‹ Des variations de la langue et de la métrique d'Horace dans ses différents ouvragesChapitre 4 sur 87 · NuUis poUuitur casta domus stupris · texte numérisé non relu

NuUis poUuitur casta domus stupris

iO DES VARIATIONS DE LA LANGUE

à ses moroses aipours de vieillard, aux soupirs quHl adresse à Ligurinus, ou à cette Phyllis qu'il invite à souper pour célébrer l'anniversaire de Mécène, et à chanter pour tuer Tennui : Minuentur airsQ CeÊrmine cwâp. Horace, on ne le reconnaît que trop, n'est plus ce qu'il était du temps de Cinara. Mais, ce qu'il a perdu d'un côté, il Ta regagné d'un autre. Son imagination s'est refroidie et desséchée; mais son goût et son jugement se sont affinés. Si donc il est resté inférieur dans ses dernières œuvres lyriques, peut-être pour avoir obéi h une impulsion étrangère, au contraire il monte, il gran* dit encore dans ses derniers écrits, où il se retrouve luimôme, et crée la forme qui sied le mieux à sa nature, pour traiter les matières les plus appropriées à son âge, à son caractère, à son génie.

Déjà le premier livre des Epîtres, qui a paru quelques années après les trois premiers livres des Odes, avait offert le produit d'une saison plus avancée. Le poète était revenu au genre de composition où le por* tait un penchant irrésistible, et où il devait conquérir à jamais le premier rang.

Les épttres sont encore des satires. Si, dans cellesJà, les sujets sont plus variés que dans celles-ci, et si la critique y cède le pas au précepte, il n'en est pas moins vrai que ces deux genres d'écrits diffèrent plutôt par la forme que par le fond ; dans les Satires, surtout celles du deuxième livre, il ne se contente pas de railler, il enseigne; dans les Epîtres, les leçons qu'il donne sont assaisonnées du sel satirique. Sans doute, la plupart des lettres du premier livre pourraient se résumer par un certain nombre de maximes qu'Horace veut inculquer à ses correspondants : « C'est une vertu que de fuir le vice. Si le vase n'est pas pur, toute liqueur s'y aigrit.

ET DE LA MÉTRIQUE d'hORACE il

Laisses les vaines espérances et la poursuite des ri-ohesses. Que chacun se mesure à sa toise. Nous te sup* porterons, Gelsus, comme tu porteras la fortune. Il n'est pas pauvre, celui qui possède le nécessaire » etc.. Mais la dédicace môme n^est^^^elle pas une satire générale des jugements de la foule? N'est-ce pas de la satire que réloge ironique de l'argent ^ le tableau des petites mi» sères de l'ambitieux ®, le portrait des parasites ^, des bouflbns maladroits, des auteurs vaniteux? Les épigrammes personnelles ne tombent-elîes pas sur les poômes lamentables de Pupius, sur les plagiats de Celsus, sur la vanité de Gargilius? Dans les épîtres et les sati'. res, le fond est donc le môme ; mais, par cela seul que Tépître s'adresse à une personne d'un caractère déter-. miné, le cadre diffère et, par suite, le ton, la couleur, les idées.

Mais surtout, comme l'a dit H. Rîgaut, dans les Sa-» tires, a soit à cause du genre plus familier et plus libre, soit parce qu'Horace était plus jeune quand il les â composées, les idées sont moins bien enchaînées, le plan est moins net, la composition moins régulière ; il semble que, dans les Epîtres, la perfection du talent poétique s'ajoute à la maturité de la raison, et que le progrès de la versification, plus pure, plus élégante, plus soignée, s'accorde avec celui des idées, encore plus justes et plus profondes ».

Les trois épîtres qui constituent le deuxième livre montrent que le talent d*Horace, sur le terrain qui lui est le plus propre, n'a subi aucune déftiillance. L'âge de

\. Epi. I, Q.

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