CONFORMATION ET STRUCTURE
Lorsqu'on sectionne loûgitudinalement une vésicule, on voit que sa cavité n'est pas simple, mais qu'elle est divisée en un nombre plus ou moins considérable de cellules ou al«> véoles qui communiquent les unes avec les autres (1), Cet aspect avait frappé les anciens anatomistes; plusieurs d'entre eux y voyaient la preuve de la nature glandulaire de Torgane (Wharton, A. Paré, J. Hunter, Panizza). Fallope et de Graaf le comparent à la coupe de veines vari* queuses ; Dionis, aux cavités des grains de grenade.
Les cellules sont en général au nombre de 8 ou 10 (8 à 9, Leal Lealis); mais comme ellessont elles-mêmes incomplètement diviséesipar des trabécules secondaires, on peut en compter beaucoup plus. Faye dit en avoir vu 46, et Hal- 1er 17.
. La multiplicité decesanfractuosités,répaifteeurde leurs
(1) Pour bien étadier cette disposition, on peut injecter tes vésicules avec une substance solidifiante. Mais le moyen qui nous a lo mieux réussi est VinsUffla^ tûm. Après avoir le mieux possible séparé les téticaiet, la termkaiaon d«s
déférents, et les éjaculateurs^ des tissus* ambiants, on exprime le sperme^ on injecte deux bu trois fois de Teau par les déférents, puis on pose une ligature sur les éjaculateurs. On insuffle ensuite par les déférents et on suspend la préparation dans un endroit aéré. Au bout de deux ou trois jours, la dessiocaiion est parfaite; on peut alors pratiquer des coupes longitudinales ou transversales avec un rasoir, et on voit admirablement les dépressions, les saillies et jusqu'aux moindres plis de la paroi. Cest aussi la seule préparation qui permette de bien saisir les (Connexions de la vésicule avec le déférent et réjaculateujj«
cloisons de séparation font déjà soupçonner qu'elles sont autre chose qu'un simple appareil de réception.
Les anatomistes du XVII* et dû XVIII* siècle y voyaient une sage précaution de la nature qui réserve toujours une certaine quantité de liquide fécondant dans la profondeur des vésicules. Fallope les compare à un château d'eau «tanquamincastellumquoddam aquariums. De Graaf pense que c'est grâce 'à cette disposition que nous sommes prêts à toute heure à l'acte vénérien. Plazzonî admet l'indépendance absolue des cellules. Leal Lealis admire également la nature qui a distribué les traits de l'amour dans 8 ou 9 cellules, afin que, pas plus qu'à un vigoureux athlète, les armes ne manquassent à Thommé pubère.
Cette disposition bizarre en apparence, et qu'on ne retrouve dans aucun des réservoirs de l'économie, est facile à comprendre lorsqu'on connaît le mode de conformation du 'réservoir spermatiqufe.
On peut en effet, par une dissection laborieuse, sectionner lés trousseaux fibreux qui réunissent les circonvolutions des vésicules, et obtenir, par déplissement, un véritable tube à appendices nombreux (1).
C'est à de Graaf que revient l'honneur d'avoir le premier signalé ce fait et montré l'analogie des vésicules avec un intestin d'oiseau contourné sur lui-même. Il a même représenté un de ces organes incomplètement* développé (Tab. V, figure 2). Leal[ Lealis en a donné une figure plus
(^) Ceiit dissection est très difficile, si Ton n'a anpapavaol Jnjecté les vésicules avec une substance coagulable et élastique. Avee Tinjéetlon à Teau ou au mercure, le-nioindre coup de scalpel, qui atteint la paroi, vide lé tube séminal et fait perdre la prôparatiou* }1 est bon aussi de laisser macérer la pièc« pendant un jour ou deux : les brides celluleuses sont plusjlàches et plus facil es h section 'i»r, Leal Lealis refl^ardait cette dièsoction comme ■ p.Tdincillimum et fcrc i-i nôbstbile. ».
complète (fig. 2) et il ne désigne les réservoirs du sperme que sous le nom dHntestinula seminalia. Depuis^ Wins-* loWy Heister ettouslesanatomistes ont constaté cette disposition.
