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CHANSON DU RAYON DE LUNE

/ -AÊtias-

PAITB r'-iCR UN<i NOt'VBLL»

Sais-tu qui je suis ? — Le Rayon de L'iae <.-iis-tu il'où je vicDs '.' — Regarde là-haut. Ma iiicro est brillanto, et lanuiteat l.i'jne. le rampe sous l'arbre et glisse sur l'eau ! je lu'ctenUs sur l'herbe et cours sur la dune • Jv.- jjrimpo au mur nuir, au tronc du bouleau. Cuinme ua niarau.lour qui cherche fortune. Je u ai ).iiuais froid ; jo n'ai jam.iib thjud.

l A CHANSON DU RAYON DE L U ^ f

Je suis si petit nue je passe

Où nul autre ne passerait.

Aux vitres je colle m.i face,

Et j'ai surpris plus d'un secr'^i.

Je me couche de place en place :

Et les bctos lie la forêt.

Les amoureux au pied distrait.

Pour mieux s'aimer suivent m:: trace

Puis, quand je me perds dans l'esp^..*.

Je laisse au cœur un long regret.

Rossignol et fauvette Pour moi chantent au faTi« Des ormes ou des pins.

J'aime i mettre ma tête Au terrier des lapins ; Lors, quittant sa retrait*!

Avec des bonds soudain».

Chacun part et se jette A travers les chemins.

Au fond des creux raviiif je réveille les daimT Et la biche inquiète.

Elle évente, muette Le chasseur qui la guett».

LA CRANSON DU RAYON DE LUNH 121

La mort entre les mnins.

Ou les appels lointains Du grand cerf qui s'apprêl»

A^i amours clandestin».

Ma mère soulève T.<^s flots écumeui :

Alors je me lève.

Et sur chaque grève J'agite mes feux.

Puis j'endors la sève P;>r In bois ombreux :

Et ma clarté brève.

Dans les chemins creum.

Parfois semble un glaiva Au passant peureux.

Je donne le rêve Aux esprits ioyeux, Un instant de trêve Aux cœurs malheureux.

Sais-tu qui je suis ' — Le K.-.yoa de Lun», Et suis-tu pourquoi jo viens de là-haut î Sous les arbres noirs ia nuit était brune : Tu pouyy» te perdre et glisser dans l'eau

LA CHANSON DU RAYON DE LUNE ïrrer par lesibois, vaguer sur la dune. Te heurter, dans l'ombre, au ironc du bouleau. Je veux te montrer la route opportune ; Et voilà pourquoi je viens de là-liaut.

FIN D'AMODR

I.e gai soleil chaufTait les plaines réveillées. I )os caresses flottaient sous les calmes feuiUces. ' Mirant à tout dcsir son calice embaumé, Où. scintillait cncor la goutte de rosée, Chaque fleur, par de beaux insectes courtisée, Laissait boire le suc en sa gorge enfermé. l)a largos papillons se reposant sur elles Les épuisaient avec un battement des ailes ; i;t l'on se demandait lequel était vivant. Car la bête avait l'air d'une fleur animée. Des appels de tendresse éclataient dans le vent. Tout, sous la tiède aurore, avait sa bien-aiméa ;

126 FIN d'amour

Et ilrms la brume rose où se Icver.t le? jour»

On entfînilait chanter des couples d'aloueue».

Des étaluris licnuir leurs fcinganles ainoUTS,

Tandis qu'offrant leurs cœurs avec des pirouette* .

Dos petits lapins gris sautaient au coin d'uu'bJiS

Une j'^ic amoureuse, cpanilue et puissante.

Semant j)ar l'horizOD sa fièvre [grandissante.

Pour troubrer tous les ca;urs prenait toute» !e* v.-.x.

Et Sous r.nbri de la ramure huspitalièrrt

Des arbres, habités par des peuples moaus.

Par ces êtres pareils à des grains de poussière,

Des foules d'animaux de nos yeux inconnus,

Pour qui les fins bourtjcons sont d'imrcênse.s royaumes,

Mêlaient an jour levant leurs tendresses d'atoiuj*

Deux 'eunes gens suivaient un tranQuille rhcaila Noyé dans li.-s moissons qui couvraient la campagaî Us ce s'étreignaient point du bras ou do la maia ; L'bomme ne levait pas les yeux sur sa compagas. EUe^trî, «"asseyant au revers d'un talus :

K AUei, j'avais bien vu que vous ne m'aimier plui

Il et un geste pour répondre : • — Est-ce ma faute ' Puis 11 s'assit près d'elle. Ils song." » ■.-at, cote i côte.

FIN u'aMOUR

Elle reprit : • Un ;in ' rien qu'un an 1 et vol'.i

i Comment tout cet uraour éternel senvcU •

<; Mon aroe vibre encor de tes douces purolo» !

