‹ Des verrues, leur traitementChapitre 15 sur 20 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Le pronostic en général est des plus favorables : s’il était bien établi qu'une verrue peut dég'énérer, se transformer en tumeur cancéreuse, il y aurait lieu d'être plus réservé, mais les observations de cette transformation nous l’avons vu plus haut, manquent absolument.

Sous l'influence de leur doctrine humorale, les anciens el! avec eux tous les médecins du moven âg'e faisaient au traitement interne une part considérable. Ils prescrivaient une foule de tisanes réputées dépuratives et même au xvnr° siècle Lorry recommandait encore un régime doux, consistant en baïns et lait d’ânesse. Mais il ne négligaient pas pour cela le traitement local et, en somme, nous pouvons dire que depuis des siècles on n’a guère ajouté à leur méthode: on revient toujours aux abrasions de ces excroissances, précédées ou suivies de cautérisations au moyen de nombreux agents. Galien prescrivait de cerner et d'énucléer par ün mouvement de bascule les verrues, au moyen d’une

Corneau. 5

plume de coq un peu dure ou un tuyau de cuivre tranchant sur son pourtour. Avicennes recommande {a cautérisation avec l’arsenic, après un grattage préalable de Ia verrue au moyen des ongles ou d’une lancette. Rhasis préconise le fer rouge pointu. |

Avec Guy de Chauliac et ses successeurs, apparait des traitements mirifiques dont quelquesuns sont restés populaires: on y voit figurer le lierre, le froment, le sang de pigeon, le sang de taupe, le froment, l’euphorbe, le suc du figuier, etc. On s'explique le succès de ces moyens bizarres par la facilité avec laquelle nos pères rapportaient à une simple coïncidence la cause d’un fait. On sait qu’un des caractères de la verrue est de. disparaître spontanément; or, comme il arrivait souvent que les verrues disparaissaient d’elles-mémes après l'application d’un quelconque de ces remèdes empiriques, on s’empressait de conclure à leur efficacité.

Le traitement employé par les chirurgiens modernes est à peu près celui de Galien; il consiste à faire des abrasions avec un bon bistouri et à cautériser ensuite soit avec l’acide chromique, soit avec la pâte arsenicale, le chlorure de zine, le nitrate d'argent, le beurre d’antimoine.

M. Verneuil a préconisé l'enlèvement de la tumeur au bistouri, comme on le ferait pour une tumeur bénigne quelconque. La guérison est rapide, elle ne demande qu’une dizaine de jours.

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M. Després emploie le moyen suivant: il place gros comme un pois de pâte de Vienne sur la tumeur, les laisse en contact pendant une demiheure, puis panse l’eschare avec du diachylon ; une seule cautérisation suffit habituellement, la cicatrice au bout d'une quinzaine de jours est as sez forte pour supporter le poids du corps durant la marche.

Si les verrues sont multiples, il faut les attaquer successivement et ne pas se contenter de détruire les plus grosses.

Enfin si l’épiderme est, à leur surface, très épaissi, ilest indispensable de l’abraser, de faire saigner légèrement avant l'application du caustiqne.

Pour terminer, nous ciferons un dernier traitement rapporté par Samier et qui est emprunté à la pratique journalière de M. le professeur Guyon : c’est la cautérisation, après abrasion de la cuirasse épidermique, au moyen de l’acide acétique cristallisable.

Ce procédé donnerait d'excellents résultats.

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