Le canal ainsi déployé a 10 à 15 centimètres de longueur; quelquefois plus petit, il est assez souvent plus long et Cruveilhier en a vu un qui atteignait 32 centimètres. Sa largeur, prise à Textérieur, est de 5 à 7 millimètres.
Le mode d'enroulement de ce tube est extrêmement va-« riable; tantôt il se replie sur lui-même et son caecum se rapproche de son origine; tantôt les circoavolutions s'étendent parallèlement depuisle col jusqu'au fonddela vési* cule; mais, ce qui tend surtout à rendre cette disposition trèscompliquée, ce sont les appendices en forme de caecum qui se greffent sur le canal primitif. Bassins (?), au dire de Haller, aurait assez bien vu ces ampoules, mais il croyait que l'extrémité du canal venait se jeter dans le tronc' en formant un anneau complet. Haller, F. -H. Weber, Sapf ey les ont étudiées avec soin ; ce dernier auteur les corn* pare au vas aberrans de Haller.
Au nombre de 6 à 10, les ampoules sont simples, bifides ou légèrement ramifiées; quelques-unes atteignent 3 ou 4 centimètres (Sappey). Leur mode d'implantation sur le canal principal est aussi variable que leur forme et leurs dimensions. Quelquefois assez régulièrement alternées, elles seraient souvent plus nombreuses en dedans à l'extrémité inférieure, en dehors à l'extrémité supérieure (Huschke). Mais il est impossible de donner une règle qui s'applique à la majorité des cas.
Il est un de ces prolongements qui esta peu près constant et qui prend quelquefois un assez grand développement, c'est celui qui naît à l'origine même du canal vésiculaire, au voisinage du déférent. Nous l'avons vu, dans un
cas, fournir une véritable vésicule accessoire, en dehors d'un^ vésicule droite normale. Dans une autre autopsie, nous avons trouvé une vésicule profondément 4)ilobée, de sorte qu'il semblait y avoir deux réservoirs droits, dont l'interne, plus grand, recouvrait l'ampoule de Henle. Cette configuration, qui n'était que le résultat de la bifidité prématuré de Vintestinulumseminalium, nous semble donnerla raison des quelques casdu duplicité apparente delà vésicule signalés par les anciens.
La surface intérieure du tube n'est pas lisse. Elle présente à l'œil nu, et mieux à la loupe, une grande quantité de saillies linéaires, les unes horizontales (ce sont ordinairement lesplus volumineuses), les autres verticales ou obliques. Leur entrecroisement limite de petites dépressions et donne à la muqueuse des vésicules, de la portion adjacente des déférents et de l'origine des éjaculateurs, un aspect aréolaire élégant. On peut les comparer aux colonnes charnues de troisième ordre des ventricules du cœur. Quelquesunes représentent même les colonnes charnues du deuxième ordre : adhérentes à la muqueuse par leurs deux extrémi* téS| elles laissent passer une soie de sanglier sous leur par^ tie moyenne.
Nous en aurons fini avec la description mncroscopique des vésicules quand nous aurons indiqué leurs connexions avec le canal qui y apporte le sperme et celui qui le charrie dans l'urèthre.
Il est impossible de dire où finit le réservoir et où commence le canal excréteur. Après avoir présenté quelques bosselures transversales, l'éjaculateur devient lisse et diminue rapidement de volume. IJ n'y a donc pas là de délimitation appréciable et le mieux serait, selon nous, de faire commencer le canal excréteur â la dernière bosselure appréciable.
On ne peut, en effet, prendre pour frontière l'embou-' chure du déférent: cel)e-ci est des plus variables. Ordinairement, le canal se réunit à angle très aigu è la vésicule dont il se trouve séparé par un long éperon; mais quelquefois aussif on le voit se prolonger en côtoyant le col de la vésicule et s'ouvrir dans la partie lisse de l'éjaculateur par un orifice ou une fente allongée que je ne puis noieux comparer qu'à la fente œsophagienne des ruminants. De cette disposition, il résulte que l'éjaculateur continuel tantôt la vésicule, tantôt celle-ci et ^e déférent réunis.
Nous allons aborder maintenant l'étude de la riructure^ question inédite s'il en fut, les auteurs se contentant de dire quec la structure delà vésicule séminale est analogue à celle du canal déférent ». C'est une façon simple 6t rapide de résoudre la difficulté.
