‹ Des variations de résistance des hématies et de l'hémoglobine: dans divers états pathologiquesChapitre 4 sur 77 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Nous nous sommes proposé, en entreprenant ce travail, d'étudier et de comparer la résistance des hémat'es d’une part, et Îa résistance de l’hémoglobine, d'autre part, afin de voir s'il y a, entre ces deux résistances, des variations de même sens ou de sens contraire, c'est-à-dire parallélisme ou discordance.

Il n’est pas sans intérêt, en effet, de rechercher quel rôle les variations de qualité de l’hémoglobine peuvent jouer dans la résistance des hématies.

Jusqu'à ces dernières années, on croyait, assez généralement, que l’hémoglobine, chez l'homme, était toujours identique à elle-même. On n’admettait, pour elle, que des variations de quantité; aussi, Chanel (12) écrivait-il dans sa thèse : « Ce n’est vraisemblablement pas à des variations de la qualité de l’'hémoglobine que l’on peut rapporter la différence de résistance que présentent les globules rouges ».

Cependant, il se demandait déjà s’il n’y avait pas des hémoglobines plus ou moins actives et il avait

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AUTO constaté, d'ailleurs que, si l'on saturait l’'hémoglobine d'oxygène, la résistance globulaire était augmentée.

Mais, depuis la thèse de Mallet (41) inspirée par le professeur Bard, il semble incontestable qu'à côté des variations quantitatives, il y ait des variations qualitatives de l'hémoglobine.

L'hémoglobine, comme nous le montrerons, est une substance dérivée, extra-cellulaire, qui subit une véritable évolution, puisqu'elle naît, se développe et se détruit. |

A ces diverses étapes évolutives correspondent des différences de composition portant notamment sur la teneur en fer et sur le pouvoir colorimétrique. En outre, l’hémoglobine, au cours de son évolution et suivant les divers états pathologiques, se laisse plus ou moins rapidement transformer en méthémoglobine par les agents oxydants, tels que Îles ferricyanures de potassium ou de sodium.

C'est sur ce principe qu'est basé le procédé du Dr Mallet pour apprécier le degré d’altérabilité d'une hémoglobine. |

Nous avons donc eu l’idée de reprendre ce procédé, afin d'évaluer la résistance de l'hémoglobine et de comparer celle-ci à la résistance des hématies dans divers états pathologiques.

Nous espérions pouvoir tirer de cette comparaison quelques données nouvelles permettant d'expliquer la cause du plus où moins grand degré de vulnérabilité que présentent les globules rouges suivant leur provenance.

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Mais, le procédé du Dr Mallet, le seul que nous Connaissions d’ailleurs, étant encore trop imparfait, les expériences que nous avons entreprises n’ont pas donné de résultats bien concluants au point de vue spécial, auquel nous voulions nous placer.

Par contre, l'étude de la résistance des hématies, que nous poursuivions Concurremment avec celle de la résistance de l'hémoglobine dans un but comparatif, a été pour nous l’occasion de trouver quelques faits intéressants. L'intérêt de nos recherches en a été quelque peu modifié. Il s'est reporté surtout sur les variations de résistance des globules rouges.

Les auteurs qui se sont occupés de cette question se sont bornés pour la plupart à ne faire que de simples constatations sur la diminution ou l’augmentation de la résistance globulaire à l’état physiologique et dans diverses maladies.

Leurs travaux sont donc restés dans un domaine purement scientifique, et, quelque importants qu'ils soient d’ailleurs, ils n’ont pas eu jusqu'ici de valeur pratique pour la clinique. En reprenant leurs expériences et en vérifiant certains de leurs résultats nous avons été amené à déduire quelques conclusions qui peuvent donner des indications utiles pour le diagnostic de certaines affections.

C'est ce que nous allons montrer dansles chapitres suivants. Mais d’abord nous tenons à remercier nos maîtres des Facultés de Lyon et de Genève. Nous devons en effet une reconnaissance toute particulière :

A notre maître, M. le professeur Bard qui, après

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nous avoir donné l’idée de ce travail, n’acessé de porter à son élaboration l'intérêt le plus éclairé et le plus précieux. En nous faisant l'honneur d'accepter la présidence de notre thèse, il nous a donné, d'ailleurs, une marque de bienveillance dont nous ne saurions assez souligner le prix ;

A M. le professeur Jaboulay, dont nous avons eu le privilège d'être l’externe pendant une année et qui dès le début de nos études médicales, nous a inspiré le respect d’une science qu'il professe avec tant d'autorité ;

A M. le professeur Albert Mayor, de Genève, à qui nous rattachaient déjà des liens de fraternelle amitié, et qui maintes fois nous a fait profiter de sa grande érudition et aidé de ses encouragements ;

A M. le professeur Lépine et à M. le Dr Cordier, chirurgien de l’Antiquaille, aux services desquels nous avons été fier d'appartenir en qualité d'externe.

Que tous ces maîtres veuillent bien recevoir l'expression de notre admiration et de notre respectueux attachement.

Nous tenons à exprimer aussi notre gratitude à M. le professeur Jentzer pour la bienveillance toute spéciale qu'il nous a toujours témoignée pendant nos études à Genève ; et à notre oncle M. le Dr Dussaud, de Nimes, ancien interne des hôpitaux de Lyon, dont l'exemple si digne et les affectueux conseils ont déterminé notre vocation médicale. ;

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