‹ Des ulcérations tuberculeuses de l'estomac: étude clinique, expérimentale et anatomo-pathologiqueChapitre 66 sur 95 · III. Injections intrapariétales (Expériences XII à XXX · texte numérisé non relu

III. Injections intrapariétales (Expériences XII à XXX

Les diverses théories pathogéniques, proposées pour expliquer la formation des ulcérations tuberculeuses de l’estomac, laissent au lecteur l'impression générale que ce problème, plein d'inconnu, est loin encore d’être résolu.

Nous nous sommes donné la tâche de mettre un peu d'ordre parmi toutes les opinions entassées pêle-mêle, en les soumettant au contrôle de l'expérimentation.

Les résultats très divers que nous avons obtenus dans trente expériences, dont nous nous sommes efforcé de varier le déterminisme, nous laissent espérer que, dans la voie nouvelle où nous avons fait entrer la question,

on sera assez heureux pour trouver la solution de ce problème pathogénique délicat.

Nous avons abandonné systématiquement les tentaüves d'infection de la muqueuse gastrique chez un animal sain, par la seule ingestion de produits tuberculeux. S1 les résultats positifs obtenus par M. Chauveau, par Straus et Würtz, par Orth, pouvaient être encourageants, la liste des cas négatifs, où aucune lésion tuberculeuse gastrique n'a été notée, était, par contre, trop considérable et la part du hasard trop grande pour nous engager à nous attarder longtemps à ce mode d'infection, plein d’aléa.

En conséquence, nous nous sommes arrêté au plan expérimental suivant.

Nous avons d’abord essayé d’infecter la muqueuse gastrique en introduisant fréquemment des bacilles tuberculeux dans un estomac dont le milieu normal était modifié. Tantôt on rendait ce milieu hyperacide, tantôt au contraire hypoacide, par neutralisation de l’acide chlorhydrique au moyen d’alcalins. Puis nous avons voulu affaiblir la résistance de la muqueuse, altérer si possible sa constitution anatomique en diminuant son irrigation vasculaire,en l’ischémiant. La ligature du cercle artériel de la grande courbure devait, dans notre esprit, atteindre ce but, du moins dans une certaine mesure.

Les troubles consécutifs à une lésion du système nerveux ont été cherchés dans la section des deux pneumogastriques. Enfin, les ulcérations simples de l'estomac pouvant, audirede quelquesauteurs, devenir secondaire-

ment tuberculeuses, nous avons provoqué des ulcérations de la muqueuse gastrique au moyen de pilules de tartre stibié. Par le grattage de la muqueuse gastrique avec un stylet, étaient aussi réalisées des érosions banales de la muqueuse.

Dans un deuxième groupe d’expériences, la voie sanguine a été choisie comme moyen unique d'infection des parois gastriques. À cet effet, on a injecté des bacilles de Koch, soit dans l'aorte thoracique à l’aide d’une sonde introduite dans l'artère fémorale, soit dans les branches artérielles qui suivent la grande courbure de l’estomac et dont les branches de distribution 1rriguent largement les parois de l’organe.

Enfin, le troisième groupe d’expériences comprend des tentatives nombreuses, faites dans des conditions très variées. Toutes ont un point commun. Dans toutes, nous avons, après laparotomie, inoculé directement des bacilles tuberculeux dans l'épaisseur des tuniques de l'estomac, nous proposant d’imiter ainsi une infection intersttielle d'originesanguine, agissantà coup sûr. Mais nous nous sommes efforcé de porter la matière tuberculeuse inoculée, tantôt dans la muqueuse gastrique, tantôt en pleine lunique charnue, tantôt sous la séreuse péritonéale, le liquide inoculé formant, dans ce dernier cas, une boule d’œdème sous-séreux très nette. Si nous A’avons pu toujours réussir à localiser dans une des couches dela paroi gastrique la masse des bacilles inoculée, la difficulté de l'opération sera notre meilleure excuse.