En parlant des rapports des vésicules, nous avoiis indi^ que la disposition delà lame cellulo-n^usculàire désignée i m propre jînent sous le nom d'aponévrose prostato-péritonéale. On peut la regarder avec Sappey et KôUiker (1) comme nno enveloppe commune aux deux réservoirs qui,entourés par elle de tous côtés, sont logés avec la partie ter* minale des déférents dans deux véritables gaines.
Le feuillet postérieur (aponévrose prostato-péritonéale proprement dite) adhère aux vésicule* surtout au voisinage de leur col ; l'antérieur les sépare de la vessie, et les deux lames se confondent dans leur intervalle en s*ëpanouie-» sant, surtout à la partie inférieure où elles formeraient, d'après KôUiker, un large ligament musculeux.
Constituée par du tissu conjonctif, des fibres élastiques nombreuses et remarquables parleur longueur, cette membrane commune renferme de plus un grand nombre de fibres
(1) Zettschr. fur Wiss» zooi.^ vol. I, p. 67.
musculaires lisses, les unes transversales, les autres longitudinales. Ces dernières forment desfaisceaux rougeâtres visibles parfois à Toeil nu sur la lame postérieure et que nous avons vus très développés sur un buffle mort au Muséum.
Henle signale un faisceau musculaire qui partirait de l'extrémité supérieure pour se rendre au rectum.
On trouve encore, dans Tépaisseur de cette couche, des vaisseaux artériels et veineux, des nerfs et des ganglions lymphatiques.
La tunique propre^ lâchement adhérente à la précédente, a une épaisseur de mm. 8 à l.millim. On y distingue fa-* cilement trois couches que nous allons étudier successivement.
a. Couche fibreuse, -<>-* La couche externe est peu épaisse (100 (ji). Chez le fœtus et l'enfant, on pourrait presque dire qu'elle n'existe pas, ou du moins elle est confondue avec le tissu cellulaire ambiant; chez l'adulte^ on voit ce tissu se condenser et la tunique externe est essentiellement for* mée de faisceaux fibreux épais disposés concentriquement^ sans interposition d'autres éléments. En dehors, elle se différencie très bien du tissu cellulaire plus lâche qui la relie à l'enveloppe commune; en ce point on trouve constamment des vaisseaux volumineux, principalement des veines, et d^assez nombreux filets nerveux. La vascnlarisation est encore plus marquée chez les jeunes sujets et le système artériel surtout j est développé.
La face interné est également nettement limitée. Par places seulement, on voit quelques trabécules de tissu cellu-t Jaire s'avancer dans la musculeuse et séparer sa partie périphérique en lobules trèsincon^plets.
6. Couche musculeuse. — Celle-ci est de beaucoup la plus importante, puisqu'elle forme à elle seule à peu près les huit dixièmes de l'épaisseur totale. Chez le fœtus elleexiste à peu près seule, la muqueuse étant presque réduite à son épithélium, de sorte que, sur une coupe microscopique, on aperçoit une ou plusieurs cavités creusées dans une masse de tissu contractile. Dans la vieillesse, sa disposition est assez variable ; tantôt elle garde son épaisseur et sa structure normales; tantôt les fibres cellules se dissocient, et l'élément conjonctif empiète plus ou moins sur l'élément musculaire. Cette substitution fibreuse était remarquable chez un vieillard de 80 ans.
C'e^t surtout pour cette tunique qu'il est inexact de dire que la structure des vésicules est analogue à celle des déférents.
Ceux-ci, en effet, sont constitués par trois couches musculaires très nettes, au moins jusqu'à leur ampoule termi* nale. Dans les vésicules, au contraire, malgré la meilleure volonté, il est impossible de distinguer plus de deux plans de fibres cellules; nous ne croyons cependant pas, avec M. Sappey, que l'arrangement des fibres n'ait pas d'ordre déterminé et qu'il faille renoncer à en indiquer la direction. Les deux plans que nous venons de signaler nous ont toujours paru manifestement distincts.
