‹ Des variations de la langue et de la métrique d'Horace dans ses différents ouvragesChapitre 36 sur 87 · Quint., I · texte numérisé non relu

Quint., I

ET DE LA MÉTRIQUE d'hORAGE 71

évidemment « trilibris» (S. II, 2,33 : « Laudas, insane, trilibrem MuUum ») était employé depuis longtemps par les acheteurs et les marchands.

Il nous reste à examiner les mots formés avec un mot ancien et un préfixe. Il y en a deux catégories : 1** des adjectifs ou participes formés soit d'un substantif, soit d'un adjectif ou participe précédé de la particule négative « in », remplacée quelquefois par un équivalent, ah, de; 2° des verbes ou adjectifs formés de mots simples et d'un préfixe, adverbe ou préposition.

Horace n'a créé qu'un seul adjectif négatif avec un substantif, puisque nous ne lui laissons pas « depugis » ; c'est « abnormis » (S. II, 2, 3 : « Rusticus, abnormis sapiens crassaque Minerva »). Les adjectifs négatifs, ainsi formés avec un adjectif proprement dit, sont rares également; on n'en compte que deux chez Horace : oc inaudax », si heureusement trouvé dans l'ode 20 du troisième livre, vers 3 :

Dura post pauUo fugies inaudax Prœlia raptor,

et « incredulus », au vers 188 de V Art poétique :

Quodcumque ostendis mihi sic, incredulus odi.

Ce qui est beaucoup plus fréquent, ce sont les participes négatifs : il est à remarquer que ce genre de formations est particulier au siècle d'Auguste ; il n'y en a pas d'exemple chez Lucrèce, ni chez Catulle. Virgile en a créé un grand nombre , dont plusieurs ne se rencontrent pas ailleurs, comme « inexcitus, indeprensus, inproperatus ». Ovide tout naturellement les a prodigués. Horace a quinze mots nouveaux ainsi formés ; ils sont répartis dans toutes ses œuvres, sauf le premier

livre des Satires et le quatrième livre des Odes, ce qui est purement l'effet du hasard ; mais il y en a peu dans les premiers livres ; presque tous appartiennent au troisième livre des Odes et aux Ëpîtres ;

Ingustata mihi porrexerit ilia rhombi.

Hic inresectum sseva dente livido.

(Epo. 5, 47.)

Inominata perprimat cubilia.

(Epo. 16, 38.)

Et inputata floret usque vinea.

(Epo. 16, 44.)

Quos inrupta tenet copula.

Quisquis ingénies oculo inretorto Spectat acervos.

Intaminatis fîilget hononbus.

Aunun inrepertum et sic melius situm.

Cai donet inpennissa raptim.

Inutôtata qidbtis jugera.

Nec me dimittes incastigatum.

(Epi. I, 10, 45.)

Stoltorum incurata pudor malus ulcéra celât.

(Epi. I, 16, 24.)

Juvat inmemorata ferentem.

(Epi. I, 19, 33.)

Cum loca jam recitata revolvimus inrevocati.

(Epi. II, 1,223.)

Non quivis videt inmodulata poemata judex.

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Les mots nouveaux les plus fréquents dans Horace sont les verbes composés avec des prépositions. C'est, en effet, la composition dont la langue latine semble s^accommoder le plus. Tous les poètes ont puisé largement à cette source. Les préfixes ainsi employés par lui sont au nombre de quinze. Deux seulement sont insé<* parables, dis et re, La langue latine possède environ quarante verbes formés avec le premier, presque tous sont anciens ; Ovide seulement a peut-être créé « dilaminare » et Horace, « diffingere » (0. I, 33, 39 : « Incude diffingas retusum », et HT, 29, 47 : <f^Diffinget infectumque reddet »), et « disconvenire » , où « dis » est placé devant un autre préfixe (Epi. I, 1, 99 : « iEstuat et vitae disconvenu ordine toto »).

Rcy VU rétendue de sa signification, puisqu'il désigne l'échange, l'opposition, la répétition, avec toutes sortes de nuances, a produit un grand nombre de mots, à toutes les époques de la langue. Ceux que notre auteur a vraisemblablement créés se trouvent plutôt dans ses premières œuvres :

Aut teretis pueri longam renodantis comam.

(Epo. 11, 28.)

Gui maie si palpere, recalcitrat undique tutus.

Fias recantatis arnica Opprobriis.

Quis te redonavit Quiritem.

Protinus et graves Iras et invisum nepotem, Troica quem peperit sacerdos, Marti redouabo.

Lydis remixto carminé tibiis.

Il n'y en a aucun dans les Epîtres.

Parmi les autres mots de ce genre, il faut mettre à part ceux qui sont composés avec « circum » ou « prœter » , que Ton peut considérer comme des adverbes :

Nos manet Oceanus circumvagus arva beata.

(Epo. 16, 41.)

Nec Vespertinus circumgemit ursus ovile.

(Epo. 16, 51.)

Hune circumtonuit gaudens Bellona cruentis.

Prœteragendus equus.

(Epi. I, 15, 11.)

Les prépositions dont Horace semble s'être servi le plus volontiers pour la composition des verbes nouveaux sont celles qui marquent un mouvement de rapprochement ou d'éloignement ; il en a cinq avec ad, quatre avec m, de, prse, trois avec ex; deux avec ab, ohy con, sub et />r(?.' Voici, dans Tordre chronologique des recueils, les vers où ces composés -se rencontrent :

Quarum subsiita talos tegat instita veste.

Proximus accédât qui nunc denormat agellum.

Fungitur officiis prœlambens omne quod affert.

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