‹ Des verrues, leur traitementChapitre 18 sur 20 · LD RS · texte numérisé non relu

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sept ans, il eut sur le dos de la main une série de verrues dont quelques-unes sont disparues d’ellesmêmes. Celles qui restent aujourd’hui, au nombre de cinq, siègent sur les quatrième et cinquième doigts et Sur les métacarpiens correspondants.

Elles présentent des dimensions différentes, les plus volumineuses étant grosses comme une lentille environ et ne semblant pas diminuer de volume. Elles sont fortement aplaties, ont la consistance et la cauleur de la peau, à l’exception cependant de la plus volumineuse, qui est un peu plus foncée. Jamais elles n’ont été le siège d'écoulement sanguin ou d’ulcération.

Il y a trois mois, le malade constata à la plante du pied droit une élévation de l’épiderme, qu’il crut d’abord être un durillon ou un cor. Son siège correspoudait à la face plantaire de l'articulation des phalanges du gros orteil, un péu en avant du pli plantaire. Ce fut seulement un mois et demi après que le malade commença à éprouver de la douleur en ce point. La douleur augmenta de jour en jour, bientôt le malade fut obligé de renoncer à l'usage des sabots et ne porta plus que des souliers, dans lesquels il ne pouvait plus remuer. Cette tumeur présentait les mêmes caractères physiques que celle observée à la main gauche, elle se distinguait cependant en ce qu’elle était très sensible à la pression, tandis que nous avons pu pincer les verrues du dos de la main sans provoquer la moindre douleur. Telles sont les conditions dans lesquelles le malade :

RUE À SU entre à Uochin, dans le service de M. Després, le 5 mai 1879.

Le 6 mai, M. Després pratique l’abrasion de la verrue plantaire, et découvre ainsi quatre points noirs indiquant la présence de quatre papilles dans la tumeur, puis il applique de la pâte de Vienne qu'il laisse vingt minutes. On met ensuite un cataplasme de graine de lin sur le point malade.

Le 7, ablation avec une pointe de ciseaux de la verrue mortifiée, qui laisse un cratère POUTARK: contenir environ trois têtes d’éningle.

Le 8, le malade quitte hôpital avec un pansement au diachylon.

Ogs. V (Samier, thèse). M. X..., étudiant en médecine, âgé de 24 ans. Ce jeune homme se trouvant dans {le service de M. le professeur Verneuil, à la Pitié, lorsque j'allais chercher des observations, me raconta qu’il était à peine guéri depuis huit jours d’une verrue de la plante du pied. Il fut assez opligeant pour me donner des détails assez intéressants sur cette affection qu’il avait observée avec SOIN.

La lmaladie avait débuté par une légère irritation causée en un point par la bottine. D'abord M. X... n’y avait prêté aucune attention, puis 1l remarqua qu'il se formait une sorte de petite tumeur faisant corps avec la peau du talon et faisant une légère saillie à l’extérieur, sans changement de couleur à la peau, sauf une légère teinte

jaunâtre. 1l crut avoir affaire à un durillon, mais la tumeur devenait de plus en plus douloureuse, à tel point que le malade, qui était externe d’un hôpital excentrique, fut obligé d'interrompre son service. Il n’osait plus poser le talon sur le sol. La tumeur augmentait sans cesse. Croyaut alôrs s’en débarrasser comme on se débarrasse d’un cor ou d’un oignon, le malade se mit à enlever avec un bistouri desrondelles épidermiques, maisilaperçut des points noirs d’où s’échappait du sang. Fatigué d’être ainsi continuellement tenu par cette légère affection, 1l eut recours aux cautérisations avec l'acide nitrique, puis l’acide chromique, et enfin la pâte arsenicale. A cette dernière tentative, le mal céda, et la tumeur tomba d'elle-même avec l’eschare. Peu de temps après, toute trace avait disparu, et le malade guéri reprenait son service.

O8s. VI(Samier).— Le 10 janvier 1880, un homme de peine se présente à la consultation de l’hôpital Cochin, portant au talon du pied droit une petite tumeur survenue à la suite de l’irritation causée par sa chaussure. Elle est du volume d’une lentille, très sensible depuis quelques jours ; elle a depuis changé de couleur, dit le malade, et elle est devenue légèrement rouge. Le malade ajoute que la tumeur donne lieu à des élancements qui l’empêchent de dormir. M. Després enlève la tumeur avec le bistouri, et au-dessous d'elle on trouve un petit abcès et le derme à nu. On applique sur la surface dénu-

CO ie + dée un pansement au diachylon, et le malade guérit parfaitement.