La couche externe est la plus mince ; elle a 200 à 300 (^ et est formée de fibres longitudinales ; nettement séparée de la tunique fibreuse qui la lobule quelquefois légèrement, elle se confond en dedans avec la suivante.
La couche interne, de 400 à 500 (^ d'épaisseur est constituée en grande partie par des fibres transversales ou circulaires. Cette couche est moins pure que la précédente ; on y voit toujours quelques faisceaux longitudinauxdont quelques-uns sontimmédiatementsous-jacents à la muqueuse.
Il nous a semblé que, avant la naissance, ce plan est relativement moins épais, la plupart des fibres musculaires affectant une disposition longitudinale.
Seules, les fibres longitudinales se continuent sur les ejaculateurs et deviennent de moins en moins nombreuses à mesure qu'on s'approche de leur terminaison.
• Pour en finir avec l'élément contractile des vésicules séminales, il nous faut citer un petit faisceau musculaire qui unît Putricule prostatique à ces organes. Nous en empruntons la description à MM. Robin et Cadiat qui l'ont étudié avec soin (1).
Né sur le milieu delà paroi supérieure de Vutricule, il se dirige en arrière en traversant le système élastique du verumontanum, dépasse la prostate, s'élargit en s'épan:)uissant, et va, en passant au-dessus des déférents, s'insérer sur le bord interne des vésicules.
A sa terminaison, il forme donc deux branches qui divergent à angle obtus. Cette portion nous paraît être précisément ce que KôUiker décrit comme un « ligament musculeux » qui relie les 4eux vésicules.
« A son origine, près du col de l'utérus mâle, sa largeur est de mm. 2 à mm. 3; d'un sujet à l'autre, elle est de 2 millîm. environ à 3 millim. au niveau du fond de l'utérus mâle et s'élargit davantage encore vers les vésicules séminales. Son épaisseur est un peu moindre et sa coupe transversale est toujours ovalaire. Il est formé lui-même d'un certain nombre de petits faisceaux primitifs que séparent de très minces cloisons de tissu cellulaire. > (Robin et Cadiat.)
(i) Robin et Cadiat. Sur la constitution des muqueuses de t utérus màle^ des canaux déférents et des trompes de Fallope, Journal de Robin, 1873, p. 98 et pi. V, fig. 4. — Voyez aussi Crnvelliiler et Marc Séc. Anatomie^ 4< édll., t. II, p. 403.
Quand Tutérus mâle fait défaut, il est deux fois moins volumineux ; de plus» il est plus haut que large et son extrémité inférieure tend à s'interposer aux deux éjacula^ teurs,
c. Couche muqueuse. — Elle est remarquable par sa coloration blanc grisâtre et son aspect réticulé.
Sur le cadavre, elle est plus ou moins foncée à sa surface, plus pâle dans ses parties profondes. Robin Ta vue d'u^ jaune brun foncé sur un supplicié disséqué quelques heures après sa mort. « Cette couleur tranchait d*une manière re*marquable sur la teinte gris opalin du contenu des vésicules et du canal déférent, Elle était due à la réplétion de toutes les cellules épitbéliales prismatiques de cette mu<*queuse par des granules jaunâtres foncés, â centre briU lant, àcouleur brune et opaque » (1),
Après la mort, Tépithélium se desquame rapidement, et les cellules granuleuses,tombant dans la cavité, colorent le contenu en laissant à nu le cborion plus pâle.
La face interne de la muqueuse est hérissée d'un grand nombre de saillies linéaires entrecroisées, qui lui donnent un aspect réticulé analogue à celui de l'estomac de certains animaux. Les alvéoles qui limitent cesf saillies sout plus profonds que ceux de la vésicule biliaire; on les voit bien sous Teau et â la loupe. On constate alors qu'ils sont sub* divisés souvent en cellules plus petites par des végéta^ tions secondaires. Les plus larges sontceuxdela partie inférieure de la vésicule; dans Téjaculateur iU n'existent que dans le premier quart.
Ce sont ces dépressions qu'on a prises pour des glandes
(i) Robin. Nouvelles observations anatomique$ et physiologiques sur un sup^ plitié par décollation» Journal de Robin, 186P, p. 4C3.
de la muqueuse, erreur facile à concevoir lorsqu'on exa^» mine des coupes de cette membrane.
