (chap. I). Nous examinerons ensuite, dans autant de chapitres particuliers, l’éliologie, la symptomatologie, le diagnostic et le traitement des ulcérations tuberculeuses de l’estomac. Le chapitre V contiendra : 1° les observations publiées avant ce lravail ; 2° les observations inédites. Enfin, dans un chapitre VI, nous terminerons la première partie par un essai de différenciation des formes analomo-cliniques tré des obser-

vations et de l'examen anatomique.

Tr

La Deuxrème PARTIE embrassera l'étude PATHOGÉNIQUE et EXPÉRIMENTALE du problème clinique. Il est indispensable,avant d’aborder ce problème, de bien connaitre le mode de résistance de l'estomac à l'infection tuberculeuse (chap. I), sinon l'exposé des fhéories pathogéniques (chap. IT) resterait forcément incomplet. Dans ce chapitre, nous envisagerons le mode d’action du suc gastrique sur le bacille de Koch,pensant qu'en raison de sa connexité avec la tuberculose gastrique, cette question intéressante méritait bien qu’on réunît, dans un paragraphe spécial, des matériaux épars très longs à consulter.

Les recherches expérimentales occuperont le chapitre IIT et seront divisées en trois groupes distincts comportant les détails des expériences et des examens histologiques. Des photographies de quelques-unes de nos préparations rendront concrètes nos descriptions histologiques.

Enfin, les chapitres IV et V renfermeront des réflexions critiques pathogéniques, basées sur les résultats expérimentaux et serviront de conclusions à

cette partie nouvelle de la question.

La Trorstème Partie fait connaître dans son chapitre Ie*les renseignements que peut fournir la PATHOLOGIE

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