La tumeur examinée du microscope était ‘une

verrue de laplante du pied, au-dessous de laquelle s'était formé un abcès.

Oss. VIT. (Compendium de chirurgie). — Un malade qui portait un de ces poireaux à la face plantaire du pied, vis-à-vis de la tête du premier métatarsien, supporta courageusement une opération longue et pénible, dans laquelle on fat obligé d’aller fouiller profondément, jiusqu’au-dessous du derme, pour enlever toutes les racines du mal qui avait déjà récidivé deux fois.

O8s. VIII. — (Nous pourrions donner comme personnelle l’observation suivante, c’est l'unique cas qu’il nous ait été donné d'observer, c'est aussi à son sujet que M. le D' Desprès nous a inspiré l’idée de traiter des verrues plantaires dans notre travail. L'honorable professeur ayant fait le même jour une leçon clinique sur la maladie, pour ne point répéter les mêmes faits nous nous contenterons de rapporter cette clinique : nous ajouterons simplement que trois mois après ayant revu la malade, la cicatrice était très résistante, aucune récidive ne s’était produite.)

« Messieurs, je désire vous entretenir aujourd’hui d'une affection dont les livres classiques font à

— 46 —, peine mention et pour laquelle vous serez consultés. ?

« Je veux attirer votre attention sur les verrues de la plante du pied, lésion légère en apparence, mais qui dans certains cas peuvent tellement faire souffrir les malades qu’ils demanderont avec instance de les en débarrasser. Pour mieux graver les faits dans votre esprit, permettez-moi de vous raconter brièvement l'histoire d'une malade qui s’est présentée ces jours derniers à notre consultation de l'hôpital.

I s’agit d’une femme qui portait sous la peau du talon de son pied gauche ane petite verrue aplatie, du volume d’un petit pois : la lésion était extrèmement douloureuse et gênait beaucoup la marche, Son aspect extérieur ne présentait rien de particulier et se rapprochait à peu de choses près de toutes les autres verrues qui, comme vous le savez, se développent en grand nombre sur la face palmaire de la main et des doigts. La gêne qu’elle occasionnait était telle que la malade nous demanda de l’en g'uérir à tout prix. |

Quel est donc le traitement qui convient le mieux à ce genre d'affection ? On a préconisé dans ce but l’ablation de cette petite tumeur : si cette pratique paraît satisfaisante au premier abord, elle ne met cependant pas à l'abri de la récidive : d’autres ont conseillé de détruire le mal par l’application locale d'agents caustiques plus ou moins appropriés. Quant à moi, voici ma façon de faire dans les diffé-

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rents cas que J'ai eu l’occasion d'observer et qui m'a toujours réussi jusqu’à présent : j'ai appliqué sur la verrue de notre malade gros comme un pois de pâte de Vienne. J'ai laissé le caustique en place pendant une demi-heure, temps nécessaire pour que son action s’exerce assez profondément, après quoi j'ai enlevé le tout et posé sur la petite eschare un pansement de diachylon. Une seule cautérisation a suffii et dans l’espace de quinze jours il s’est formé une cicatrice suffisamment forte pour supporter le poids du corps pendant la marche, et qui plus est, elle n’est nullement douloureuse, comme on eût pu la penser a priori.

« Mais pour compléter vos connaissances là-dessus, je dois ajouter que les verrues de La plante du pied sont généralement nombreuses. Aussi est-il nécessaire, pour obtenir une guérison complète, d'attaquer les petites tumeurs une à une et de ne pas se borner à détruire la plus grosse. Dans d’autres cas, les verrues sont plus ou moins saillantes, plus ou moins cornées : pour en obtenir la cure radicale il faut avant d’appliquer le caustique, les ébarber et les faire saigner légérement.

« Sachez enfin que, dans certaines circonstances, la tumeur peut récidiver et alors on est obligé de revenir à plusieurs reprises sur les cautérisations.

« Pour terminer, je vous dirai qu'avant de tenter le traitement, il faut bien vous convaincre qu’il s’agit d’une verrue. Aussi gardez-vous bien de confondre cette dernière affection avec le durillon pro-

ms AGÙ voqué par un simple frottement traumatique de la

chaussure.

« Pour arriver au diagnostic, vous n’aurez qu'à abraser la partie cornée de ta verrue : vous verrez alors une surface pointillée entourée d’une auréole brunâtre, due à l’hypertrophie du derme autour des papilles végétantes qui constituent la verrue : rien ne ressemble à ces verrues. » |

La

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