‹ Des variations de la langue et de la métrique d'Horace dans ses différentsChapitre 82 sur 83 · DES VARIATIONS DE LA LANGDE · texte numérisé non relu

DES VARIATIONS DE LA LANGDE

muns avec les Epodes; d'autres lui appartiennent exclusivement. Deux faits, d'ailleurs, caractérisent la métrique du quatrième livre : d'abord, une observation plus scrupuleuse des règles de la prosodie et de l'élision ; mais . surtout une loi particulière régissant la césure, et une prédilection marquée, comme dans les Epîtres, pour la césure après le troisième trochée. Cette recherche et cet effort visible pour perfectionner le vers n'empêchent .pas le quatrième livre des Odes d'être manifestement inférieur aux trois autres. Horace n'a plus la grâce et la chaleur qui conviennent pour chanter Bacchus et Vénus ; il éprouve quelque embarras à célébrer les exploits des beaux-fils d'Auguste; il est tout entier maintenant à la philosophie et à la littérature : c'est pourquoi les pièces les plus remarquables de ce recueil sont les poëmes qu'il a consacrés à l'éloge de Pindare et des Muses. C'est pourquoi encore, s'il a quelque défaillance dans la poésie lyrique, il n'a fait que s'élever de plus en plus dans ses derniers écrits.

Si les Epîtres morales et littéraires n'ont pas la verve et la vivacité des Satires, elles offrent, en revanche, plus de finesse, de solidité, d'habileté dans la composition ; elles se distinguent surtout par une langue plus élégante encore, plus riche et plus égale. C'est là que le poëte trouve avec le plus de sûreté l'expression la plus juste et la plus agréable, et pour chaque mot la place qui lui donne toute sa valeur et tout son relief; l'art le plus savant a les allures de la plus charmante facilité. La métrique des Epîtres, et notamment celle du deuxième livre, a le même caractère que la langue elle-même : Horace en a banni absolument certaines licences qu'il

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s'était permises dans les Satires; mais les vers, bien que soumis à des règles plus sévères, gardent cette démarche alerte, cet enchaînement facile et varié, qui achèvent Tœuvre d'un style merveilleusement approprié à la pensée. Et tandis que, dans le genre où il devait plus à Tart et au travail qu'à l'inspiration naturelle, notre poète a pu, vers la fin de sa carrière, redescendre au-dessous du degré de perfection qu'il avait atteint progressivement ; au contraire, dans le genre qui convenait le mieux à son génie, il n'a fait que grandir et s'élever par degrés jusqu'à son Art poétique^ son poëme à la fois le .plus considérable et le plus accompli.

Vu et lu à Paris en Sorbonne le 27 avril 1880 Par le Doyen de la Faculté des Lettres de Paris,

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