Sur ces coupes, on voit d'abord que la tunique interne, qui n'a guère que 200 (jl d'épaisseur, est essentiellement formée de cellules rondes de tissu conjonct if (noyaux embryoplastiques pour Robin); c'est à peine si on aperçoit quelques cellules fusiformes et il n'y a pas trace de fibres lamineuses proprement dites.
Moins abondant, mais en proportion cependant notable^ l'élément élastique forme une couche presque continue, mais non uniforme^ à la face profondé de la muqueuse, au voisinage de la musculeusa.
Haras chez le fœtus, les fibres élastiques deviennent très apparentes sur les vésicules d'adultes quand on a fait séjourner la pièce dans une solution d'acide acétique au dixième. On constate alors qu'elles ne forment pas une membrane proprement dite ; abondantes par places, plu^ rares en d'autres, elle se prolongent jusque dans l'épaisseur des saillies de la face interne. Ce sont des fibres minces» enroulées, crépues, très visibles sur les coupes trans-^ versales, se présentant surtout suivant leur section dans les coupes longitudinales. Quelques faisceaux lerratiques se rapprochent du bord libre et sont presque sous Tépithélium. •
Par sa face profonde, la muqueuse est contiguë à la couche précédente, sans interposition de tissu cellulaire, et l'adhérence entre ces deux membranes est parfaite.
Quant à la face libre, nous avons déjà signalé son aspect réticulé. Sur des coupes, les saillies apparaissent comme des végétations de forme et de volume différents. Elles n'existent pas chez le fœtus ; à la naissance, la muqueuse ne présente que quelques saillies insignifiantes ; plus tard il se fait une sorte de bourgeonnement et, à côté
de saillies visibles à Tœil nu, il en est d'autres qo.î soulèvent à peine répithélium. Souvent renflées à leur extrémité libre, elles ressemblent à des massues ou à de grosses papilles fungiformes; il en est d'allongées, d'étalées, de simples et de bifides ; enfin quelques-unes se continuent par leurs deux extrémités avec lechorion muqueux. Elles ont la plus grande analogie de forme avec les végétations synoviales et, comme celles-ci, on les voit s'hypertrophier sous Tinfluence de 1 inflammation et prendre un développement exagéré.
Ce sont des végétations, des renflements de la muqueuse, et non des plis ; ceux-ci ne peuvent exister, vu l'adhérence de cette membrane à la musculeuse. Leur développement est évidemment en rapport avec la fonction de sécrétion des vésicules, dont elles augmentent la surface active; on peut se demander aussi si, véritables villosités, elles ne jouent pas un rôle d'absorption (voyez Physiologie).
Comme la muqueuse dont elles ne sont qu'un bourgeonnement, elles sont constituées par des cellules rondes et des fibres élastiques, très abondantes dans les plus volu* mineuses. En outre, on voit parfois un capillaire pénétrer par leur pédicule et se perdre dans leur épaisseur.
Une saillie suppose une dépression et les villosités vésiculaires sont séparées par des enfoncements plus ou moins profonds qu'on a pris longtemps pour des glandes.
Gerlach parle des nombreuses glandes muqueuses composées de cette muqueuse; Henle les regarde comme des glandes entube, Cruveilhier comme des glandes en cœcum; Kôllilker semble les admettre et Pittard nous signale la structure évidemment glandulaire de la membrane interne des vésicules.
11 est évident cependant quMl n'y a là que des dépres-
sîons produites, comme nous venons de le dire, par les saillies qui les limitent.
Ce ne sont pas des glandes, car elles n'ont pas de paroi propre et sont tapissées par le même épithélium que les parties environnantes.
Les auteurs sont peu d'accord sur la nature de cet épiihé^ lium.
Il Q^t pavimenteux pour Valentin, cylindrique pour Sap* pey, 'plutôt polyédrique que prismatique d'après .Robin et Pouchet et Tourneux,
Cette confusion nous semble venir de ce que les anatomistes n'ont pas assez tenu compte de l'âge des individus dont ils examinaient les organes.
