LES TROIS ROSES
— Moi, dit l'une, don d'un amant, Dans la tiédeur d'un sein charmant, Je dois mourir languissamment.
L'autre a dit : — Dans le cimetière, Je dois, près d'un nom sur la pierre, Jeter mon haleine dernière.
Et la troisième a dit : — Le choix De mon sort est meilleur. Je dois M'exhaler au pied de la Croix.
Je songe avec mélancolie A l'amour, si brève folie, Aux morts que trop vite on oublie.
Fleurs des amants, fleurs des défunts Hélas! Vos destins sont communs.
Ils se dissipent, vos parfums."
Roses tout à l'heure fleuries, Vous me semblez déjà flétries, Excepté toi, rose qui pries.
Car ton âme suave au Ciel Va monter, rose de l'autel, Et ton parfum est immortel.
l'espoir de l'armée 29
L'Espoir de l'Armée
énéral qu'un sabre allemand Balafra dans votre jeunesse, Vous êtes sans commandement.
— Oui, mes filles vont à la messe.
— Aux arrêts, capitaine? Vous, L'officier parfait? Est-ce un rêve?
— Ma cravache a paré les coups Des émeutiers, dans une grève.
— Pourquoi deux galons, rien que deux, Lieutenant? Vos notes sont bonnes.
— On a vu que j'étais honteux,
A l'assaut d'un couvent de nonnes.
— Pauvres soldats découragés, Pour vous la patrie est cruelle.
Qu'espérez-vous, quand vous songez A la France? — Mourir pour elle.
Septembre 1905.
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