‹ Des variations de la langue et de la métrique d'Horace dans ses différentsChapitre 62 sur 83 · Schiller, ouvr* cité · texte numérisé non relu

Schiller, ouvr* cité

redouble successivement chacun des deux pieds de Tadonique : « Flumina constiterint acuto ».

Telles sont les dix-sept formes de vers que Ton rencontre dans le premier recueil des Odes. Cinq d'entre elles sont abandonnées dans le troisième livre ; ce sont les quatre iambiques ou dactyliques, et Thipponactique. Dans la maturité de son talent, Horace songe plus à perfectionner les plus belles, qu'à en découvrir ou à en introduire d'autres. La seule innovation du troisième livre est un essai isolé de vers ioniques a minori^ imités d'Alcée ; les pieds de ce nom (deux brèves et deux longues) se succèdent sans interruption : « Miserarum est neque amori dare ludum neque dulci — ' mala vino lavere aut exanimari metuentes — patruœ verbera linguse ».

Dans le quatrième livre, les formes de vers sont plus multipliées ; il y en a quinze, dont une nouvelle : le trimètre dactylique catalectique, employé avec le vers héroïque, qui ne se trouve pas non plus dans le troisième livre; Horace reprend aussi, comme nous l'avons vu, le trimètre iambique catalectique.

Quatre de ces vers sont employés seuls : le trimètre iambique dans les Epodes, le grand et le petit asclépiade, enfin l'ionique mineur. Les quinze autres espèces de strophes sont formées de deux ou de trois vers différents. Sur ces dix-neuf sortes de strophes, sept se rencontrent dans les Epodes, onze dans les deux premiers livres des Odes, sept dans le troisième, y compris une nouvelle (0. IH, d2); dans le quatrième, sept également, dont une nouvelle (0. IV, 7). Neuf ou dix paraissent avoir été inventées par Horace, autant que l'on peut s'en rapporter au témoignage des grammairiens latins, que le petit nombre des textes grecs parvenus jusqu'à nous

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ne permet pas de contrôler suffisamment. C'est dans ses débuts surtout que le poète cherche à créer des formes nouvelles; il en a inventé quatre dans lesEpodes, cinq dans le premier livre, une dans le quatrième, aucune dans le troisième. Il est à remarquer que dix de ces formes, inventées par Horace, appartiennent au genre épodique, qu'il a cultivé dans ses premières œuvres: c'est la combinaison de l'hexamètre dactylique avec le trimètre pur, avec l'iambélégiaque, avec le tétramètre dactylique, avec le trimètre catalectique ; et la combinaison du trimètre iambique avec l'élégiambe et avec le grand archiloquien. Les autres consistent dans l'aristophanique suivi du grand saphique, et dans l'asclépiade suivi soit d'un glycon, soit d'un phérécrate et d'un glycon. On lui attribue aussi la strophe composée de trois asclépiades et d'un glycon.

Voyons maintenant quels changements Horace a fait subir aux vers qu'il a empruntés, et comment ils se sont modifiés dans ses différents recueils. Ces changements concernent la césure, la quantité de certaines syllabes dans le corps du vers, et la nature du premier pied. Nous parlerons de la césure dans un chapitre spécial. Disons seulement, d'une façon générale, qu'Horace, dans tous les vers de plus de quatre pieds, a introduit ou fixé une césure régulière. Il s'est efforcé d'assimiler ainsi la coupe de tous ses vers à celle du vers héroïque, ou plutôt du pentamètre. Ainsi l'asclépiade, qui présente chez les tragiques grecs de nombreuses exceptions au point de vue de la césure ^, n'en offre aucune chez Horace et ses imitateurs. Tous les asclépiades sont coupés après le cinquième demi-pied : t Maecenas atavis — édite régi-

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