Au début de la formation des vésicules, à 4 mois, par exemple, l'épithélium est nettement cylindrique. On le voit, sur les coupes, se desquamer en longues bandes constituées par des cellules deux fois plus hautes que larges, accolées les unes aux autres par leurs faces latérales. Régulièrement prismatiques, les cellules contiennent un gros noyau qui les emplit presque entièrement. Â. la naissance, c'est encore la forme cylindrique qui domine, mais déjà moins régulière. Souvent les cellules s'effilent à leur extrémité profonde et limitent en ce point un espace occupé par une cellule qui a une disposition inverse ou qui est aplatie ou arrondie. Le noyau est toujours très volumineux et c'est à peine si l'on aperçoit un petit espace libre de protoplasma vers le bord superficiel de la cellule. Malgré sa coloration par le picro-carmin, le noyau n'est pas très net, caché qu'il est par de nombreuses granulations.
Plus tard encore, les éléments tendent à s'aplatir et à prendra cette forme cubique signalée par Robin ; sur les villosités principalement, ils s'allongent transversalement et ressemblent assez, à première vue, à un épithélium pa-
yitnenteux.Zahny qui a bien étudié ce point d*anatomie (1) et qui a pu examiner des vésicules fraîches de supplicié, décrit un épithélium polyédrique caractérisé par un gros noyau et la présence de granulations pigmentaires entre celui-ci et la surface libre de réiément.
Ces granules colorés, vus déjà par Valentin (2) et Henle (S), ont une certaine importance. Jaunâtres, bruns, et même presque noirs, ils donnent à la muqueuse frafche se coloration foncée; après la mort, ils tombent artc le& cellules dans le liquide vésiculaire et lui commtmiqaent une couleur brunâtre d'autant plus accentuée qa*«l liait un examen plus tardif; alors ils deviennent libres en pu^ tie, et on les retrouve au microscope dans le contenu dés vésicules, à côté des spermatozoïdes et des sympexions ; on peut même, rarement du reste, les constater dans le sperme d'éjaculation*
Vaisseaux et nerfs. — Les réservoirs du sperme reçoivent leurs ramuscules artériels de Thypogastrique, par l'intermédiaire de yhémorroîdale moyenne de la déférentielle et de la "oésicale inférieure.
^ La plus grande part revient à cette dernière qui, cheminant entre le rectum et la vessie, s'épanouit au niveau du bas-fond en un grand nombre de rameaux destinés à la vessie, aux déférents, à la prostate et aux vésicules. Mieux encore que le nom de vésico-prostatique que lui avait donné Chaussier, elle mériterait donc celui devésico-prostato-sému nale. Un de ses rameaux se dirige en avant et, pénétrant dans l'infundibulum prostatique, suit les léjaculateurs
(1) Zahn. Archiv v. Virchovû, 1874, vol. 61, p. 220-222 et fig. 21, 23.'
(2) /lepeWorttim /'«r <ma^ tt.p^5., ti 1, 1836, p. Î80. __,
(3) MulUr's Archiv, 1838, p. 113. ' ^* -^
jusqu'à Tutérus mâle. Cette artère est souvent double et quelquefois même multiple ; dans ces cas, ce serait, d'après Jarjavay (1), au rameau postérieur qu'incomberait l'irrigation artérielle des vésicules et des éjaculateurs.
Lorsqu'elle existe, Vhémorrhoîdale moyenne naît de la honteuse interne ou directement de l'iliaque interne. Parvenue entre la vessie et le rectum, elle donne des branches postérieures destinées à la terminaison du gros intestin, et des branches antérieures, moins volumineuses, qui se rendent aux vésicules en s'anastomosant avec les rameaux de la vésicale inférieure.
Enfin, l'artère défirentieille^ rameau d'une des vésicales, contribue également à former le plexus artériel des vésicules. Une branche assez volumineuse est enfoncée profondément dans le sillon qui sépare ces organes de Tempoule de Henle.
Les artérioles rampent tout d*abord entre les circonvolutions de rtntesHnuîumsemtnah'um en suivant un trajet flexueux ; puis elles pénètrent dans la fibreuse et, chez l'enfant surtout, on les retrouve dans la couche musculaire longitudinale, accompagnées d'une ou deux veines satellites. Il est difficile de les suivre plus loin. Cependant, lorsque la coupe est favorable, on voit parfois un ramuscule traverser presque perpendiculairement la couché musculaire interne e1 arriver jusqu'à la muqueuse (2).
