‹ Des variations de la langue et de la métrique d'Horace dans ses différents ouvragesChapitre 6 sur 87 · I. — Chronologie des œuvres d'Horace · texte numérisé non relu

I. — Chronologie des œuvres d'Horace

Les œuvres d'Horace ne sont point disposées, dans les manuscrits, suivant la date de leur composition ni de leur publication ; dans chacun des livres, les pièces particulières ne sont pas rangées non plus dans leur ordre chronologique. On peut cependant déterminer exactement, pour les différents livres, sinon l'époque précise, du moins Tordre relatif de leur publication. Le poète luimême nous donne, à cet égard, quelques renseignements précieux ; Suétone nous en fournit que Ton peut tenir comme non moins certains, sans compter ceux qui pous sont parvenus par les scholiastes. Nous connaissons aussi la date exacte ou approximative d'un certain nombre d'odes, de satires et d'épîtres : nous pouvons par là contrôler les conjectures faites sur l'édition des recueils.

De l'examen des poëmes, il résulte qu'ils ont été édités successivement par Horace lui-même, suivant Pusage adopté généralement par les poètes latins. Fixons d'abord l'ordre des publications partielles ; puis

nous déterminerons, au moins approximativement, la date de chacune d'elles.

La composition de chacun des recueils permet de juger que l'auteur lui-même a choisi et rangé les pièT ces destinées à être publiées ensemble. Ainsi les Epodes sont manifestement disposées suivant la différence des mètres employés. Dans les dix premières et dans la dernière, Horace se sert uniquement de vers iambiques, avec cette particularité que la dix-septième ne comprend que des trimètres, tandis que les autres sont écrites en distiques, composés chacun d'un trimètre suivi d'un dimètre. Dans l'épode XI, à l'élément iambique se môle un élément dactylique : un trimètre dactylique catalectique sépare les deux vers iambiques et fait corps avec le second. Dans l'épode XII, l'élément dactylique est seul, et le distique se compose d'un hexamètre suivi d'un tétramètre. Dans la pièce suivante, qui fait le pendant de l'épode XI, c'est l'élément iambique qui s'intercale, et le deuxième vers se compose d'un dimètre iambique, suivi d'un trimètre dactylique catalectique. La gradation continue : dans les épodes XIV, XV, XVI, le premier vers reste dactylique ; le second est composé d'iambes seuls ; c'est un dimètre dans les deux premières de ces épodes, un trimètre dans la troisième. Enfin le vers dactylique disparaît dans l'épode XVII. Il est impossible de ne pas reconnaître, dans cet arrangement symétrique, un plan minutieusement calculé ^.

1. Le tableau suivant rend manifeste cet arrangement : Epo. i-ix. u~ u- u- y- u- u-

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