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INTRODUCTION

Notre but, en rédigeant ce travail sur les verrues de la plante du pied, était de tracer un tableau cli nique aussi complet que possible de ce genre d’affection. Pour cela, il eût fallu un grand nombre d’observations que nous espérions réunir sans ditficulté, car ces tumeurs ne sont pas rares, il n’est pas de chirurgien qui n’ait eu l’occasion d’en observer, cependant les documents manquent presque totalement.

Nous nous sommes adressé à de nombreux chefs de service ou internes des hôpitaux sans en obtenir aucun document nouveau.

Les auteurs classiques, chirurgiens ou dermatologistes que nous avons consultés, et ils sont nombreux, ainsi qu’on peut en juger à l’article bibliographie, les auteurs ne semblent guère avoir lixé leur attention sur ce sujet, car nous n’en trouvons aucun qui ait signalé les particularités que présentent les verrues suivant leur siège dans les différentes régions du corps, en particulier à la face plantaire.

A quoi attribuer cette indifférence générale? A la

facilité du diagnostic, à la bénignité de ces tumeurs,

à la simplicité de leur traitement? Nous espérons montrer que si le diagnostic est, dans la majorité des cas, des plus aisés sur les différents points de la peau, alors que le papillome n'a subi dans sa structure ou ses caractères extérieurs aucune modification, il n’en est plus de même à la face plantaire où, par le fait de la compression, de l’irritation résultant de la marche, des modifications inflammatoires dues à la même cause, des érosions qui se produisent à leur surface, les verrues peuvent surtout, à partir d’up certain âge, simuler une affection redoutable, entre toutes, l’épithélioma principalement dans sa variété papillaire.

Relativement h leur bénignité admise sans conteste, il est bon d’opposer l’opinion de certains auteurs qui admettent la possibilité de leur dégéné- /

rescence cancéreuse.

Nous reviendrons sur ce sujet en étudiant le pronostic de l’affection qui nous occupe. Rien qu’à ce

double point de vue, les verrues plantaires mériteraient donc d’être étudiées; nous pourrions ajouter que, touteidéede dégénérescence mise à part, cette affection mérilait encore l’honneur d’une mono^raphie en raison de ce fait; la verrue est, par son siège, toujours gênante, souvent très douloureuse, elle force le malade à réclamer le plus vite possible l’intervention chirurgicale en raison de Fentrave qu’elle apporte à l’accomplissement de certaines fonctions, telles que la station et surtout la marche.

Dans la plupart des cas, les cors, les durillons, les cornes et autres difformités de la peau, ne sont pas pour lé patient un sujet de préoccupation et de gêne douloureuse plus grandes que le papillome plantaire; elles ont pourtant été l’objet des recherches de bon nombre d’auteurs; on a étudié avec soin leur mode de développement, leur diagnostic différentiel des affections similaires, leurs complications, etc., les monographies en sont nombreuses. Nous ne pouvons donc que regretter l’abandon par les chirurgiens de ce point minuscule, mais pratique, delà pathologie chirurgicale; dans une note insérée, en 1854, par M. le professeur Verneuil dans les « Archives de médecine, » il est dit qu’à peu près à la même époque, Robert, chirurgien des hôpitaux, préparait un mémoire important sur ce sujet : nous l’avons cherché vainement dans les différents recueils ou journaux de médecine.

L’insuffisance de documents pourra sans doute justifier notre brièveté forcée; nous nous estimerons

heureux si notre travail suffit à appeler de nouvelles recherches sur ce sujet, dans tous les cas il pourra peut-être être de quelque utilité au praticien qui * veut être renseigné sur ce point de ehirurg’ie pratique, en le dispensant de se livrer à des recherches rendues ennuyeuses et pénibles par la dissémination des matériaux.

Avant de commencer, il nous sera permis de rendre hommage à M. Després, chirurgien de la Charité, et de le remercier des sérvices qu’il nous a rendus, tant au sujet de notre thèse que de nos études, pendant notre séjour dans son service.

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