À ces injections intrapariétales ont été associées l'ischémie de la paroi infectée, la tuberculisation du sujet par la voie veineuse et enfin la tuberculination.

Ces dernières lentatives avaient pour but de rendre l'animal en expérience cachectique, du fait de la tuberculose milaire, ou de provoquer au niveau de l'estomac des lésions toxiques.

Conditions générales des expériences.

Nos expériences, au nombre de30,ont exigé :2 veaux, 1 mouton, 13 chiens, 11 lapins et 3 cobayes, en tout 30 sujets.

Les bacilles de Koch utilisés provenaient de cultures jeunes sur pomme de terre glycérinée; la souche était d’origine humaine.

Ces cultures possédaient une virulence considérable, Quant aux bacilles, une fois prélevés à la surface de la pomme de terre, 1ls étaient délayés dans de l’eau salée à 7 pour 1000 Jusqu à ce qu'ils forment une émulsion blanchâtre, très riche en microbes; puis, suivant les cas, ils étaient ingérés, injectés dans l'estomac à travers une fistule gastrique, ou inoculés dans la paroi de l’organe.

La durée des expériences a varié entre deux mois et deux mois et demi, quelquefois plus. Elles ont été terminées le plus souvent par le sacrifice des sujets, plus rarement par leur mort naturelle.

Pour les recherches analomo-palhologqiques, nous avons prélevé les estomacs des sujets immédiatement après la mort; le processus d'autodigestion est donc à éliminer. L’estomac rapidement ouvert, évacué des subslances alimentaires, était lavé avec de l’eau salée à 7 pour 1000. On recueillait les points intéressants de

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sa surface muqueuse qu’on fixait soit dans le Müller, soit le plus souvent dans l'alcool à 60 degrés, puis par des séjours de vingt-quatre heures chacun, dans les alcools successifs, en terminant par l’alcool absolu.

Les fragments durcis étaient inclus dans la paraffine, suivant le procédé habituel, après passage dans le xylol et séjour à l’étuve durant six à sept heures. ;

Les coupes ont élé colorées soit au picro-carmin, soit à l’hématéine-éosine.

Les bacilles ont été recherchés dans les lésions par coloration suivant la méthode de Ziehl, décoloration par l’acide lactique en solution alcoolique à 3 pour 100, et recoloration des tissus par le vert lumière.

La mention (recueillie) ou (recueillie pour coupe) placée à côté de la description macroscopique d’une lésion

indique qu'elle a été soumise à l'examen histologique relaté à la fin de chaque expérience.

Nous allons donner maintenant les détails de nos expériences dont l’ensemble est indiqué dans le tableau

suivant :

Groupement général des Expériences

NUMÉRO CONDITIONS GÉNÉRALES DES EXPÉRIENCES des EXPÉRIENCES

I Milieu stoma-{ hyperacidification I [Infection directe| cal modifié | alcalinisalion . . IT de la muqueuse | Muqueuse ischémiée . . . HI

gastrique Section des ae IV par ingestlion Ulcérations mécaniques (grallage) . a de bacilles Escarifications locales M a tuberculeux. stibié) 1 VIT

I Injection intra-veineuse . pu) VIII

potes Injection intra-aortique Fi ee par UE, X

voie sanguine } Injection dans les vaisseaux pure. CASUHAUCS EE XI XII] EME EENL AORRE Pa Pa KNIQU Injections XIX

Re Spécialement IT pariétales

Sos sous-muqueuses. XX par Spécialement XXI D ooulaiions sous-séreuses XXII

intrapariétales. PAR ApOreeenr

tout sur la ré- | XXII

| gion jet XXIV que. XXV Avec ischémie de l'estomac. . XXVI À X XXVII

Avec luberculisation de l’animimal par voie sanguine .

Avec ischémie pariétale el; tuberculinations . . . . .| xxx

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