. J'ai le cœur tout brûlant de tes caresses folies '

. Qui donc fa pu clx.mger du iour au lendemain .'

. Tu m'embrass.iis hier, mon Amour; et ta main,

. Aujourd'hui, Eemble fuir sitôt qu'elle mo toucbi;.

. Pourquoi donc n'as-tu plus .le baisera sur la boucbo .'

. Pourquoi? r-j^oadsl. — 11 dit:c— Est-ce que j 9 le sais

*;:ie mit son retfarJ cLms le sien pour y lire :

, 'fu ne te souviens plus commo tu m'embrassais.

c Et comme chaque <;treint<î était un long délire '? »

.'1 se leva, roulant entre ses doigts distraits

■-a mince cigarette, et d'une voix lassée :

t — Non, c'est fini, dit-il, à quoi bon les regret;» '

€ On ne rappelle p.is une chose passée,

c Et nous n'y pouvons rien, mon amie ! •

— A pas lent* 1» partirent, le front penché, le» l.ras br. liants. Kiîe avait des sanglots qui lui gonflaient la gorye, Et des larmes venaient luire au bord de ses yeui. Il» nrent s'envoler au milieu d'un champ d'orge Deux pigeons qui, s'aimant, fuirent d'un vol joyeux. Autour d'eux, sous leurs pieds, dans l'azur sur leur tète. '.'Amourétait partout comme une grande fête, 'longtemps le couple ailé dans le ciel bleu tourna. Un gar» qui s'en allait au travail entonna

iaS FIN DAMOUK

Une chanson qui fit accourir, rouge et tendr» La servante de ferme embusquée à l'attendre.

Ils marchaient sans parler. 11 semblait irrité, Et la tîucttait parfois d'un regard de côté ; Ks gagnèrent un bois. Sur l'herbe d'une sente, A travers la verdure cncor clair et récente, Des flaques de soleil tombaient devant leurs pas; Ils avançaient dessus et ne les voyaient pas. Mais elle s'affaissa, haletante et sans force, Au pied d'un arbre dont elle ctrcignit l'écorcC, Ne pouvant retenir ses sanglots et ses cri».

Il attendit d'abord, immobile et surpris,

Espérant que bientôt elle serait calmée.

Et sa lèvre lançait des filets de fumée

Qu'il regardait monter, se perdre dans l'air pur.

Puis il frappa du pied, et soudain, le front dur:

« — Emissez, je ne veux ni larmes ni qucreUe. »

« — Laissez-moi souffrir seule, allez-vous-en, » — dit-elle.

fc^t relevant sur lui ses yeux noj'cs de pleurs:

« — Oh ! comme j'avais l'âme éperdue et ravie !

« Mt maintenant elle est si pleine de douleurs!...

• Quand on aime, pourquoi n'est-ce pas pour la vie?

•• l'ourquoi cesser d'aimer'? Moi, je t'aime... Et jamais

« Tu ne m'aimeras plus ainsi que tu m'aimais 1 »

Il dit : « — Je n'y peux rien. La vie est ainsi faite.

« Chaque joie, ici-bas, est toujours incomplète.

FIN D AMOUR ISQ

• Le bonheur n'a qu'un temps. Je ne t'ai point promis

< Que cela durerait jusqu'au bord de la tombe.

< Un amour naît, vieillit comme le reste, et tomba, c Et puis, si tu le veux, nous deviendrons amis ;

• Et nous aurons, après cette dure secousse,

c L'affection des vieux amants, sereine et douce. »

Et pour la relever il la prit par le bras.

Mais elle sanglota : < — Non, tu ne coraprends pas.

£t, se tordant les mains dans une douleur folle.

Elle criait:* — Mon Dieu !mon Dieu! >— Lui, sans paroi*,

La regardait. Il dit : < — Tune veux pas finir,

• Jo m'en vais. » — Kt partit pour ne plus revenir. Elle se sentit seule et releva la tête.

Des légions d'oiseaux faisaient une tempèt*

De cris joyeux, farfûi* un rostignol lointain

Jetait un trille aigu dans l'air frais du matin.

Et son souple gosier semblait rouler des perlaa.

Dans tout le gai feuillage éclataient des chanson* :

Le hautbois des linots et le sifflet des merles.

Et le petit refrain alerta des pinsons.

Quelques hardis pierrots, sut l'herbe de la sente.

S'almaient, le bec ouvert et l'aile frémissante.

Elle sentait partout, sous le bois reverdi.

Courir et palpiter un souffle ardent et tendre ;

Alors, levant les yeux vers le ciel, elle dit :

«—Amour! l'homme est trop bas pour jaœai s t« comprendra' a

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