Dans les villosités bien développées, un capillaire occupe assez souvent Taxe de la végétation ; cette disposition est beaucoup plus apparente dans les cas de spermatocys-
(l) Jarjavay. Recherches anàtomiques sur rurèfhredeVhomme^\n*iy 1866. ' (t) UtfWBt»M •ï**rf^» w'*^^ «""^"^^^ en spirale d'après Rouget [Joumai -m fUjl^fcfftî «'^ BrytmiSéquard. T. L 18S8, p. 332).
tite : alors la muqueuse se vascularise, et des artérioles apparaissent au milieu de ses éléments.
Caldani croyait que lesviilosités ne sont que les extrémités des veines flottant à la surface de la muqueuse. C'était une simple hypothèse qui n'a pas besoin d'être réfutée. Il est déjà assez rare d'apercevoir des veinules dans la musculaire, tandis qu'elles deviennent fréquentes et volumineuses dans la fibreuse, surtout vers sa face libre.* En dehors de la paroi propre, elles forment un véritable réseau qui devient d'autant plus apparent que le sujet avance en âge. On les trouve, en effet, véritablement variqueuses et assez souvent chargées de phlébolithes chez les vieillards et les individus qu'une maladie chronique a longtemps retenus au lit. Nous reviendrons sur ces altérations.
La disposition de ce plexus a été étudiée avec soin par M. Gillette (1). Il le divise en trois groupes secondaires.
Un groupe supérieur formé de veines qui se dirigent d'un côté à l'autre en s'anastomosG^nt à plein canal.
Un groupe antérieur, intermédiaire aux vésicules et à la vessie et qui reçoit les ramuscules du bas-fond ;
Un groupe postérieur, communiquant largement avec le plexus prostatique ethémorrhoïdal.
C'est dans ce dernier que se développent le plus fréquemment les phlébolithes. Il est surtout apparent au voisinage du col et vers le bord externe de la vésicule, là ^ù celle-ci est si difficile à isoler (2),
(1) Gillette* Hecherahes anatomiques sur les veines de la vessie et sur -les plexus veineux iutra-pelvicns , Journal de Robin, 1869, p. 485.
(2) Ces veines peuvent être le siège de différeutes lésions, varices, phlébolithes (voy. Spermatocystite chronique), «
A Tautopsie d'un enfant de 13 ans, mort défection purulente dans la tenioe* de M. Gosselin, à la suite d*une ostéite épiphysûre, après avoir exuDiaVli'^ln^
Toutes ces veines concourent à former le grand plexus vésico-prostatiqueet vontse déverser dans Thypogastrique,
M. Sappey, qu'il faut toujours consulter quand il s'agit de vaisseaux lymphatiquesy dit que ceux-ci sont nombreux dans les vésicules ; ils s'anastomosent à leur surface et donnent naissance de chaque côté à deux ou trois troncs qui vont se jeter dans les ganglions situés sur les parties latérales de l'excavation du bassin. L'analomie pathologique autoriserait peut-être à décrire d'autres ganglions logés dans l'aponévrose péritonéale.
M. Lannelongue, en eifet,en disséquant les organes.d'un enfant de neuf ans atteint d'une tuberculose génito^urinaire (reins, prostate et vésicule), a vu, à ce niveau, 6 ganglions ayant le volume d'une lentille à un gros pois. Tous étaient rouges, enflammés, mais sans tubercules. L'un était accolé à la terminaison de l'uretère droit, les autres étaient en dehors et en arrière des vésicules séminales, dans le tissu cellulaire qui les sépare du rectum. Chez un autre sujet de quatre ans, une série de ganglions étaient échelonnés sur le même poiqt et formaient un chapelet irrégulier.qui se continuait au niveau du cul-de-sac péritonéal avec d'autres ganglions placés sur les parties latérales du rectum.
Il se demande si les vaisseaux afférents de ces ganglions ne viennent pas, en partie du rectum, en partie des vésicules
part des veines et les avoir trouvées saines, nous avons constaté que les veinules de [la partie postérieure de la vessie étaient très dilatées ; une veine bosselée et noir&tre, logée dans le sillon vésiculo-déférentiel droit, contenait du pus ; sa membrane était rouçeâtre et tomenteuse. •
Notre excellent mattre M. Péan, en ouvrant le cadavre d*UQ sujet mort avec des symptômes d'infection purulente consécutive à une prostatite suppurée, a vu la prostate et les vésicules entourées d'un plexus veineux richement variqueux : l'intérieur des veines était ocoafé, soit par des caillots, soit par du pus bien formé {Bull. Soc. aruU.y 1958, p. 20).
GtttUiot. 4
et de la prostate, et si leur inflammation ne peut pas être le point de départ d'abcès de Tespace pelvi-rectal supérieur.
La question n'est pas encore tranchée et nécessite de nouvelles recherches. Nous avouons n'avoir jamais rencontré ces ganglions daniiles cas assez nombreux d'autop* sies de génito- tuberculeux que nous avons pu pratiquer*
Les nerfs viennent du grand sympathique, lombaire et abdominal, et des dernières paires sacrées par Tintermé* diaire du plexus bypogastri que. Pour Budge leur origine serait — chez le lapin du moins — au niveau de la 5* lombaire/^Mais son centre génitO'Spinal est fort discutable, nous le verrons en étudiant la physiologie de réjaculation.
Des rameaux naissent de chaque côté de Textrémité in« férieure du plexus hypogastrique au niveau de ce que Va-* lentin appelle la lame vénco^hémorrhoïdale ganglionnaire puis, se dirigeant vers le bord externe de la vésicule, ils s*anastomosent en un vaste plexus sur ses faces anté* rieure et postérieure. Ce plexus s'anastomose encore avec celui qui entoure le déférent, avec les plexus hémorrhoïdaux, vésicaux et prostatiques. De ces derniers partent des rameaux qui innervent la partie inférieure des vésicules (nervi vésiçulœ seminalis infériores^ Valentin).
D'après Valentin, les plexus droit et gauche seraient un peu différents. Le premier naît par quinze à vingt-cinq filets et d^nne ses plus petits rameaux à la vésicule ; l'autre est plus allongé, s'anastomose avec les nerfs hé^^ morrhoïdaux droits, et émet une branche interne qui passe derrière la vésicule pour aller se jeter dans le plexus prostatique droit (1).
Le même auteur se demande si les petits renflements
(1) Valentin. Iraité de névrologie^' ist^di. Jottfdatii 1843, p. 661.
que portent ces plexus ne sont pas des ganglions {gangliola plexuum x'>esicarum seminalium).
Les rameaux nerveux pénètrent dans la tunique fibreuse où ils sont nombreux. Sappey dit les avoir pu suivre dans la musculeuse. On n'en sait pas plus long sur leur terminaison : l'examen, après imprégnation à l'acide osmique, de vésicules très fraîches (suppliciés) pourrait seul éclairer la question et déterminer peut-être l'existon ce d'un plexus intra-musculaire analogue à celui <îe l'intestin (1).
(i) Chemin faisant nous avons indiqué les modifications qae présentent les différentes tunique? vésicnlaires en se continuant avec les éjaculateurs. Nous complétons rhistoire de ceux-ci en signalant les recherches de MM. Robin et Cadiat sur leur structure (Journal de Robin, 1875, p. 83} ^
Les éjaculateurs et Tutérus mâle sont englobés dans une couche de tissu élai tique qui forme la saillie de la crête uréthrale, et dont le retrait suffit pour les oblitérer. De plus ces canaux sont entourés d*une zone de fibres circulaires élastiques propres, longée en dehors pai* d*assez nombreuses veinules.
Ils sont doDO creusés pour ainsi dire dans le système élastique du verumonta^ num et ne sont en contact, ni avec un tisiu cellulaire lâche (Cruveilhier), ni aveu un tissu érectile (Henle) .
Il n'y a pas là non plus de fibres-cellules circulaires qui puissent faire ( ffice de sphincter, mais simplement une mince couche de fibree longitudinales qui devient plus épaisse d'avant en arrière.
La muqueuse, qui contient moins de fibres élastiques qUe celle des vésicules, est également plus mince et adhère aux tissus sous-jacents.